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jeunesse, jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans. Cela dix, onze, quelquefois douze années d’un rude labeur, presque sans relâche. Cela ne sent guère le fainéantise.
Dans les Séminaires, on se lève à cinq heures du matin, hiver comme été:
la vie y est dure et pauvre. On ne s'en doute guère dans le monde.— Deux jeunes ouvriers, allant au travail de bon::* Ecure, passaient un matin, à cinq heures, devant le Séminaire de Saint-Sulpice, à Issy, près Paris. On sonnait justement la cloche du lever et, en un instant, toutes les cellules avaient eu leur iumière allumée.
‘ Tiens, dit l’un d’eux, qu'est-ce que c’est que ça ?—C’est le Séminaire, répondit l’autre, une maiïson de jeunes Curés.—Et ils se lèvent à cette heurelà ? Ma foi, je ne l'aurais jamais cru.
Qu'est-ce donc qu’on nous chante à
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lève à e été :
On ne de.— ravail tin, à re de On lever lules imée, è que e, r'éunes eurecru.
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l'atelier, que les prêtres sont des fainéants ! ”
Et ces prétendus fainéants se préparent au sacerdoce en travaillant et en priant depuis cinq heures et demie du matin jusqu'à neuf heures du soir, n'ayant que deux heures de récréation, ou pour mieux dire de répit, Aussi sortent-ils de là plus ou moins exténués. Singulière espèce de fainéants, n'est-il pas vrai ?
Les voici devenus prêtres ; ils continuent à se lever de bonne heure; ils mènent une vie réglée, sérieuse, remplie par l’accomplissement de leurs multiples devoirs. La prière, la célébration de la messe et des autres offices, les confessions, les catéchismes, les prédications et les études souvent prolongées que nécessite la préparation de ces prédications et de ces catéchismes,
la visite et le soin des malades, la visite des pauvres, parfois celle des riches à qui l’on va recommander les pauvres, sans compter les mille soins matériels que réclament l’église et la sacristie ; tel est le travail, l'admirable et presque incessant travail du prêtre, soit à la ville, soit à la campagne.
Il y a des pays où les pauvres prêtres sont tellement écrasés de besognes que plus d'un finit par y succomber à la fleur de l’âge. Cela se voit plus particulièrement dans les grandes villes, et surtout à Paris où les paroisses sont immenses et les prêtres peu nombreux.
I n'y a pas longtemps mourait un Curé de Paris, connu pour son esprit et sa bonté parfaite, qui était levé régulièrement à quatre heures du matin, jamais couché avant onze heures du soir, toujours au travail, {toujours à son affaire, et n’y suffisant pas.
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Aujourd’hui même où je vous parle, combien n’y a-t-il pas de ces hommes du bon DIEU, qui, ne calculant jamais avec la peine ni la fatigue, se dépensent du matin au soir, et du soir au matin | Ce sont souvent des matinées entières, ou des après-midi, passées à confesser ; à certains jours de la semaine, principalement les samedis et les veilles des fêtes, toute la journée y passe, sans compter une partie de la nuit. Etil ne fait pas toujours bon au confessional, je vous assure, principalement pendant les grosses chaleurs d'été, et pendant les grands froids d'hiver.
Et les baptêmes? et les mariages ?
et les enterrements ? ct le soin des enfants, avec la longue et laborieuse préparation des premières communions ?
“ Soit. Mais ce n’est pas partout comme ca. Dans notre pays, où l'on
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n'est pas dévot, il n'y a guère à confesser ni à prêcher ; et les Curés n’ont Pas grand chose à faire.” Hélas! ce n'est que trop vrai, Mais est-ce leur faute s'ils ne Sont pas aussi occupés qu'ailleurs ? Après tout, ils font ce qu'ils Peuvent, et par conséquent ce qu'ils doivent. Or, un homme qui fait ce qu'il doit, ne peut être taxé de fainéant.
Si, dans votre Pays, les Curés ne travaillent pas toujours autant qu'ils le pourraient et qu'ils Le voudraient, ce n'est pas Jour faute, c'est Ja vôtres Allez vous confesser, et votre Curé confossera, Confessez-vous Souvent, et il confessera souvent et de bon cœur.
Allez à l’église : til vous prêchera.
En un mot, soyez chrétien, et vous le trouverez prêtre : de plus en plus prêtre, à mesure 14e Vous serez plus chrétien, I! n'y a pas de Curé qui refuse le travail quand on le lui offre.
hi 4 C’est un peu fort de reprocher à un ne marchand de ne pas vendre lorsque de: | personne ne vient lui acheter; à un leur R notaire ou à un banquier, de ne pas pés | faire d’affaires, lorsque personne ne se bu présente dans leur étude ; à un officier, vs | de ne point conduire bravement ses se | soldats au feu, lorsque ceux-ci refusent nt. À de marcher ! C’est là, cependant, ce r'a- que vous fuites, vis-à-vis de votre Curé, si | Et puis, qui vous dit que votre Curé vi ne se crée pas lui-même des occupa- Fe tions, des occupations sérieuses et conil formes à son état, lorsque votre cou-.
. | pable indifférence le laisse chômer ?
À Parce que vous ne le voyez pas confes- Le ù ser ou prêcher, vous dites qu'il ne fuit x : rien. Qu'en savez-vous ?
. ; ‘ Mais on voit les Curés se promene | er, aller et venir, se visiter, rire en-
semble. Ce n’est pas là du travail.” —
Sans doute, puisque c’est du repos. Ces prêtres ont travaillé, voilà pourquoi ils se reposent. ÆEst-ce que vous ne vous reposez pas après avoir travaillé, vous qui criez contre eux ?
Le travail de tête, nous le constations tout à l'heure, nécessite bien plus de repos que le travail manuel; un ouvrier, un cultivateur peut, sans nuire à sa santé, travailler toute la journée, ne s'interrompant que pour les repas.
Je défie ceux qui se livrent au travail intellectuel d’en faire autant, du moins plusieurs jours de suite. Ils attraperaient une fièvre cérébraie. Si donc les prêtres se promènent, s'ils vont et viennent, comme vous dites, c’est afin de pouvoir reprendre leur travail. lis rient entre eux : voulez-vous qu’ils pleurent ?
Et puis, ous les voyez se promener ;
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car pour se promener et prendre l'air, il faut sortir : vous ne les voyez point travailler, parce que les prêtres ne travaillent pas dans la rus ni au milieu des champs. Et là-dessus, vous dites qu’ils ne font que se promener ! Je vous le demande à vous-même, est-ce juste ?
Maintenant qu'il y ait, par-ci, par-là, des prêtres, des Curés qui flânent un peu, c’est le tort qu’ils ont, et ils en répondront devant DIEU. C’est comme parmi les ouvriers : par-ci, par-là, et même trop souvent, on en voit qui flânent un peu, on en voit qui flânent beaucoup; ils ont grand tort. Mais direz-vous pour cela que les ouvriers, c'est-à-dire tous les ouvriers, sont des flâneure.
Les Curés ne sont donc pas des fainéants ; les Curés ne sont pas des gens
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inutiles ; les Curés ne sont pas des propre à rien. En répétant ces grossièretés-là, vous vous faites l’écho de ces misérables impies qui n’apprendront qu’en enfer que prier, c’est travailier ; que dire la messe, c’est travailler ; que chanter les louanges de Dieu, c’est travailler ; que confesser et sauver les âmes, c’est travailler. En s’attaquant au prêtre, c'est à DIEU et à sa sainte Religion qu'ils en veulent.
Le prêtre est le grand travailleur de Dreu sur la terre, et son travail est le premier, le plus noble, le plus utile, et ajoutons-le, le plus pénible de tous,
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iére- 1 ces | x li lront ‘ | f, lier ; Le Les Curés aiment la bonne chère, le bon { que { vin et les gros dîners à
c'est Ë r les ; , 4 k AA Ïls aiment certainement mieux ce 1 “ie | quies bon que ce quiest mauvais. Où LL est le mal? Et vous donc ? li
La { Vous dites que lies Curés aiment la 1 he 1 bonne chère. Ici encore, qu’en savez- {| 1 vous ? Est-ce que par hasard vous vi- \f
et 2?
vez, vous mangez avec eux ? Dans ce
cas, de quoi vous plaindriez-vous ? Et si vous n’en êtes pas, je vous le répète, comment savez-vous ce qui se passe chez eux ? Les gens qui disent le plus de ces sottes choses-là, sont précisé- | ment ceux qui n’ont aucun rapport avec leurs Curés et qui se croiraient
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déshonorés vis-à-vis des frères et amis, s'ils pouvaient être soupçonnés de hanter le presbytère.
‘ Si fait, répondent nos braillards ; nous s#vons ce qui se passe chez les Curés. Ne les voyons nous pas aller dîner les uns chez les autres, surtoui les jours de conférences? On sait qu’ils restent longtemps à table, qu’ils mangent et boivent bien.” —Et c’est de là que vous concluez que les prêtres font habituellement bonne chère, qu’ils sont des fricoteurs et des gourmands, qu'ils aiment à gobelotter? Autant vaudrait dire qu'on danse toujours dans votre pays, parce qu'on y dazse deux ou trois fois par an; et que dans telle ou telle famille d'ouvriers ou de cultivateurs, on fait toujours la noce, parce que, quatre ou cinq fois par an, on y fête joyeusement quelques parents et quelques amis.
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Il est parfaitement vrai, et c’est tout simple, que les Curés, surtout les Curés de campagne, ce visitent volontiers, et parfois dinent les uns chez les autres, Mis, sachez-le bien, ce n’est point là de la gourmandise, c’est de la bonne et fraternelle hospitalité. L’hospitalité a pour ainsi dire disparu de nos mœurs, à mesure que la charité chrétienne s’est refroidie; elle ne se retrouve plus guère que dans le clergé, etil est tout simple qu'elle s'exerce principalement entre confrères.
Les pauvres Curés de campagnes, isolés dans leur presbytère ont, plus que d’autres, besoin de se voir, de se confier mutuellement leurs peines, leurs difficultés, leurs joies ; sans ces bonnes visites, si fort calomniées, les paroisses rurales seraient des prisons cellulaires ; avec ces visites, nos Curés
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