LE VIRUOLENCE DES CAVITÉS
Les lésions apicales infiltratives ou ulcérées jouissent dans l’ensemble d’une bonne réputation. VIALLIER-RAYNARD, dans sa thèse inspirée par A. DurouRr, n’écrit-il pas à leur sujet : « Tout se passe comme si les lésions parenchymateuses que l’on rencontre dans cette région y étaient frappées pour ainsi dire de débilité congénitale du fait de leur situation. S’il y a des exceptions, elles demeurent rares ; les lésions apicales font habituellement figure de lésions stabilisées à peu près inactives ».
PATIN
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En fait nous avons été frappé du nombre important de cavernes apicales se compliqüant d’ensemencents bronchogènes. Suivant les auteurs, en effet, l’apex représente pour les cavernes tuberculeuses de 21,6 %, (DurouRT, DESPIERRE €t GALLAVARDIN), à 32,8 %, (MARTIN, FLUGGE), des situations possibles sur l’ensemble du champ pulmoñaire. Or, sur 97 observations d’ensemencements bronchogènes que nous
avons retenues, en dépouillant plus. d’un millier de dos-
siers, nous en avons trouvé 42 qui tiraient leur origine de cavités apicales, soit à peu près 43 % de l’ensemble.
Pour expliquer cette discordance, il semble bien qu’il faille admettre que les cavernes apicales sont plus susceptibles que n’importe quelles autres d’essaimer des embols infectants. À cela il y a plusieurs raisons :
.— leur situation haute qui leur fait CRE toute Ja pY\ramide pulmonaire ;
— la difficulté fréquente qu’il y a à les mettre en évidence, à cause de l’enchevêtrement osseux qui protège le dôme pulmonaire et souvent aussi de leur situation interne juxta-médiastinale. C’est cette extrême latence habituelle des cavernes apicales qui leur permet de passer inaperçues et pendant longtemps d’essaimer leur « goutte - à - goutte toxique » d’embols infectants. |
A l'opposé, les cavités sous-claviculaires sont classiquement plus évolutives que les cavités apicales ; mais elles sont, en général, plus nettement visibles, donc plus rapidement dépistées et traitées. Leurs ensemencements bronchogènes sont habituellement rapportées sans peine à leur cause et les surprises de découvrir une cavité latente, génératrice de disséminations, sont moins fréquentes pour la région sous-claviculaire que pour la région apicale. D’ailleurs, nous avons trouvé 45 cavités sous-claviculaires ayant donné lieu à des ensemencements, chiffre qui se rapproche de celui des cavités apicales et qui prouve que les virulences diverses de ces cavités aboutissent en définitive aux mêmes résultats.