I. Annales, XIll
i. Réflexions critiques sur la poésie et la peinture.
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ans après l'avènement de Néron, que la transition de celui-ci pour arriver de la vertu au crime ait été un peu plus ou un peu moins longue? Quant à l'âge de Britannicus, Racine répond d'abord en s'appuyant d'Aristote : « Le héros de la tragédie doit avoir quelque imperfec- » tion; » puis, avec beaucoup plus de raison et de force : « Un jeune prince de dix-sept ans qui a beaucoup de » cœur, beaucoup d'amour, beaucoup de franchise et » beaucoup de crédulité, qualités ordinaires d'un jeune » homme, m'a semblé très-capable d'exciter la compas- » sion. » Il aurait pu ajouter que la véritable héroïne du drame est Agrippine, et il s'en explique dans la seconde préface, quand il dit de ce personnage si admirablement tracé : « C'est elle que je me suis surtout efforcé de bien » exprimer, et ma tragédie n'est pas moins la disgrâce » d'Agrippine que la mort de Britannicus. »
Reste Junie qu'on accusait aussi au nom de l'histoire; et celte critique a été reproduite avec beaucoup de vivacité et d'étendue par l'abbé Dubos*. Junia Calvina, dit cet écrivain, n'était pas à Rome dans le temps de la mort <le Britannicus. Elle avait été exilée sous Claude, comme coupable d'inceste avec son frère. Elle ne fut rappelée que plus tard par Néron. En outre, le caractère que lui donne Néron est démenti par Tacite, qui la traite de véritable effrontée. Nous répondrons ici, comme pour Narcisse et Britannicus : (juimporte? Junia, que Tacite mentionne dans une phrase de ses Annales, est-elle vraiment un personnage historique"' Comme le dit Racine dans sa première préface « Qu'auraient à répondre mes censeurs, si je leur disai » que cette Junia est un personnage inventé, comme » l'Emilie de Cinna, comme la Sabine d'Horace? »