‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 73 sur 146 · I. KS IMIOTKCTEURS DE RACINE · texte numérisé non relu

I. KS IMIOTKCTEURS DE RACINE

ont été oralement réfutées par M. (laillardin. Ainsi lîacine cstjuslilié d'une faiblesse qu'on se i)laifiait à tourner en ridicule. Ce n'est pas la colère de Louis XIV qui l'a tué. La catastrophe ([ui l'a emporté se préparait fatalement; tout au plus pourrait-on dire que le chagrin d'une courte disiiràce, joint au ressentiment des atta(|ues <'nvenimees qui le poursuivaient, a développé le mal et avancé le dénoùment. Mais dans cette mesure sa douleur est respectable et touchante ; elle ne permet pas de confondre j)armi les llalleurs misérables celui dont un sentiment profond avait échauffé le cœur et contribué peut-être à soutenir le génie. M""' de Maintenon ne s'y est jamais trompée : après la mort de Uacine, elle n'a jamais parlé de lui qu'avec émotion ; plusieurs passages de ses lettres témoignent de sa tendre vénération pour le caractère et pour les vertus du poète ; jus{iu'ji son dernier jour elle est restée fidèle à la mémoire de cet homme sincère et honnête et aujourd'hui encore si calomnié. Et certes, si notre grand poète Lamartine avait connu tous ces faits, il n'aurait eu garde d'écrire dans son Cours de IHtcraturc celte phrase cruelle dont nous l'avons entendu, après notre protestation même incoml)lète, reconnaître l'injustice : u Racine a vécu, Racine est mort de l'adulation '. »

Après cette revue des inimitiés qui ont poursuivi Racine, des intérêts et des passions (jui lui ont suscité tant d'adversaires, on a le droit de l'affirmer : sa vie a été un

1. Cours familier de lilléralure, ïi' Entrelien, 1807,1. 111, p. -il». En 1860, lorsque nous eûmes l'honneur de présenter à M. de Laniarlinc un exemplaire de noire livre, il eut la bonté d'écouter nos observations respectueuses et même de nous promettre une rectilicalion.

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long combat. Cette guerre opiniâtre, engagée dès ses premiers ouvrages, se poursuivit pendant toute sa carrière. Son silence et sa retraite la suspendirent à peine; l'apparition d'Esther la ranima dans toute son ardeur ; peutêtre ne serait-il pas juste de dire que la mort en fut le dernier terme. Pour faire l'histoire de ces luttes, il suffira donc de suivre Racine depuis Alexandre jusqu'à Athalie. Chacune de ses œuvres a été le signal d'un engagement plus ou moins vif; chacune d'elles permettra d'apprécier la valeur des pièces de toute nature, comptes rendus, dissertations, parodies, épigrammes, satires, tragédies rivales, qui sont venues contester son génie, et opposer aux applaudissements du public leurs protestations souvent très-vives et toujours douloureuses au poète.

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