‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 83 sur 146 · Eu 1676. Edition complète de ses œuvres, après Iphigénie · texte numérisé non relu

Eu 1676. Edition complète de ses œuvres, après Iphigénie

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tenue, toujours éloignée de l'exagération et de l'emphase, cette grandeur sans ostentation, furent-ils à la portée du vulgaire? Les critiques, qui avaient tant reproché à Racine d'altérer l'histoire, lui surent-ils gré de cette frappante peinture de la Rome impériale, de ce tableau de la jeunesse de Néron, si énergiquement tracé d'après Tacite, de cette copie si fidèle et si digne de l'original? Racine avoue lui-même dans sa seconde préface que « le succès ne répondit pas d'abord à ses espérances ». A peine, ajoute-l-il, la pièce « parut sur » le théâtre qu'il s'éleva quantité de critiques qui sem- )) blaient la devoir détruire. Je crus moi-même que sa » destinée serait à l'avenir moins heureuse que celle » de mes autres tragédies. »

La première prétace s'explique plus librement sur « ces nombreux censeurs et sur les efibrts de certaines » gens pour décrier Britannicus ». Et l'on devine facilement quelle passion anime ces ennemis acharnés de la nouvelle tragédie, à quelle école ils appartiennent. Le poète, après avoir énuméré et combattu les objections, porte à son tour l'attaque dans leur camp : « Que fau- » drait-il faire pour contenter des juges si didiciles? La » chose serait aisée, pour peu qu'on voulût trahir le » bon sens. Il ne faudrait que s'écarter du naturel » pour se jeter dans l'extraordinaire. Au lieu d'une ac- » tion simple, chargée de peu de matière, telle que « doit être une- action qui se passe en un seul jour, et )■ qui, s'avançant par degrés vers sa fin, n'est soutenue » que par les intérêts, les sentiments et les passions >' des personnages, il faudrait remplir celte même ac- » tion de quantité d'incidents, qui ne se pourraient pas- » ser qu'en un mois, d'un grand nombre de jeux de » théâtre d'autant plus surpnMiants (ju'ils seraient moins » vraisemblables, d'une inliiiilé de déclamations où l'on

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»> 1» rail dire aux. acteurs tout le contniiir de ce qu'ils » devraient dire. »

(l'était elairenient, trop clairement sans doute, désigner les admirateurs du vieux Corneille, IJacine se ^ar- <lera bien de conserver dans sa seconde [)réface un passage ([ui rraj)pait moins les partisans exagérés de son illustre devancier que ce devancier lui-même, respectable à lantde litres. IMûtau ciel qu'il n'eût pas du moins ;Utaqué plus directement t'.orneille, et que le ressentiment ne l'eût pas entraîné à examiner dans le détail ces tragédies dont il venait de faire une critique générale! Citons ces lignes où le jeune poète, trop sensible à l'injustice et à la mauvaise foi de ses détracteurs, se donne tant de torts, même quand il a raison : « Il faudrait, par » exemple, représenter quelque héros ivre, (jui se vou- « (Irait faire haïr de sa maîtresse de gaieté de cœur '; un » Lacédémonien » grand parleur-; un conquérant qui >^ ne débiterait que des maximes d'amour ^ ; une femme » qui donnerait des leçons de fierté à des conquérants^.» -Non certes; si fondées que soient ces critiques, il n'appartenait pas à Hacine de les faire, ni d'achever sa vengeance par une allusion à ce Luscius de Lanuvium, ennemi de Térence, si aigrement relevé par celui-ci dans les prologues de ses comédies. « Je prie le lecteur de me » pardonner cette petite préface que j'ai faite pour lui » rendre raison de ma tragédie. Il n'y a rien de plus » naturel que de se défendre (juand on se croit injuste- » ment attaqué. Je vois que Térence même semble •> n'avoir fait des prologues que pour se justifier contre fi les critiques d'un vieux poète malintentionné, ma-

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