PRÉFACE. III
J)li dans la oroyancc de ceux à qui il lui importe de le persuader; que s'il lui arrive de quelque part un démenti et que la loi le force à l'imprimer, il le fera précéder ou suivre de réflexions qui en atténueront la portée , il pourra môme y revenir dans le plus prochain numéro , y trouver de nouvelles objections et donner enfin si bien le change aux lecteurs, qu'ils finiront par croire que c'est le démenti qui en a menti.
Il est hors de doute que quiconque, gouvernement ou simple particulier, voudra lutter à armes égales, c'est-à-dire de contradiction et de persévérance contre un instrument de publicité de cette nature, devra nécessairement se lasser le premier, et marquer par son silence qu'il s'avoue à peu près vaincu. Outre que bien peu de gens sont d'humeur à engager cette lutte, à cause des fâcheux effets qui peuvent résulter d'une polémique où de part et d'autre on finit par perdre de vue la modération et les convenances.
Voltaire ne savait pas tout cela, quand il osa trouver mauvais que Desfontaines et Fréron le critiquassent. Avec le secours de tout son talent, avec la complicité de la plus puissante coterie philosophique et littéraire qui fût jamais, les encyclopédistes; avec la tolérance, que dis-je, avec l'appui de magistrats qui servaient ses vengeances presqu'aussi religieusement que si elles eussent été des prescriptions de la loi ; avec une armée d'intrigants lettrés à ses gages, qui signaient ses libelles ou en acceptaient la responsa])ililé quand ils étaient anonymes; enfin, et