‹ Les ennemis de Racine au XVII. siècleChapitre 56 sur 151 · Troisième dialogue. Éloquence et poésie · texte numérisé non relu

Troisième dialogue. Éloquence et poésie

> reproche ne regarde pas moins les pièces de théâtre, » où Ton prendrait les Cyrus, les Alexandre et les M- » thridate pour des Céladons et des SilvandreSy s'ils 1^ n'avaient pas une épée au côté. Quand on a dit que les » auteurs de ces comédies avaient mis tous les héros dç D l'antiquité à la sauce douce, il me semble qu'on ne » pouvait mieux dire. » Cependant Perrault se décide ailleurs à parler € des excellents hommes qui ont été choisis pour écrire les belles choses qui se font de nos jours », et, sans aller jusqu'à nommer Racine, il daigne^ dans un passage sur la tragédie française, écrire une phrase générale qui peut s'appliquer à l'auteur i^Andromaque et de Phèdre : « Nos premiers poètes, dit-il, ont » fait passer des tragédies insupportables, en les donnant i> comme l'œuvre de Sophocle et d'Euripide; enfin est » arrivée la Sophonisbe de Mairet, la Mariamne de Tris-

> tan et les pièces de M. Corneille, le Cid, Horace, Cinna, » Polyeucte, Rodogune, et une infinité d'autres, tant du » même auteur que de quelques autres encore^ qui ont » eu de si grands applaudissements et qui ont fait tant » d'honneur au théâtre français et dans la France et dans

> toute l'Europe. » Cet hommage si indirect ne dut guère contenter Jtacine ; il ne compensait pas la critique, cette fois bien précise, des héros de son théâtre. Si l'on en croit Niceron*, c'est pour se venger de ces procédés, qu'il excita Boileau à réfuter les Parallèles de Perrault, prêt à lui dire comme le prince de Conti : a Tu dors, Brutus ! »

La querelle était dans toute son ardeur quand Racine rentra dans la carrière par les tragédies d^Esther et i'Athalie. L'aigreur de ce débat explique en grande partie le nombre et lanimosité des critiques qui s'élevèrent contre ces pièces, les épigrammes, les chansons inju-

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