‹ Les ennemis de VoltaireChapitre 19 sur 30 · LE PREMIER · texte numérisé non relu

LE PREMIER

Encor, n'en croirai-je rien, Qu'un Louis il ne m'en coûte ; Le voilà; parie.

LE SECOND

Écoute ; Je te l'avoûrai tout bas :

J'en jurerais bien sans doute, Mais je ne parierais pas.

FRKRON. 221

il est condamné aux galères ^ il est parti ces jours derniers avec la chaîne : on me l'a mandé de Paris, On interrogea Fauteur sur les raisons qui m'avaient attiré ce malheur ; on le pria de montrer la lettre dans laquelle on lui apprenait cette étrange nouvelle, il répondit qu'on ne lui avait écrit que le fait sans en expliquer la cause, et qu'il avait déchiré la lettre. On vit tout d'un coup que ce n'était qu'une gentillesse d'esprit. Je ne pus m'empêcher d'en rire moi-même lorsque quelques amis m'écrivirent cette heureuse saillie. »

Un pareil stoïcisme serait digne d'admiration si celui qui le professe n'avait pas toujours vécu de manière à faire croire, non pas qu'il fût homme à souffrir avec dignité les injustices de l'opinion, mais qu'il était tout simplement blasé sur ce genre d'inconvénient.

Cependant la calomnie répandue en Allemagne par « l'auteur français très-célèbre, » et qui n'est autre que Voltaire même, n'en est ni moins horrible ni moins criminelle. Voltaire, qui ne s'attendait pas à ce qu'elle serait révélée, feignit de ne pas comprendre. Ajoutons qu'il en fut probablement honteux, car, prévoyant tout de suite que les soupçons de ses amis allaient se porter sur lui, il chercha à leur faire prendre le change en s' exprimant ainsi dans une lettre kTliiriot (22 juillet 1760) :

« Ce pauvre cher homme (Fréron) prétend, comme vous savez, qu'il a passé pour être aux galères, mais que c'est un faux bruit. Eh ! mon ami, que ce bruit

222 FUÉRON.

soit vrai ou faux, qu'est-ce que cela peut avoir de commun avec VÉcossaise? »

Certes, ces paroles amères sont une aggravation d'injure ; mais ne trahissent-elles pas aussi un remords?

Quoi qu'il en soit, la vengeance de Voltaire était incomplète, tant que VEcossaise ne serait pas représentée.

C'est à quoi il dut travailler sans relâche.

Cette pièce, de son propre aveu, avait été faite bonnement et avec simplicité, uniquement pour faire donner Fréron au diable. En effet, il n'y avait rien là que de très-innocent. Elle ne pouvait être supportée au théâtre qu'au cas qu'on la prît pour une véritable composition anglaise. Elle ressemblait aux toiles peintes de Hollande qui ne sont de débit que quand elles passent pour être des Indes. Il voulait donc la refondre, changer absolument le caractère de Frelon, en faire un balourd de bonnne volonté qui dirait toutes les nouvelles en voulant les taire, et qui influerait sur toute la pièce jusqu'au dernier acte. (À d'Argental, 13 et 27 juin 1760.)

Voltaire avait raison. Moyennant ce changement, le rôle de Frelon eût été plus conforme aux lois de la comédie ; il eût été aussi moins odieux. Mais cela ne faisait pas l'affaire de M. Hume, duquel Voltaire feint toujours que la pièce est traduite. Ce M. Hume mande donc à Voltaire que si on change le caractère de cet animal de Fréron, il croira qu'on l'a craint, et qu'il est bon que ce scorpion subsiste dans toute sa laideur.

Fidèle h son mnndat, A^)]tairo remit ses corrections en portefeuille et poussa ferme à la représentation.

Il apprend enfin que la toile va se lever sur ce chefd'œuvre. Vite, il se préoccupe, il se tourmente de ce que fera, de ce que dira Fréron. Il fait part de ses impatiences à tous ses correspondants, principalement à Thiriot et à d'Argental; il les gourmande, ce dernier surtout qui était en quelque mrte son impressarw en titre, par le droit qu'il avait pris ou reçu de revoir les pièces de son ami, d'en dire son sentiment, de les livrer au tripot, d'en distribuer les rôles, d'assister aux répétitions et d'indiquer le jour où elles devaient être représentées.

Le 8 auguste. Voltaire était encore sans nouvelles. Mais ses pressentiments l'avertissent que tout est consommé. En effet, V Ecossaise avait été jouée le 26 du mois précédent.

En attendant une communication officielle, il aime à se persuader que Fréron s'est reconnu. Voilà qui est naïf : aurait-il craint par hasard qu'il en fût autrement ?

Cette conviction née de la seule ardeur de ses désirs, ne le rassurant pas, il s'imagine bientôt avoir appris de la bouche d'autrui ce qu'il souhaite si passionnément de savoir.

« On prétend, écrit-il à Thiriot (13 auguste 1760), que le sieur Fréron veut absolument se reconnaître dans cette pièce. Mais comment peut-il penser qu'on ose dire du mal d'un homme comme lui qui n'en a jamais dit de personne? »

En même temps, il se plaint du silence de Thiriot.

Celui-ci qui n'aimait qu'à souper, à boire gaîment son Champagne, et qui oubliait tout le reste, n'avait pas manqué non plus d'oublier, dès le soir même de la première représentation, d'en informer Voltaire.

Il le lui mande enfin, mais sans détails, comme aujourd'hui une dépêche télégraphique.

Voltaire, qui avait prévu le laconisme de son paresseux ami, avait écrit le même jour à Marmontel :

« Dites-moi avec quelle noble fierté l'ami Fréron reçoit le fouet et les fleurs de lys qu'on lui donne trois fois par semaine à la comédie? »

Bientôt les renseignements lui arrivent de toutes parts; mais, hélas ! ils ne sont pas, en ce qui touche Fréron, tels qu'il s'était complu à les prévoir, à les espérer. Fréron avait assisté stoïquement au spectacle de son propre déshonneur et s'était vu sans sourciller attaché à cet infâme pilori, tandis que le public, recruté parmi les amis de Voltaire, et la cabale philosophique applaudissaient à tout rompre.

Bien plus, le nom de Wasp, qui veut dire guêpe, en anglais, ayant été, à la représentation, substitué à celui de Frelon, Fréron eut l'héroïsme de prier les comédiens de conserver ce nom de Frelon, et même de mettre le sien sans l'altérer, s'ils pensaient que cela pût contribuer au succès de la pièce.

« Ils étaient assez portés à m'obliger, dit Fréron. » (Année littéraire, 1760, tome V, page 21 5.) Appa- » remment qu'il n'a pas dépendu d'eux de me faire

ce plaisir, et j'en suis très-fàché. Notre théâtre aurait acquis une petite liberté honnête, dont on aurait tiré un grand avantage pour la perfection de l'art dramatique. »

Quelques honnêtes gens osèrent prendre le parti de R'éron. Ils admirèrent son courage, le plaignirent, s'intéressèrent à lui et lui ouvrirent leurs maisons.

Voltaire en enrageait.

«Est-il possible, s'écrie-t-il (15 auguste 1760), qu'il y ait encore quelqu'un qui reçoive Fréron chez lui? Ce chien fessé dans les rues peut-il trouver d'autre asile que celui qu'il s'est bâti dans ses feuilles? »

La plupart, cependant, regardaient comme un trait d'impudence qu'il eût paru à la première représentation de cette satire personnelle.

II est vrai qu'il n'y avait qu'un Fréron ou un Socrate qui pussent se voir ainsi traiter en plein théâtre de vil coquin, de scélérat, sans sortir dès la première scène, et aller attendre l'auteur, à l'issue de la pièce, pour le rouer de coups.

Mais après avoir fait, comme je l'ai dit, l'analyse de la pièce avec une modération que lui eût enviée Socrate , Fréron pensa qu'il valait la peine de donner une place dans ses feuilles à l'histoire de la première représentation. On sera curieux, je pense, de connaître la physionomie d'une salle de spectacle, le jour où une célébrité dramatique de l'époque de Fréron, livrait au jugement du parterre une \i\l\cQ à

succès, ou une pièce à scandale, et on pourra en même temps se donner le plaisir de faire des rapprochements avec ce qui se passe aujourd'hui sous nos yeux,

<k Relation d'une grande bataille :

« On m'a envoyé cette relation (1), monsieur; j'avais d'abord refusé de l'insérer dans mes feuilles; mais toutes réflexions faites, j'ai cru qu'elle pourrait vous divertir.

« Hier, samedi 26 de ce mois (juillet), sur les cinq heures et demie du soir, il se donna au parterre de la Comédie-Française une des plus mémorables batailles dont l'histoire littéraire fasse mention. Il s'agissait du Caffe ou de VÉcossaise qu'on représentait pour la première fois. Les gens de goût voulaient que cette pièce fût sifllée; les philosophes s'étaient engagés à la faire applaudir. L'avant-garde de ces derniers, composée de tous les rimailleurs et prosailleurs ridiculisés dans V Année littéraire était conduite par une espèce de savetier appelé Biaise qui faisait le diable à quatre. Le redoutable Dortidius (2) était au centre de l'armée ; on l'avait élu général d'une voix unanime. Son visage était brûlant, ses regards furieux, sa tête échevelée, tous ses sens agités, comme ils le sont, quand dominé par son divin enthousiasme, il rend ses oracles sur le trépied philo-

(1) Fréron se sert souvent de la formule on m* a envoyé, quoique le correspondant et le journaliste ne fassent qu'une seule et même personne.

(2) Nom de Diderot anagrammatisé avec une terminaison latine.

sopiliquc. Co centre renfermait l'élite des troupes, c'est-à-dire, tous ceux qui travaillent à ce grand dictionnaire (I) dont la suspension fait gémir l'Europe (2), les typographes qui l'ont imprimé, les libraires qui le vendent et leurs garçons de boutique. « L'aile droite était commandée par un prophète de Boelimisckbroda (3), le Calchas de l'armée, qui avait prédit les succès du combat. Il avait sous ses ordres deux régiments de clercs de procureurs et d'écrivains sous les Charniers. La gauche, formée de deux brigades d'apprentifs chirurgiens et perruquiers, avait pour chef le pesant La M (4), cet

usurpateur du petit royaume d'Angola. Un bataillon d'ergoteurs Irlandais, charmés d'obéir à l'abbé Micromégan (5), leur compatriote, faisait l'arrière-garde; ils avaient juré d'user jusqu'au dernier lobe de leurs poumons pour défendre la charmante Écossaise, cette nouvelle Hélène qui trouble la littérature et la philosophie. Il y avait jusqu'à un corps de réserve de

(1) L'Encyclopédie.

(2) Expressions de Voltaire. Les lettres du privilège accordées à l'Encyclopédie ayant été révoquées par arrêt du conseil d'État du roi du 8 mars 1759, Voltaire n'en parut pas très-affecté au fond, malgré les plaintes lamentables qu'il en faisait publiquement, car il écrivait le 23 du même mois à M. Bertrand : « Je crois que l'Encyclopédie se continuera, mais probablement, elle finira encore plus mal qu'elle n'a commencé , et ce ne sera jamais qu'un gros fatras. » La postérité n'a rien changé à ce jugement.

(3) Grimm, désigné par le titre d'un de ses ouvrages,

[h) LaMorlière, auteur du Yom^w à! Angola et de plusieurs autres.

(5) L'abbé Méliégan, auteur d'un j)amphlet contre Eréron, intitulé : Lettre à jL de ***, sur l'A/i/jcc //frcra/re.

2iH FUÉUO.X.

laquais et de Savoyards en redingotes et en couteaux (ie chasse qui recevaient l'ordre d'un petit prestolet que la secte elle-même méprise et qu'elle emploie (1), chassé de l'autre parti, dès qu'on a connu son peu d'esprit et de talent, dévoré de la rage d'être journaliste et ne pouvant y réussir : chose pourtant si aisée, au rapport des philosophes, ses protecteurs.

« La veille et le matin de cette grande journée, on avait eu soin d'exercer tous ces nobles combattants et de leur bien marquer les endroits où ils devaient faire feu et applaudir à toute outrance. Le sage Tacite (2) , le prudent Tliéophraste (3) , et tous les graves sénateurs de la République des philosophes ne vse trouvèrent point à cette affaire; ils ne jugèrent pas à propos d'exposer leurs augustes personnes. Ils attendaient l'événement aux Tuileries où ils se promenaient in({uiets, égarés, impatients. Ils avaient donné ordre qu'on leur envoyât un courrier à chaque acte.

« Les gens de goût s'avancèrent tranquillement, mais en très-petit nombre, sans commandants, sans dispositions et môme sans troupes auxiliaii'es; il se reposaient sur la justice de leur cause : confiance trop aveugle!

« La toile se lève ; le signal est donné; l'armée philosophique s'ébranle ; elle fait retentir la salle d'ac-

(1) L'abbé de La Porte, d'abord collaboralciii* de Fréron; mais depuis il s'était enrôlé sous la bannière de Voltaire. Il avait fondé X Observateur littéraire qui mourut d'inanition.

(2) Sans doute le président flénault.

(3) D'Argental. La qualilé de sénateur leur est donnée, ])arcc qu'ils étaient nia^^islrals.

clamations; le choc des mains agite l'air» et la terre tremble sous les battements des pieds. On fut quelque tem{)s sans dépêcher de courrier, parce qu'on ne savait si le premier acte était fini. Lorsqu'on en fut certain, le général honora de cet emploi un de ses plus braves aides-de-camp (1), Mercure exilé de l'Olympe et privé de ses fonctions périodiques. Il partit plus prompt que l'éclair, arriva aux Tuileries, annonça ce brillant début aux sénateurs assemblés , leur dit qu'on avait applaudi à tout rompre, même avant que les acteurs ouvrissent la bouche; que le seul nom de Wasp (mot anglais qui signifie guêpe) , avait excité des transports d'admiration ; que rien n'était échappé et qu'on avait saisi tout l'esprit, tout le sel, toute la finesse des épigrammes à' araignée, de vipère, de coquin, Aq faquin, de fripon, etc., etc. Le sénat, en récompense d'une si heureuse nouvelle, assura le messager qu'il relèverait toutes ses pièces tombées, qu'il forcerait le public à les trouver nobles et touchantes, ou du moins qu'il les ferait jouer devant lui. Au second, au troisième, au quatrième actes, nouveaux courriers, nouveaux avantages. Enfin, le faible détachement du goût fut écrasé par la supériorité du nombre, et les barbares sévirent maîtres du champ de bataille. L'armée victorieuse fit une marche forcée pour se rendre aux Tuileries, où elle déboucha par le Pont-Royal, au bruit des trompettes et des clai-

( 1 ) Je ne devine pas quel est ce personnage : on voit cependant qu'il avait été journaliste, et sans doute travaillé au Mcrcure, et de plus qu'il était auteur dramatique.

rons[\). Le sénat très-philosophique fut dans un instant entouré des vainqueurs, couverts de sueur et de poussière. Tous parlaient en même temps, tous s'écriaient en même temps : Triomphe^ victoire, victoire complète ! Les Anciens leur imposèrent silence, et après avoir embrassé leur habile général, ils voulurent apprendre de lui-même les particularités de l'action. Le vaillant Dortidius en fit le récit d'un style sublime, mais inintelligible. On eut recours au petit prestolet, qui fut clair mais plat. Ses yeux pétillaient d'allégresse. Cependant, sa joie était mêlée d'amertume; il regrettait qu'on eût mis Wasp à la place de Frelon; il prétendait que ce dernier nom était bien plus plaisant; il ne concevait pas pourquoi on l'avait supprimé. Il savait que l'auteur de l'yd^wi^e littéraire avait demandé lui-même qu'on le laissât. Le sénat fut très-satisfait de ce qu'il venait d'entendre. Le général lui présenta la liste des guerriers qui s'étaient le plus distingués. Sur la lecture qui fut faite à haute voix, on ordonna au petit prestolet de l'insérer dans sa gazette littéraire, avec de grands éloges pour chaque héros. Ensuite les sénateurs tendirent les mains à l'un, sourirent agréablement à l'autre ; promirent à celui-ci un exemplaire de leui*s Œuvres mêlées, à celui-là de le louer dans le premier ouvrage qu'ils feraient, à quelques-uns des places de courtiers dans Y Encyclopédie, à tous des billets pour aller encore à V Ecossaise gratis, en leur recommandant de ne point s'endormir sur leurs lauriers et de

(1) Allusion à mademoiselle Clairon, violente ennemie du gazelier.

FKÉRON* 231

continuor à bien faire leur devoir. Ils leur représentèrent qu'il était à craindre que la vigilance des ennemis ne profitât de leur inaction, pour leur dérober la victoire. Après ce discours éloquent et flatteur, le sénat les congédia et invita à souper le général et les autres officiers. Avant le souper, on tira un beau feu d'artifice ; il y eut grande chère ; un excellent concert de musique italienne; un intermède exécuté par des bouffons, des illuminations à la façade de tous les hôtels des philosophes. Un bal philosophique qui dura jusqu'à huit heures du matin termina la fête. Les sénateurs, en se retirant, ordonnèrent qu'on eût à s'assembler aux Tuileries sur les dix heures du soir, pour chanter un Te Voltairianum. » [Année littéraire^ 1760, tome V, pag. 209 et suiv.)

Ce morceau, je le répète, est curieux, en ce qu'il offre un tableau d'après nature de la camaraderie littéraire de ce temps-là, mœurs dont notre siècle a précieusement recueilli l'héritage, en les dépouillant un peu de leur brutalité. Pour le reste, il faut convenir que fauteur a fait des efforts visibles pour accomplir sa tâche avec esprit. Aussi Voltaire ne manqua-t-il pas de dire :

« Il faut que notre amiFréron soit en colère, car il ne peut être plaisant. Je viens de voir le récit de la bataille où il a été si bien étrillé. Le pauvre homme est si blessé qu'il ne peut rire » (A d'Argental, [1 7 auguste 1760.)

Quoi qu'il en soit, les comédiens, qui lui en voulaient aussi, excités par mademoiselle Clairon, laquelle, lorsque \ Écossaise fut jouée, dominait dans le

tripot et le gouvernait, qui, liée avec Voltaire et quelques encyclopédistes, avait pris parti contre Fréron et s'était attiré des critiques un peu vives de sa part, les comédiens, dis-je, ne furent pas fâchés de trouver ainsi une occasion de l'humilier. Lorsqu'ils avaient à se plaindre de lui, pour s'être égayé sur le compte de l'un d'eux, ils affichaient VEcossaise pour le lendemain du jour où avait paru la censure, et ils appelaient cela donner le fouet à Fréron.

La pièce arriva à sa seizième représentation « bra- » vement et sans aftluence, » dit d'Alembert (2 septembre 1760), ce qui signifie que le succès de scandale qu'elle avait eu n'avait pas été de longue durée. Néanmoins, elle fut jouée sur tous les théâtres de | France et sur quelques-uns des principales villes de l'Europe.

Fréron se piqua de grandeur d'âme. Non-seulement il s'en tint au compte-rendu modéré qu'il avait donné de VEcossaise, mais encore, Tancrède ayant été représenté le 3 septembre de la même année, Fréron loua fort cette tragédie. Voltaire se garda bien d'en faire la remarque.

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