‹ Les ennemis de Racine au XVIIe siècleChapitre 131 sur 156 · ESTHER ET ATH4LIE · texte numérisé non relu

ESTHER ET ATH4LIE

d'œuvre de Racine. On Tavait attendue impatiemment. « Racine, écrivait M"* de Sévigné, va travailler à une » autre tragédie, » et quoiqu'ellejugeâtrhistoired'Ësthei « unique », et que ni Judith^ ni Ruth, ni aucun autre sujet ne lui parût se prêter aussi bien au but de l'auteur, elle comptait pour le succès sur le talent de Racine : «r II a pourtant bien de Tesprit; il faut espérera » Et cependant, malgré cette attente, malgré le goût qu'JSsther avait donné au roi pour les pièces saintes et pour les représentations de Saint-Cyr^, le travail le plus achevé de Racine fut le moins apprécié de tous, et rien dans rhistoire littéraire n'est plus célèbre que la disgrâce i'Athalie.

Cherchons, aidé du récit de M"* de Caylus, à nous rendre compte de cette affaire qui a été très-inexactement expliquée. On sait que la tragédie devait paraître avec autant de solennité que celle d'Esther. Les jeunes actrices avaient étudié et connaissaient leur rôle ; a mais, » dit M"** de Caylus, dans le temps que tout était prêt » pour la représentation. M"* de Maintenon arrêta le » spectacle. » Était-ce qu'elle n'eût pas compris la beauté de la pièce? craignait-elle qu'elle déplût au roi, et qu'il s'appliquât certains passage!^ où la malignité pouvait voir des leçons pour lui? Mais la suite du récit de M*"*^ de (iaylus dément cette explication : « M"* de Maintenon fit » seulement venir à Versailles une fois ou deux les ac- » trices pour jouer dans sa chambre devant le roi avec D leurs habits ordinaires. » Et elle ajoute que, malgré l'absence de tout appareil scénique, de toute illusion théâtrale, la tragédie fut vivement goûtée : « Cette pièce

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