‹ Les ennemis de Racine au XVII. siècleChapitre 29 sur 151 · NouveHes nnuvelîest 3* partie. Paris, 1663, in · texte numérisé non relu

NouveHes nnuvelîest 3* partie. Paris, 1663, in

2. Grimm. Corresp, littér.y nov. 1776. f Corneille n'obtint justice • de son siècle que lorsqu'il eut un rival qu'on voulait écraser. i L'admiration pour lui devint extrême à mesure que Racine t s'éleva. »

véritable critiqm de VÊcole des Femmes, et celle qu'il composa sous ce titre : la Critiqm de la critiqtiey ne furent pas jouées ; mais elles coururent les salons, et furent accueillies avec empressement par les nombreux ennemis que les Précieuses et V École des Femmes avaient donnés à Molière. Les auteurs et les cercles ridiculisés par le grand poète comique eurent pour Visé les éloges et les encouragements qu'ils prodiguèrent aussi au Portrait du peintre dé Boursault. Ce fut sans doute par leur entremise que Visé se réconcilia avec Corneille. L'auteur de la comédie du Menteur avait la faiblesse d'être jaloux des succès de Molière, qui pourtant ne cachait pas que cette belle œuvre lui avait révélé la vraie comédie. Comme cette accusation d'un ennemi ^, l'abbé d'Âubignac, est confirmée par le témoignage de Segrais, ami et admirateur exclusif de Corneille*, il faut bien croire qu'elle a quelque fondement. Sans doute, la critique de VÊcole des Femmes fit pardonner à Visé la critique de la Sophonisbe^ et ce fut sur ce terrain qu'eut lieu la réconciliation. Pour la sanctionner, Visé fit tout à coup volte-face : il devint Tardent défenseur

1. • Je vous demande pardon si je parle de cette comédie qui vous

• fait désespérer, et que vous avez essayé de détruire par votre cabale

• dès la première représentation. » (Quatrième dissertation concernant le poème dramatique.)

2. Segraisiana : « C'est Corneille qui a formé le théâtre français : » il ne l'a pas seulement enrichi d*un grand nombre de belles pièces 9 toutes différentes les unes des autres ; on lui est encore redevable » de toutas les bonnes de tous ceux qui sont venus après lui. 11 n*y » a que la comédie où il n*a pas si bien réussi. Il y a toujours s quelques scènes trop sérieuses. Celles de Molière ne sont pas de

• môme; tout y ressent la comédie. Corneille sentait bien que Mo-

• lière avait cet avantage sur lui : c'est pour cela quHl en avait de 9 la jalousie, ne pouvant s*empêcher de la témoigner; mais il avait i tort, •

de cette môme Sophonisbe qu'il avait d'abord si amèrement censurée, et à ce sujet il engagea avec Tabbé d'Âubignac une longue guerre de dissertations injurieuses. Ces tristes pamphlets, profondément oubliés aujourd'hui*, ne sont pas inutiles; ils font juger de Taigreur qui régnait alors dans les discussions littéraires ; ils nous expliquent Tanimosité de certains adversaires de Racine et de Visé lui-même, et le ton blessant de leurs critiques.

Ainsi Visé était enrôlé parmi les défenseurs de Corneille, et dès lors il fut décidément et pour toujours de son parti. En 1667, il y eut un rapprochement entre Corneille et Molière. Celui-ci , depuis Alexandre , était brouillé avec Racine. De son côté, le vieux poète était piqué de la préférence que les comédiens de l'hôtel de Bourgogne donnaient aux œuvres de son jeune rival. 11 fit donc jouer sa tragédie A' Attila par la troupe du Palais- Royal. Comment agit, dans cette circonstance. Visé qui avait si peu ménagé Molière? Il fut obligé de suivre l'exemple de Corneille « comme un vassal suit l'exemple de son seigneur ». Telles sont, en effet, les expressions qu'emploient les auteurs de YHistoire du théâtre français \ « On peut, disent-ils, comparer le raccommo- » dément de MM. Corneille et Molière à ceux des sei- » gneurs, dans lesquels les vassaux des uns et des autres » se trouvent compris sans y être appelés. » Ainsi Visé est considéré comme le vassal de Corneille; c'est de lui

1. L'abbé Granet les a rassemblés : Recueil de dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Raciney Paris, Gissey, 1740, 2 YoL in-12. On y trouve quatre Dissertations de Tabbé d'Aubignac, et deux réponses de Visé, sous ce titre : Défense de la Sophonisbe de M. Corneille^ Paris, 1663; Défense du Sertorius de M* Corneilley Paris, 1663.

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