‹ Les ennemis des curés [microforme]Chapitre 7 sur 25 · RÉ NS · texte numérisé non relu

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leur donnant toute liberté à cet égard.

Pourquoi ? Etait-ce par dévotion, puisqu'il était juif? Quoique juif, 1l reconnaissait l'influence salutaire de la confession au point de vue de s2 caisse.

Vous, pourquoi ne la reconnaîtriezvous pas de même, au point de vue de la paix de votre ménage, et de la bonne conduite de vos enfants ?

Non-seulement le prêtre, le confesseur n'est pas un danger pour les familles, mais il en est le grand bienfaiteur, au nom du bon Dieu qu'il représente. Combien de ménages désunis n'a-t-il pas rapprochés ! Combien de libertins, d’ivrognes et de coureurs qui faisaient la honte et le désespoir de leur femme et de leurs enfants, n’a-t-il pas réussi à transformer en honnêtes gens, en ouvriers laborieux, en bons pères de familles ! Combien de fois n’atil pas retenu," sur la pente fatale du

désespoir, telle et telle malheureuse femme prête à se jeter à l’eau, ou à s'enfuir du toit conjugal, à cause des mauvais traitements ou de l’inconduite de son mari !

La confession et, par conséquent, le confesseur sont un incomparable bienfait de la Providence, et il faut avoir perdu le sens commun pour ve pas le comprendre.

Il faut également avoir perdu la tête pour s’imaginer que, dans les affaires de la conscience, cn n’a pas besoin de prêtre pour savoir ce que l'on a à faire.

En envoyant ses Apôtres, qui furent ses premiers prêtres, pour sauver le monde, le bon Dieu leur a dit : “ Allez, # prêchez l'Evangile à toute créature.

‘6 Enseignez tous les peuples, et appre- ‘4 nez-leur à observer mes lois.” Or, pour tous et chacun, les affaires de la con-

A munies ages

science consistent à connaître et à observer les lois de DiIEu ; en d’autres termes, à écouter l'Eglise, qui nous parle par les prêtres, et qui, par eux, nous dirige et nous soutient dans la voie du salut.

Cette triple sottise, qui court lesrues, et qui voudrait nous éloigner de nos prêtres, est donc tout simplement un hlasphème contre la confession et, pardessus le marché, une de ces absurdités qui ne vaudraient pas la peine d’être relevées, s’il n’y avait pas dans notre belle France tant de serins, toujours prêts à répéter tous les airs qu’on leur Joue.

Les Curés sont des hommes d'argent, des gens intéressés qui demandent toujours

Des hommes d'argent ? Dites donc des hommes sans argent ; et c'est pour cela qu'ils demandent toujours, non pour eux-mêmes, maïs pour l'Eglise et pour les pauvres. Et c’est ce qui fait qu’ils ne sont pas intéressés, mais intéressants.

Des hommes d'argent? Est-ce à cause de ces mines redevances qu’on appelle la casuel ? Mais rien de plus légitime que ce casuel : il est réglé d’un commun accord entre l'Eglise et l'Etat,

qui l’accordent à titre de supplément de traitement, de supplément indis- .pensable ; le tarif en est réglé d'avance, et le Curé ne peut pas le modifier ; d'ailleur, il se reduit à bien peu de chose, sauf certains frais de luxe, pour les grands mariages et les grands eñnterrements ; mais alors, il est parfaitement loisible de s’en passer. Et puis, remarquons le bien, une bonne partie de ce casuel est réservé à la fabrique, laquelle est chargée de l'entretien matériel et des réparations de l’église ; dans les grandes villes, l’entreprise des pompes funèbres absorbe la plus grande partie de ces dépenses irritantes.

Ajoutons bien vite qu'en beaucoup de paroisses rurales le chifire du casuel est dérisoire, et qu’enfin jamais on n’y oblige les pauvres.

. Et c'est pour cela que les prêtres

seraient des hommes d'argent ? Quelle injustice ! “ Ils demandent toujours de l'argent,” dit-on. Sans doute, puisqu'ils n’en ont pas,et qu’il leur en faut pour soulager les pauvres et soutenir les Œuvres paroissiales. Est-ce avec son misérable traitement de neuf cents ou neuf cent cinquante francs qu'un pauvre Curé peut faire efficacement ses charités ? Hélas ! il a tout juste de quoi ne pas mourir de faim. Voilà pourquoi il quête, il demande. Donne qui veut, et, chose curieuse ! ceux qui ne donnent jamais rien sont toujours les premiers à crier comme si on les écorchait. Au fond, tout cela n’est que la méchanceté, du parti pris contre le clergé : c’est un manque de foi, et surtout un manque de cœur.

En somme, et malgré des exceptions heureusement bien rares, les Curés sont partout les pères des malheureux,

leur principal, pour ne pas dire leur unique refuge. Quand un pauvre n’a plus de pain, à quel porte va-t-il frapper ? Instinctivement à celle du prêtre, parce qu’il sait que, là du moins, il lui sera fait bon accueil. Pauvre luimême la plupart du temps, le prêtre ne peut pas toujours beaucoup donner ; mais peu ou beaucoup, il donne toujours de bon cœur.

Les impies ont beau dire et beau faire, c’esi ün fait reconnu que la charité est le plus bel apanage du clergé catholique. Que si vous n'êtes pas de cet avis tant pis pour vous.

Les Curés veulent rétablir la dîme

Voilà encore une de ces fameuses rengaines, avec lesquelles les sociétés secrètes font voter dans les élections, et dont les meneurs qui en parlent sont les premiers à rire dès que le tour est joùé.

Répétons-le pour la centième fois :

on appelait autrefois dûme (ou dixième), une redevance que les monastères et les seigneurs ecclésiastiques recevaient des fermiers à qui ils louaient leurs propriétés. C'était donc un impôt de dix pour cent, ou, si on n'aime mieux, le prix de location de la ferme, de la métairie qu’on se chargeait d'exploiter.

Sur ces terres-là on ne payait ni à l'Etat ni à personne aucun autre impôt ; et dans les mauvaises années, on payait ce qu'on pouvait, sans jamais craindre les huissiers ni les saisies.

rien n’était doux et paternel comme ce régime, d'autant plus qu’au besoin l’on était assuré de la protection du puissant propriétaire.

Tout cela est changé, et le pauvre monde n’en est pas plus heureux. Au lieu de payer la dîme, c’est-à-dire dix pour cent, à un seigneur bon et miséricordieux par vocation, on paye aujourd'hui vingt, vingt-cinq pour cent, quelquefois même davantage, à un tout-puissant seigneur, qui s'appelle 6 l'Etat,” et qui n’entend pas la plaisanterie, Si vous ne payez pas au jour et à l'heure dite, vous êtes saisi, vendu, expulsé, réduit à la misère, avec votre

femme et vos enfants. Tulle est la loi, tel est le monde modern :.

Il n’en était pas ainsi autrefois, du temps de cette fameuse dime, qui apparaît si noire aujourd’hui et si horrible, uniquement parce qu'elle avait un caractère religieux.

Quoi qu'il en soit, il est cent fois absurde de prétendre que les Curés songent ‘“ à rétablir la dime.” Ces choses-là sont si bêtes, qu’on ne sait en vérité que répondre. Il n’y a pas un seul Curé de France ou de Navarre à qui une pareille pensée soit jamais entrée dans la tête.

Et puis, quand ils le voudraient, comment le pourraient-ils ? Est-ce que ce sont par hasard les Curés qui règlent et qui votent le budget ?

Mais à quoi bon insister davantage?

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Cet épouvantail du rétablissement de la dîme si l’on ne vote pas avec ces s0ciétés secrètes, n’est qu’une machine électorale, aussi sotte que coupable, Personne n’y croit, excepté le pauvre peuple des électeurs-corrichons, dont nous parlions tout à l’heure.

Si vous y croyez, vous, mon pauvre ami, Je vous plains; vous n'êtes pas fort.

Les Curés sont les ennemis du progrès, de la liberté et de la société moderne

Les prêtres sont des gens pacifiques et raisonnables qui, à l'exemple de Celui dont ils sont les ministres, aiment

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