‹ Les ennemis de VoltaireChapitre 18 sur 30 · LE PREMIER · texte numérisé non relu

LE PREMIER

En jurerais-tu ?

ron avait lui-même dérobé ce bon mot, cette idée charmante, cet effort d'esprit incroyable, à M. Chevrier, auteur infiniment plaisant. De plus, M. de Voltaire aurait-il jamais osé traiter quelqu'un de fripon? Il connaît les égards, il sait trop ce qu'il se doit à lui-même et ce qu'il doit aux autres. Si je m'arrêtais à ce tas d'ordures , j'aurais peut-êtr l'air d'y être sensible, et je vous proteste que je m'en réjouis plus que mes ennemis mêmes. Je suis accoutumé depuis longtemps aux petits ressentiments des écrivains. Il faut que je vous apprenne à ce sujet une anecdote vraie. Un auteur français très-célèbre, qui s'était retiré dans une cour d'Allemagne, fit un ouvrage dont il ne me fut pas possible de dire beaucoup de bien. Ma critique blessa son amour-propre. Un jour, on lui demanda des nouvelles de la France : il répondit qu^il n'en savait point. Par hasard, on vint à parler de moi : Ah! ce pauvre Fréron, s'écria-t-il d'un air touché,

LE SECOND

Très-bien.

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