Acte H, se
Mais, à côté de ces tableaux terribles, Boyer a su placer des récits galants. Tel est celui de Tarrivée de Judith dans le camp d'Holopherne :
Sitôt qu*elle a paru, le camp, de toutes parts» Vers eUe seule a fait aller tous ses regards.
Chaque soldat oublie ou suspend son devoir, Et plein d'une merveille étonnante et nouvelle, Croit que la beauté même en habit de mortelle, Avec tous ses appas vient se donner à vous *
Telle est encore la déclaration d'Holopherne, cet ennemi généreux et débonnaire, cet amant réservé et délicat que l'ingrate Judith c tue si méchamment », et qui mérite bien les larmes du bon financier de Racine ^ : Dès qu'il aperçoit cette aventurière, dont l'arrivée doit être fort suspecte, Holopherne est frappé d'une admiration pleine de respect, et sans savoir qui elle est, pour quoi elle vient, quelle confiance elle mérite, il lui déclare qu'elle commande dans son camp :
Commencez à voir Que vos yeux sont ici plus craints que mon pouvoir. Vous êtes en ces lieux souveraine maîtresse.