‹ Les ennemis de Racine au XVIIe siècleChapitre 103 sur 156 · S MITHRIDATE · texte numérisé non relu

S MITHRIDATE

porté et cruel. Il punit du même coup Phamace qui l'a trahi. Cette dernière scène, en nous montrant jusqu'au bout le héros avec sa profonde intelligence de la politique romaine, avec cette haine d'un vaincu qui se console à la pensée des maux infligés au vainqueur, et qui compte sur les amis de Phamace pour le châtiment du parricide*; cette scène complète TeSiet de la tragédie. Elle affermit, elle achève notre admiration, et c'est avec une conviction plus forte que nous nous écrions : Non, les contemporains de Racine et la postérité ne se sont pas trompés. Ce n'est pas à tort que Boileau, La Bruyère, Voltaire, Vauvenargues, La Harpe, ont vu dans cette tragédie un des chefs-d'œuvre de la scène française, et dans le caractère qui la domine un des plus beaux efforts de l'esprit humain. Ce n'est pas à tort qu'il ont jugé que Racine < avait l'âme tragique », et qu'ils ont accordé au peintre de Burrhus, d'Âcomat, de Mithridate et de Joad le talent de saisir et de retracer les héros*. Nous osons, après eux, soutenir que Mithridate est un héros ; nous osons trouver de la grandeur jusque dans ce personnage de Xipharès, trop sacrifié par Voltaire. Nous osons surtout admirer l'héroïsme simple et sans étalage de Monime, et, avec un de nos maîtres^, donner à cette noble femme le nom de Cornélienne et

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