PAGE(S
peau est aimé, et seulement pour lui-même ; elle permet, sur tous les points du territoire français, de faire manger au peuple des denrées d'aloi àr>aiteux, mais réparties par les petits commerçf.mts et les vagues Coopératives, qui n'en peuvent mais, parce qu'ils ne disposent pas d'un outillage permettant de faire mieux. Au reste, ce ne sont point des vertus spéciales de grandes Maisons comme les Maisons à Succursales, que je tiens à mettre en relief ; l'amour-propre, le désir d'atteindre à la perfection existent généralement, sinon à des degrés égaux, du moins à un degré appréciable. Seulement tout se résume dans une question de moyens, lesquels créent les possibilités.
En tout cas, pour conclure, il nous plaît de constater qu'à Reims, qui fut le berceau du grand commerce de détail, par l'application des principes de la Mutualité dans les Etablissements économiques, le grand commerce de détail s'est imposé la plus lourde des tâches, qu'il mènera à bien. La philanthropie, qui fut sa marraine, le guide encore. Les fourmis égarées par le cataclysme sont déjà revenues, parce qu'il s'est chargé de pourvoira leur subsistance. Au fur et à mesure que s'affirmera pour tous la certitude de trouver le nécessaire, les dernières fourmis éparses accourront à leur tour, et leur cité refleurira.
Bénie soit donc la coopération commerciale, grâce à laquelle peut vivre une population éprouvée, et qui crée des liens toujours plus étroits entre ses employés, en mettant les germes de la prospérité dans le chaos des effondrements !
mm )
Les Entreprises Modernes de la zone des armées.
Le fonctionnement des Entreprises Modernes du grand commerce de détail de l'alimentation fut souvent pénible, en raison des achats difficiles, des transports défectueux, de la sûreté problématique des magasinages ; en raison aussi : soit de la proximité des canons allemands, ou de celle des alternatives d'avance et de recul que nous avons connues. Cependant, les dangers de la situation ne ralentirent point les ardeurs commerciales de ceux qui président aux destinées de nos firmes importantes; bien au contraire, ils y trouvèrent je ne sais quel âpre stimulant; le stimulant qui les tint journellement sur la brèche et leur inspira les meilleures initiatives, pour le plus grand bénéfice, non seulement des consommateurs, mais aussi des armées.
C'est ainsi que les EtabHssements Dreux, d'Arras, qui comprenaient cent comptoirs, indé-
DAMAGED PAGE(S)
pendamment de la plus forte maison de détail en épicerie fine de Lille, ont contribué, dans une large mesure, à l'installation des fameuses coa'^ératives militaires, avec le général Guillaumàt. Pour contrecarrer les agissements d'un certain commerce de la région, un comptoir militaire fut, à cet effet, créé à Saint-Pol (Pas-de-Calais), d'accord avec le commandant de la D. E. S. delà 10^ armée. M. Philbois, député de FAube, écrivait dans un rapport, à ce sujet : « Il serait désireux de voir de pareils résultats se généraliser, dans l'intérêt des troupes du front. >
La 10' armée, très satisfaite des services rendus par M. Dreux, Finvita à la suivre dans ses déplacements sur Moreuil, puis sur Gompiègne.
Entre temps, le souhait exprimé par M. Philbois se réalisait : la 3" armée décidait, elle aussi, la création d'un comptoir militaire comme celui qui fonctionnait au quartier général du général Guillaumat. Le magasin central en fut installé à Ham, par M. Dreux, naturellement. Les services compétents de ce corps de troupes, ont attesté la bienfaisance de Finstitution et les services rendus par son approvisionneur; ils relatèrent Fattitude de M. Dreux, lors de Foffensive de marsavril 1918; ils ont proclamé quelle aide précieuse furent les ressources constituées par lui, à Gompiègne, lors du passage de nos troupes dans cette ville entièrement évacuée. Nous savons, nous, que, sans ces stocks si heureusement formés, le ravitaillement immédiat de nos soldats eût été complètement impossible.
DANS LA ZONE DES ARMEES
Depuis la signature de Farmistice, la Maison Dreux a offert au Ministre du Ravitaillement dTjpprovisionner ses cent comptoirs, d'en relever les ruines à bref délai, pour assister, le plus promptement et le plus efficacement possible, les populations dont la misère n'est que trop connue ; cet homme désintéressé, actif, n'a jamais pu s'assurer la moindre part dans les répartitions de denrées et le moindre vv^agon pour acheminer celles qu'il trouvait lui-même.
— Prenez ce dont vous avez besoin dans les stocks achetés par telle Gommission récemment
constituée !
M. Dreux s'y est toujours refusé pour plusieurs
raisons :
1® Les dits stocks avaient été composés par des gens qui, n'étant pas du métier, avaient payé un nombre de millions double de ceux qui eussent formé un paiement normal. De plus, les marchandises acquises étaient franchement mauvaises.
2^ Une maison qui se respecte, c'est-à-dire qui sait acheter à bon compte, de bonnes denrées, pour les revendre le meilleur marché possible, ne peut se soumettre à de telles exigences qui la contraignent à tromper sa clientèle sur la qualité de la marchandise et sur son prix.
Gonnaissez-vous beaucoup de commerçants aussi consciencieux?
Assurément, le mérite de toutes les Entreprises
DAMAGED PAGE(Sl
Modernes n'est pas égal. Il ne peut Fêtre. Ce sont les circonstances qui permettent aux homijies d'agir dans un sens déterminé. Mais les effelts, quand ils ont été sérieux et persévérants, valent d'être consignés. Dans un pays comme le nôtre, où Ton parle toujours de relèvement économique, il importe de montrer en exemple ceux qui sont dignes de l'être. On a suffisamment parlé du courage militaire; on nous exhorte au courage fiscal; nous ne pouvons ignorer le courage commercial. La Société Nancéienne d'alimentation en a manifesté :
Dès les premiers mois de la guerre, après la retraite de Morhange, une grande partie des territoires où ]a Société étendait son action, furent envahis. Près de 40 succursales furent pillées ou réquisitionnées, en même temps que la mobilisation prenait les employés, les chevaux, les véhicules, dans une considérable proportion, partout où Fennemi n'était pas encore. La menace pesait lourdement et les bombardements de la capitale lorraine commençaient. L'administration n'en réorganisa pas moins, à grands frais, naturellement, tous les services. Le ravitaillement de 150 succursales fut enfin assuré. Les municipalités de Meurthe-et-Moselle ont témoigné à la Société Nancéienne toute leur reconnaissance, pour les efforts prodigués en vue de l'intérêt public; parmi les principales, nous citerons celle» de Varangéville, de Laxou, de Saint-Nicolas-du-Port, de Colombey-les-Belles, de Custines, de Frouard, de Pompey. Il va de soi que les secours que trouvait
■mË ^
DANS LA ZONE DES ARMÉES
le militaire, égalaient les secours que trouvait le
^ Certaines localités, notamment Frouard et Pompey, étaient copieusement arrosées, quotidiennement, d'obus et de torpilles, du fait de la proximité des hauts-fourneaux et aciéries. Les civils, comme les soldats, avaient leur poste de combat. Ils tenaient. Bientôt le péril apparut, et les difficultés se multiplièrent. Nancy était, de nouveau, sous la menace d'une invasion; on forma des trains d'évacuation pour les habitants. L'administration prévoyante décongestionna ses stocks et constitua des entrepôts à Gray, c'est-àdire à plus de 150 kilomètres de Farrière, de façon à pouvoir, quelles que soient les circonstances, ravitailler les succursales qui ne seraient pas tombées aux mains des Allemands. Quelle acuité dans la difficulté des transports!
Il importe de souligner ici le peu d'aide que les Entreprises Modernes trouvent généralement dans les Chambres de Commerce, dans les Mairies et dans les Préfectures. Les Chambres de Commerce, en effet, sont des organes vétustés dans lesquels n'ont guère place les éléments modernes du commerce. Les éléments modernes du commerce, qui rénovent les méthodes, sont haïs par les gens routiniers dont la situation, malgré tout, s'est assise. Les grossistes, fournisseurs des petits commerçants, sont de ceux-là; la question de boutique s'en mêle, la démagogie ensuite, et voilà toute Fhistoire de Fimpopularité des Maisons à Succursales auprès des Préfets ou des Maires.
DAMAGED PAGE(S)
DANS LA ZONE DES ARMÉES
Elles sont affligées d'un vice terrible : elles n'ont pas assez d'électeurs dans leur sein. ^i
Voilà pourquoi l'effort inouï de la Société r fericéienne dura cinq ans, dans l'intégralité de ce qu'il fut au premier jour.
Malgré les difficultés de tous ordres, la Société Nancéienne parvint à vendre ses marchandises meilleur marché qu'on ne vendait les mêmes marchandises à Paris ou dans le Centre. On s'en rendra compte par le tableau des prix pratiqués par elle, en 1918 (époque de la crise aiguë) et en 1919. Nous le publierons avec d'autres tableaux, dans un chapitre spécial qu'on lira plus loin.
Ici, nous trouvons, par l'installation des coopératives militaires, le même appui, pour le commandement, que l'appui donné par la 'Maison Dreux au général Guillaumat. En effet, s'inspirant des nécessités de l'heure, la Société Nancéienne avait créé un dépôt pour l'armée, à Toul, avec de nombreuses succursales sur la ligne de bataille. La vente des produits y était pratiquée aux prix extrêmement bas, imposés par l'Intendance. Cette création purgea la région de ses mercantis. L'armée, plus tard, s'empara de l'idée de la S. N. A. et la développa sous forme de coopératives militaires. Mais les résultats obtenus ne furent pas ceux de l'entreprise privée; le général de Castelnau, qui l'observa, crut devoir rendre hommage aux commerçants, véritables précurseurs de ces coopératives. ,
Je l'ai déjà dit :
Pour déterminer exactement le mérite des maisons de commerce qui sont restées approvisionnées lors de notre recul de la Marne, il importe de les classer en deux catégories : celles de l'intérieur, à une distance plus ou moins grande des champs de bataille; celles exposées, d'un moment à l'autre, à être dans une zone envahie. Partout les stocks étaient épuisés ou en voie d'épuisement. Le renouvellement des marchandises s'imposait; bien mieux, pour tous, il fallait constituer des stocks plus considérables, afin de pouvoir suffire à la consommation et de n'être point, d'une façon absolue, à la merci des événements du lendemain.
Pour les commerçants éloignés, toute opération d'achat, quelque importante qu'elle eût été, ne présentait pas de risques sérieux ; tout au plus s'exposaient-ils à payer plus cher des denrées susceptibles d'être acquises à meilleur compte.
Pour les autres, il n'en était point de même. Que l'avance ennemie persiste, et leur rayon de vente allait se trouver en territoire occupé. Leurs provisions ne seraient-elles point perdues, anéanties, volées?... Toutes les hypothèses, dans ce domaine d'idées, étaient permises. Acheter par grandes quantités, n'était-ce point être imprévoyant, imprudent, affronter de regrettables avanies? Il est vrai qu'un bon commerçant ne doit
if
Sr
DAMAGED PAGE(S)
ir;
pas s'attacher à son intérêt seulement, mais au souci de pourvoir aux besoins de sa clientèle. Il y a là une sorte de devoir dont Taccomplissement peut tuer tout germe de panique dans Tœuf ; qùs considérations plus ou moms particulières se détruisent devant la nécessité et l'intérêt commun. Ayant examiné de près la situation, ni à Meaux, qui devait se trouver si promptement dans la zone envahie, et où travaille TUnion commerciale; ni à Goulommiers, oii grandissent les Docks de la Brie, et que les Allemands occupèrent; ni à Troyes, ni à Dijon, ni à Rouen, ni ailleurs, nul n'hésita. On s'approvisionna tout aussi tranquillement qu'en temps de paix. Advienne que pourra!
La victoire de la Marne sauva les audacieux qu'un revers de plus eût compromis, sinon perdus irrémédiablement. Et, grâce à la hardiesse des négociants de nos Entreprises de grand commerce de détail, les populations eurent l'assurance de demeurer approvisionniées. Toute alarme des consommateurs devenait complètement vaine.
Un seul exemple fera comprendre ce raisonnement mieux encore : l'Union commerciale de Meaux, pour faire face à toutes les nécessités, eut, dans ses entrepôts, pour plus de 14 millions de marchandises. Elle parvint à ravitailler, non pas seulement ses boutiques, mais toute la région, qui dut à la prévoyance et à l'initiative de cette grande firme commerciale, de ne manquer de rien, ni de sucre, ni de sel, ni de café, ni de pâtes alimentaires, ni de vin, choses indispensables à la vie quotidienne des plus humbles ménages.
DANS LA ZONE DES ARMEES
Les petits ne pouvaient avoir cette pensée ni cette sorte d'abnégation commerciale, qui est une forçie de la générosité, non une des plus négligeables, puisqu'elle comportait le sacrifice éventuel des intérêts, sacrifice parfois très pénible, il faut bien le reconnaître. Il est vrai que la sagesse des nations a dit : « Noblesse oblige >.
Les grandes firmes ont plus d'obligations que les autres. Elles sont à même de les remplir. Elles l'ont montré.
Or donc, tandis que les hordes de réfugiés dévalaient sur les routes, apportant jusqu'aux moindres bourgades l'écho douloureux des premières défaites; tandis que Troyes voyait arriver les gens de Lille ou de Valenciennes; que Lyon en recevait d'autres ; que Caen avait les siens ; qu'Arras et Reims étaient bombardées ; que des autos emportaient à toute vitesse le numéraire des succursales de la Banque de France; qu'on relevait les dépôts de ces succursales jusque dans la Côte-d'Or, les négociants demeuraient à leur 30ste; les transactions commerciales suivaient eur cours; les entrepôts se garnissaient.
Nous n'insisterons pas sur ce fait que la crise de l'essence s'était déclarée et que, dans nombre de villes, à Dijon par exemple, si la Banque de France a pu relever ses dépôts par automobiles, c'est parce que les grandes Maisons de détail, comme les Comptoirs économiques de la Bourgogne, ont pu lui fournir le carburant indispensable. Nous savons que certains proclament cette fourniture sans mérite, parce que les Allemands
DAMAGED PAGE(S)
considèrent, paraît-il, la Banque de France comme une entreprise privée, qu'ils respectent. Ils n'ont point montré la véracité de cette assertion ,.en Belgique, où, en octobre 1916, ils se sont emparès d'un milliard à la Banque Nationale.
Un bienfait, souvent, perd toutes les apparences d'un bienfait lorsqu'il apparaît dans le recul du temps et de Féloignement. Les hommes oublient.
Certaines Sociétés d'alimentation, bien que jeunes, avec des capitaux modestes, au jour de la déclaration de guerre, possédaient des stocks importants qui leur permettaient de satisfaire aux exigences de la situation ; la Ménagère française, à Ghâlons-sur-Marne, fait partie de cette catégorie. Elle eut la bonne fortune de voir ses entrepôts respectés par les Allemands, au lendemain de leur retraite. Elle mit ce qu'elle possédait à la disposition des autorités de la ville et des localités suburbaines, privées, pendant de trop nombreux jours, de tous moyens de ravitaillement.
Au cours des quatre années qui ont suivi, la Société a rendu de signalés services, en accueillant toutes les demandes de ravitaillement des services militaires et sanitaires fixés dans la région et des unités combattantes se rendant au front, — toujours à des prix fixes, justes et loyaux, dont le taux n'était pas influencé par les considérations spéculatives, dépouillées de tout scrupule, des mercantis de passage ou d'occasion, — trop nombreux, hélas!
Depuis la libération des régions envahies, la
DANS LA ZONE DES ARMÉES
Société est appelée, par les Pouvoirs publics, à collaborer avec eux à la reprise commerciale ; elle y aide de toutes ses forces, tant en mettant au service de cette tâche patriotique des disponibilités importantes en fonds, qu'en assurant régulièrement, de ses propres moyens, le ravitaillement soutenu de nos infortunés compatriotes.
On en pourrait dire autant des Etablissements Miellé et C^®, des Etablissements Mauroy, des Etablissements Lépine qui, détruits à Suippes par le bombardement, y furent relevés promptement, pour être détruits une nouvelle fois, ce qui motiva leur réinstallation à Ghâlons, qu'ils ont quitté pour retourner à Suippes, une fois de plus et définitivement. Nous n'insisterons point, pour ne pas donner à cette étude une monotonie susceptible de nuire à son ensemble. Il nous suffira de répéter, pour conclure, que les commerçants ont un rôle social à remplir, et que ceux qui composent l'élite commerciale de la nation n'y ont point failli.
i l'ii
DAMAGED PAGE(S)
Les Entreprises Modernes et les Fantaisies
administratives.
Dans mon livre : la Guerre, le Commerce fran-çais et les Consommateurs, j'ai montré, avec force détails, comment nos Entreprises Modernes s'étaient comportées eu face du consommateur, qui fut toujours l'objet de leur plus constant souci. Toutefois, c'est une étude qui reste à compléter, parce que, depuis, notre Ravitaillement national a traversé des phases aussi douloureuses qu'imprévues. Et, tout d'abord, nous avons subi le régime de la répartition.
Les répartitions n'ont jamais été favorables aux Entreprises Modernes qui étaient, au début du moins, presque complètement bannies de la table du banquet. L'Administration réclamait des états; il fallait y indiquer les quantités de marchandises fournies à chaque Succursale, avant la guerre; paperasserie inutile, puisque, jamais, les quan-
LE» FANTAISIES ADMINISTRATIVES
tités attribuées ne correspondaient au chiffre d'affaires, se tenant considérablement en dessous! Dan'^ certains départements, des difficultés surgis- -^ saieïit parce que le siège social était dans un département limitrophe; les gérants n'étaient pas ravitaillés ; on leur disait :
— Adressez-vous à votre Maison-Mère.
A la Maison-Mère, on disait :
— Pour ravitailler vos Succursales d'à côté, adressez-vous aux organismes d'à côté.
Les Préfets et les Comités de toutes sortes se renvoyaient la balle et se lavaient les mains, après avoir créé d'inextricables situations.
Les Comités de répartition, souvent, ne comprenaient dans leur sein que des grossistes ou -.des détaillants, ennemis invétérés des Entreprises Modernes, redoutables concurrentes dont bénéficie le consommateur. L'hostilité se déchaînait, soit de la façon la plus sourde, soit de la manière la plus ouverte; il fallait recourir au ministre. Mais, hélas! que peut un ministre? N'est-il pas le prisonnier de ses bureaux, éternels, alors que lui t^^ est éphémère?...
Certaines Maisons, comme les Etablissements Brisset, d'Angers, crurent devoir faire de l'action directe. Ils prévinrent le Préfet de Laval que, s'ils n'obtenaient pas des attributions conformes à leur vente et à leur chiffre d'affaires d'avant-guerre, dans ce département, ils auraient recours à l'affichage de leurs revendications. Ils se rendirent compte, avec infiniment de raison, qu'ils disposaient d'un journal merveilleux dans un grand
ûAMAGED PAGE(S]
nombre de localités, pour y insérer les communiqués de leur ravitaillement : ce journal, c'étaient leurs devantures ; le communiqué, c'était TafEs^he. Le Préfet haussa les épaules et fit la sourde oreille. Il ne répondit pas. L'affiche fut apposée. Nous en avons relevé le texte. Le voici :