‹ Les Ensemencements Bronchogènes au Cours des Cavernes Tuberculeuses TertiairesChapitre 55 sur 60 · Ï. — TRAITEMENT PRÉVENTIF · texte numérisé non relu

Ï. — TRAITEMENT PRÉVENTIF

La prévention des ensemencements bronchogènes doit s'attaquer à tous les facteurs susceptibles d’en favoriser léclosion.

I faut, tout d’abord, s’efforcer de tarir ou de diminuer l'expectoration qui véhicule les embols bacillifères. L’atropine, dont on sait le rôle freinateur sur les sécrétions, nous a paru un des meilleurs médicaments. On a souvent intérêt, en outre, à adjoindre au traitement atropinique un traitement anti-infectieux, notamment quand des phénomènes de bronchite infectieuse sont surajoutés. Une cure de sulfamide ou de pénicilline, par voie générale ou en aérosols, y pourvoira. Les atteintes bronchiques spécifiques ne sont guère modifiées que par la streptomycine. Le P.ASS. et la vitaminothérapie n’ont qu’un rôle adjuvant.

Ensuite, il faut s’efforcer de diminuer et de limiter la propagation des sécrétions. Pour cela, par les opiacés ou mieux les anti-histaminiques, calmer les toux opiniâtres qui projettent les bacilles dans toutes les directions. S’il paraît malaisé de s’opposer aux lois de la pesanteur dans le sens apico-caudal, il est plus facile d’éviter un ensemencement croisé, en faisant coucher le malade uniquement sur son côté atteint. On a montré, en effet, que cela était sans inconvénient, même chez les malades porteurs d’un pneumopéritoine. |

Enfin, la plus sûre prévention des ensemencements est de supprimer leur cause, c’est-à-dire la caverne-mère. Les moyens en sont connus et nous ne reviendrons pas sur l'importance de la section des brides qui maintiennent les cavernes béantes et les tiraillent, ni sur l'importance du traitement précoce et énergique des cavernes inertes ou résiduelles.

Au point de vue chirurgical, le problème de la prévention des ensemencements bronchogènes s’est surtout posé à propos des exérèses. Diverses techniques ont été offertes : obturation de la bronche par ballonnet, intervention en

position ventrale, ligature de la bronche première. Ces diverses techniques semblent de seconde importance pour M. BÉRARD : « Parmi nos 230 opérés, écrit-il, nous n’avons observé que 3 évolutions controlatérales massives, ayant entrainé la mort dans les jours suivant l’intervention. Ce risque immédiat nous semble donc très limité. Tous nos malades ont été opérés en décubitus latéral. Aussi ne saurions-nous considérer que lintervention en position ventrale, préconisée par OvVERHOLT et adoptée actuellement par nombre de chirurgiens, est d’une nécessité absolue pour l’exérèse du poumon tuberculeux. »

La meilleure prévention semble résider dans le traitement streptomycinique. SANTY, BérarD et GALY écrivent : « Nous croyons bien que sans la streptomycine, dont l'usage apparaît d’ne primordiale nécessité, tant avant qu'après l'intervention, l’exérèse chez les tuberculeux n’eût été qu’une méthode d'exception et de bien rare indication. La streptomycine, à la dose de 1 gr., 1 gr. 5 par jour, donne aux suites de l’exérèse une extraordinaire sécurité. C’est une garantie d’énorme valeur contre lensemencement bronchogène. »

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