PRÉFACE. V
reconnaître, que l'ont envisagée beaucoup d'écono^ mistes. On a souvent comparé le travail à une marchandise qui a son cours comme toutes les autres. L'assimilation est fondée jusqu'à un certain point; on s'explique que la grande culture s'y tienne presque exclusivement comme la grande industrie. Elle n'est cependant ni rigoureusement exacte, ni suffisante pour arriver à l'interprétation complète des phénomènes économiques. Ce n'est se faire qu'une idée incomplète des salaires que de les considérer seulement comme une charge de la production; ils en sont aussi, ils en sont surtout le résultat. Les ouvriers font partie de la société au môme titre que les capitalistes, que les fermiers et que les propriétaires; leur rémunération n'est pas moins intéressante. Le salaire doit donc être placé sur la même ligne que la rente, l'intérêt ou le bénéfice .
Partout, on se demande ce que coûte le travail, il n'est pas moins nécessaire d'établir ce qu'il rapporte. Sans doute, le revenu de la classe ouvrière est égal au montant des dépenses qu'entraîne le payement de ses salaires ; mais, suivant qu'on observe les choses d'une façon ou d'une autre, on est entraîné par des courants d'idées bien différents. Dans un cas, on est tenté de ne voir dans l'ouvrier qu'un rouage de la production; dans l'autre, au contraire, on s'intéresse naturellement à sa situation et à son amélioration. L'étude isolée de