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tuelles eu langage. Mais nul n'est plus touché que nous de la beauté supérieure des huit ou dix pièces qui furent, suivant Texpression de Boileau, « le midi de sa poésie». Nous croyons, avec M"*» de Sévigné, que « rien n'approchera jamais des divins endroits de Corneille » ; avec La Bruyère, qu' a il est supérieur à tout, inimitable dans les endroits où il excelle ». Cette conclusion est celle même de toute notre étude. Nous demandons seulement que, par une admiration exclusive pour Corneille, on ne se rende pas volontairement insensible à Tart profond et savant, à l'exquise pureté, à la c perfection passionnée ^ » de Racine
Quant à la lutte directe qui s'engagea entre les deux poètes, tout en remarquant que souvent les torts ont éié réciproques, nous n'avons pas hésité à condamner la vivacité blessante de Racine; nous avons signalé cette sen^bilité excessive comme la source de quelques fautes graves qu'il a lui-même amèrement regrettées, et comme une des causés principales des inimitiés qui Tont pour-
suivi. Mais le plus souvent Racine a noblement reconnu et réparé ses torts ; si son humeur était vive, son cœur était généreux et bon; et l'étude impartiale de sa vie et de sa correspondance ne justiGe pas ces accusations d'hypocrisie et de lâche adulation qu'on reproduit encore tous les jours avec quelque légèreté. D'ailleurs, ceux qui auront bien voulu parcourir ce volume auront trouvé tant de puérilité, de faiblesse, de révoltante in-
1. M- VillemaiA, Cours d histoire de la littérature au wni* siècle.
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justice dans les critiques quW lui adressait, tant de malveillance et de fiel dans le ton de ses censeurs^ qu ils auront compris et excusé avec nous la douleur et Tirritation du jeune poète.
Cette animosité évidente de Fontenelle, de Segrais. de Visé, de Barbier d'Aucour, du critique anonyme des deux Iphigénies^ cette mauvaise foi de Leclerc et de Pradon dans leur rivalité, toutes les imputations injurieuses des chansons que nous avons citées, expliquent surabondamment, ce nous semble, les dégoûts de Racine ; peut-être aussi légitimentrelles le titre de ce volume. Quelques juges d'une autorité considérable Tout accusé d'exagération ; ils ont craint qu'on ne nous reprochât, par exemple, d'avoir placé parmi les ennemis de Racine M""' de Sévigné et Saint-Évremond, critique beaucoup plus équitable que la plupart de ses contemporains. Mais nous avons déclaré plusieurs fois dans notre Etude que M"* de Sévigné n'était point une ennemie de Racine ; nous avons montré qu'elle est toujours restée en dehors des cabales qui ont affligé le poète, qu'elle n'a jamais loué ses indignes rivaux ; nous l'avons même justifiée, après Suard et d'autres critiques ^ du mot qu'on s'obstine à lui prêter : Racine passera comme le café. Nous avons expliqué les raisons très-légitimes de ses préférences et de celles de Saint- Évremond pour leur vieil ami Corneille. L'erreur ne nous semble donc pas possible. En outre, la petite no-
1. Par exemple notre ancien maître, M. Géruzèz, dans sa Notice sur Racine,
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toriété acquise aujourd'hui à cet ouvrage rendait difficile une désignation nouvelle. Nos juges mêmes ont bien voulu nous engager à conserver l'ancienne; nous osons espérer que le public ne sera pas moins indulgent pour un titre que sa bienveillance, jointe aux suffrages de la Faculté des lettres et de TAcadémie française, a, en quelque sorte, consacré.
Avril 1865«
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