‹ Les entreprises modernes [microform]. Le grand commerce de détailChapitre 16 sur 23 · DEPARTEMENT DU MORBIHAN · texte numérisé non relu

DEPARTEMENT DU MORBIHAN

Épargne de VOuest.

Pâtes alimentaires, le kilog.

Pâtes alim. en vrac, le kilog.

Vin blanc . le litre.

Huile corn, de table, le kilog.

Huile d'olive

Vinaigre d'alcool... le litre.

Sucre roux (non taxé), le kg.

Café torréfié le kilog.

Chicorée suivant marque.. . .

Prix normaux.

Nos prix.

dep. 8 »

dep. 3 40

(Le 2G août

fl ^ Sel

: vfe f /^ Beurre

fy tj Port-Salut

^^y;>i Camembert (ini^r<jne). jiièce.

'\ii''l> Graisse régétale . h; lulof^.

,,. ; . Saindoux (Havilail.). le kiloi'.

'^>'i^>^ . Lard gras (liavitail.)- '♦' Inlof^'.

rM Porc frais . le kilog.

DÉPARTKMr'NT DK LA MAUNE

btahlissemoUs Miellé.

Prix iiorraauj.

1<^ kilo<^.

U; kilof».

le kilog.

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Nos prix.

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(Lo 2() août \W.).)

- . Ealre temps, une délégation de TUnion des Entreprises Modernes exposait au Ministre du Ua- Vîtaillement le programme suivant :

Constitution des Stocks du Uavitaillement.

-.i;^^ Que la liquidation de tous les stocks,

ceux de l'armée nationale et ceux de l'armée des Alliés — soit effectuée par tous les commerçants /offrant des garanties sérienses au point de vue du cpptrôle des prix de vente, et non pas par les Coopératives seules ;

. 2^ Que les aclials soient effectués sur les marchés étrangers, parles maisons de commerce A;', qui Dût rhabitude de ce genre d'affaires.

Quels que soient le dévouement, les cap^icités d'organisation de la Fédération des Coopératives; - .quelle que soit la bonne volonté de ses membres^ -^ilsnepourrof^t f^voir ni la cpmpélence, ni les relu-

tîons', ni les moyens d'aclîon des 2 ou 3.000 lirmes l^r qui s'occupent de[)uis de longues années de ce

l^'f^genre d'affaires.

'^' D'autre part, la seule organisation de VinmienSÇ

•maison <Ie couhïumto que deviendrait alors, sur de telles bases, le Ministère <bi HavilaiUement, exigerait des années de travail.

Or, la situation est pressante; le pnys ne peut plus longtemps attendre —

3^ L'augmentation des importations par la suppression des droits de douane a^l surtout par la suppression de ces doyennes int(U'irures que sont les octrois des villes ouvrières,

4" Laisser aux iiulustriels s'occnpant à la fabrication des huiles, sucres, etc., le soin de s\)rganiser polir accroître, dans les conditions voulues, rim|)ortation des matières premières qui sont nécessaires à leur fabrication. Les initiatives couime celle du Syndicat des Chocolatiers, qui s'est occupé de grouj»er les commandes en sUère et en cacao de ses adhérents, sont autrement productives de résultats ((ue la réalisation de ces achats entre les mains du Ministère du Havitaille-

>menl. La façon dont ce dernier, malgré ses bonnes intentions, a réalisé le ravitaillement en sucre, en

x-est la preuve évidente.

5« Que l'Etat doit exiger la déclaration obli-

' gatoiredes récoltes — nous souunes, sur ce point, entièrement d'accord avec la Fédération des Coô-

péraliveB.

Q^ Notre groupement s'élève énergiquemeht CÔhUôit^oulo réquisition dans le commerce, al-

sî

if.

tendu "qu'aucun commerçant ne s aviserait de

tenter l'importation d'un produit, s'il avait la

^i>, ^.,0fl' crainte de voir réquisitionner, h son arrivée, la

:^ ' " qu il aurait achetée. La méthode du

•^^ ' droit de la ré(iuisition équivaudrait, en tout état de

cause, à la suppression de Tiinportation libre.

Organisaiioii de la Uépartitiofi.

La répartition des denrées provenant de la liquidation des stocks, comme aussi des achats que l'Etat a pu être appelé à faire jusqu'à ce jour, devrait être elTecluée sous le contrôle de l'Etat. Le rôle du Minislrro du KavilailhMuoul serait alors de veiller utilninont h ce que l;i vmmiIo on fftt faite, aux prix convenus, à ceux ([ui auraient été sus-

•;; ceptibles de recevoir les attributions. .

Notre groupement ne saurait admettre aucune restriction à la liberté des transports. 11 estime, contrairement à l'avis des Coopératives, que le ^ fait d'opérer les transports |)ar ordre du Ministère du Ravitaillement, ne fera i)as circuler plus-rapidementles wagons- réservoirs et les wagons spéciaux

" indispensables à la répartition. Jl est facile de prouver que, [tendant la guerre, les wagonsréservoirs du Tare National ont fait un service beaucoup moins intensif que les quelques wagons qui sont restés entre les mains du commerce. Cela s'explique, d'ailleurs. Ces wagons étant attribués, pour un seul voyage, aux Coopératives favorisées, ces dernières n'avaient pas l'organi-

. . ^w sation nécessaire pour en assurer le chargement

ik^

LA VIE CHÈWE 'COMBATTUE

et le déchargement immédiats. Très peu nombreuses sont, en effet, les Coopératives qui sont préparées pour un service semblable et qui ont un embrancbemcnt pour recevoir les wagonsréservoirs.

Stabilhation des Cours. — Contrôle.

Pour les produitK aulrcs que ceux provenant de la liquidation des stocks, un contrôb; <levrait être exercé par les agents du Ministère du Ravitaillement du par le Service des l'^;iudes. Notre groupement est tout disposé à se jdier aux garanties qui lui seraient demandées à ce sujet. Ses adhérents enlenchuil. n'cMn; pas conloiKhis avec les mercanl.ia, <l<)nl. les c<ms(>nimalenrs sont,, eu ce moment, si souvent, les victimes. A cet effc^t, il i)ITre, pour les marchandises de première nécessité de son ressort, que les prix de vente soient lix^s chaque semaine par un bureau constitué d'accord avec le Ministère du Ravitaillement..

Il s'engage à pratiquer les prix ainsi établis, dans les 20.000 magasins de vente que ses adhérents possèdent dans la France entière.

Et il rap|)clle, à ce sujet, <|ue le ron<-.tionnement des Succursales d'alimentation donne, au point de vue du prix de vente, toutes les garanties désirables, puisque les marchandises livrées dans ces Succursales sont facturées aux gérants aux prix auxquels elles doivent être vendues au public, -la rémunération consistant seulement en une remise variable suivant les articles. Le service de

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LÉS fîîïti^«pRWRfi(-iï0bTî!i\t«Bs :ç:^:^^ •

contro|o et d'iuspeciiQU d^ chacïitt dôS-adh^reniB ;^ du-Sjrridiràt des Maisons à SncCursales periïiOt ^^^^ d'assurer l'exécution des confiais, interdisant se-- -| vèreinent aux gérants toute niajorution do prix et ^ 31 'toute altération do la marchandise au préjudice 3,^ des clients.

La création des restaurants populaires peut avoir une induence [)0ur réfi;l(Mnenter le coût do la vie, en certains quartiers ouvriers, nuiis la fon- (lation de nouvelles l)nra(|ues est iuulilo partout où il existe des Co()|>oratives et des Maisons à Suc- V (Jursales multiples, |»ar<-e (|ue ces organisations ', .fént)plisseut, sans frais pour TEtat, le même rùle régulateur.

l^ubliciU des prix.

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., y. Notre grouj>euuMit a toujours été d'avis qu'une

"publicité très grande doit être donnée aux prix de

vente de tous les produits de première nécessité.

.Ces prix <levraiont ètrn ariirhés dans toutes les

Maisons de vente.

yX'est, d'ailleurs, sur rinsistnîu',e de îu>s Maisons,

que le décret imposant rallicliage des prix avait

été rendu.

., ; ..Non seulement les i)rix sontaflii^hés dans toutes

*^iél Maisons de vente dépendant de notre grou-

('pemeut, mais encore les propriétaires de ces

vJlftWns publient chaque semaine, dans le journal

quotidien de leur région, les courg de ces denrées»

en portant à la connaissance du public les prix

^pratiqués dann leurs Sucoursalos. Les Maisonàdui

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LA VIE CHERE COMBATTUE

ont eu cette initiative, alors qu'elle n'était pas imposée, ont entendu, non pas faire de la réclame, —- car nul n'ignore qu'il n'est pas besoin de réclame en ce moment pour vendre les denrées nécessaires à la vie — mais bien remplir un rôle social dont l'utilité ne saurait être méconnue.

Au résumé, le Groupement de VUnion des Entreprises Modernes et le Syndicat des Maisons d'Alimentation à Succursales, pris de noble émulation, entendent apporter, comme les Coopératives, leur concours contre la vie chère. Elles peuvent le faire par des moyens dont l'efticacité ne peut être mise en doute, étant donnée Timporlaoce considérable que les Maisons à Succursales multiples ont conquise dans le pays; si l'on considère que le chiffre d'affaires des Coopératives est très éloigné du chiffre total des transactions intérieures, le rôle des Maisons Modernes d'Alimentation est autrement opérant.

Il appartient au Gouvernement de dire s'il entend que le Groupement parachève son œuvre.

Malheureusement, les actes les plus désintéressés n'ont pas toujours l'accueil qui devrait leur être réservé, — à cause de la bureaucratie, inapte à les comprendre. La Maison Olida, en particulier, en sait quelque chose, elle qui mit, mais parfaitement en vain, tout son matériel et son personnel à la disposition du Ravitaillement, au moment où ce concours avait le moins de raisons d'être dédaigné.

N'importe! rien n'empêche qu'un acte nécessaire n'ait été accompli... quand il a été accompli.

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INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

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LÉS Fî^TREi^niÉjfiisl MobïrntîKS' ^v.>'

çonlro|o et d'iuspectiQU do chacun dés adhéroniH du Syndicat des Maisons à Succursales permet d'assurer rex(5r.Ulion des confrals, inlerdisanl sevôreineni, iu\x gt'u'anis toule inajoralion de prix et toute altérai ion do la inarchîmdise au pri\judice

' dos clicrils.

La création des reslatiiauls populaires peut avoir une iri(lueiH*o pour r(*}^leniciiler le coiit do la vie, en cerinius ([u.irlirrs oiivriers, mais la fondation de nouvelles har.Kju^^s esl. iînilih^ parloul. où il existe des (]o(>|)<'ralives (M. di^s Maisons à Suo

V çursales nnilliples, |hirce {\\n^ ees oi-}^anisali(Uis reinpiissenl., sans frais pour ri^^lat, le même roie régulateur.

I^ublicild (les p?'ix.

Notre {^rou|»einent a t(Mij(Mirs l'té «l'avis ([u'une publicité très jurande doit être rionnée aux jirix de vente de Ions les proJuils de |M*emiri'e nécessité. Ces prix devrai<Mit rUr. alli<li(''s dans toutes Ics Maisons de vente.

C'est, (Tailleurs, sur Tinsislaru-e de nos Maisons, que le dé<*ret inip(»sant ralliidia^c» des piix avait été rendu.

.., r.Non seulemeni les prix sontaffiehés dans toutes ' léâ Maisons de vente dépeiulant de notre {groupement, niais encore les pro[)riétaires de ces M(iisons publient cha(|ue semaine, dans le journal ^quotidien de leur région, les cours de ces denrées» en portant à la connaissance du public les prix

'pratiqués dan^ |eura Succursales. Les Maisonàijui

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LA VIE CHERE COMBATTUE

ont eu cette initiative, alors qu'elle n'était pas imposée, ont entendu, non pas faire de la réclame, — car nul n'ignore qu'il n'est pas besoin de réclame en ce moment pour vendre les denrées nécessaires à la vie — mais bien remplir un rôle social dont l'utilité ne saurait être méconnue.

Au résumé, le Gro ipement de V Union des E?itreprises Modernes et le Syndicat des Maisons d'Alimentation à Succursales, pris de noble émulation, entendent apporter, comme les Coopératives, leur concours contre la vie chère. Elles peuvent le faire par des moyens dont l'efficacité ne peut être mise en doute, étant donnée l'importance considérable que les Maisons à Succursales multiples ont conquise dans le pays ; si l'on considère que le chiffre d'affaires des Coopératives est très éloigné du chiffre total des transactions intérieures, le rôle des Maisons Modernes d'Alimentation est autrement opérant.

Il appartient au Gouvernement de dire s'il entend que le Groupement parachève son œuvre.

Malheureusement, les actes les plus désintéressés n'ont pas toujours l'accueil qui devrait leur être réservé, — à cause de la bureaucratie, inapte aies comprendre. La Maison Olida, en particulier, en sait quelque chose, elle qui mit, mais parfaitement en vain, tout son matériel et son personnel à la disposition du Ravitaillement, au moment oii ce concours avait le moins de raisons d'être dédaigné.

N'importe! rien n'empêche qu'un acte nécessaire n'ait été accompli... quand il a été accompli.

Et c'est pourquoi nous ne désespérons pas de lire à V Officiel, à une date qui nous est inconnue, le discours d'un ministre qui, épris de justice autant que de vérité, s'écriera :

« Mais je manquerais à mon devoir si, comme Ministre du Commerce et du Ravitaillement, je ne venais ici rendre un hommage complet, absolu, à l'aide que, pendant la guerre, et surtout après, j'ai trouvée et que j'aurais pu trouver davantage encore, auprès du commerce français organisé.

« En ce moment, on jette de tous côtés de la boue au commerce français, aux commerçants de gros, aux commerçants de détail, aux Maisons à Succursales, aux magasins les plus divers, qu'il s'agisse des fruits, des viandes, des huiles, des vins, du lait. On accuse tous les jours le commerce français de détourner le Pactole à son profit. Eh bien! je sais que, dans notre situation économique déséquilibrée, le commerce moderne, bien qu'il n'ait rien à vendre, a constitué des œuvres de solidarité que vous ignorez, mais que je connais. « Nous avons favorisé les Coopératives; nous les avons dotées de privilèges; mais je considère que ceux qui ont vendu les denrées de première nécessité aux prix des Coopératives, en n'ayant ni avantages, ni privilèges, dépouillés qu'ils étaient souvent de leur matériel d'exploitation réquisitionné pour des concurrents; que ceux-là, dis-je, ont autant et plus de mérite que les Coopératives. <( Je dis ce que je pense i>.

Le groupement par affinités.

Les Entreprises Modernes, hier, s'ignoraient totalement entre elles. Aujourd'hui, elles ne se connaissent encore que très peu. Elles ne savent donc pas tout le parti qu'elles pourraient tirer d'une solidarité absente. Celles qui se connaissent et commencent à se sentir les coudes, ce sont les Maisons à Succursales de tout genre. Les Grands Magasins et les Banques ont l'air de dire présomptueusement : « Nous nous suffisons à nousmêmes ! » Et puis, ce sont des potentats ; les autres, à leurs yeux, ne sont que de la poussière de grosses affaires. Ils changeront d'avis. Le temps se chargera de leur dessiller les yeux.

En attendant, il nous plaît de reconnaître ici que les Maisons à Succursales se sont pliées docilement à l'exécution de toutes les lois sociales, en mettant à la base de leur fonctionnement le principe d'humanité. Cependant, force nous est

LB GROUPEMENT PAR AFFINITES

de reconnaître que ces lois sociales entraînaient une augmentation de frais assez considérable.

La loi sur les accidents, qui s'applique à tous les employés et ouvriers de la Maison-Mère; les lois sur le repos hebdomadaire, sur la limitation des heures de travail, sur les retraites ouvrières, avaient occasionné aux Maisons à Succursales des dépenses supplémentaires imprévues; personne n'avait, d'ailleurs, songé à en critiquer l'application. Tous les Etablissements suivant la voie du progrès, se refusaient à voir, avec un regret quelconque, les avantages accordés à leurs collaborateurs.

Le plus grand nombre de ces Etablissements avait-il attendu l'apparition de ces lois, pour en subir les obligations?... Non! La majorité d'entre v eux, même, les avait dépassées. En beaucoup d'endroits, le personnel participait aux bénéfices, comme aux Docks Rémois, aux Comptoirs français, chez Olida. Chez les uns, un pourcentage des bénéfices est réservé au personnel; chez les autres, sont allouées des gratifications, proportionnelles à l'ancienneté et aux services rendus ; une troisième catégorie, enfin, a songé à accorder de véritables Actions de Travail. Chaque employé ayant un certain nombre d'années de présence, touche, selon sa situation, les services rendus et l'ancienneté, un revenu égal à celui d'un certain nombre d'actions de capital. Si le dividende baisse, la )art diminue; s'il augmente, elle augmente dans .a même proportion.

Nous ne saurions trop appeler l'attention sur

ces Actions du Travail. Grâce à elles, l'employé n'est plus un étranger dans la maison ; il est chez lui; il est un actionnaire, c'est-à-dire un copro- 3riétaire; participer aux gains, c'est-à-dire à la 3onne fortune; participer aux diminutions des mauvais jours, c'est suffisant pour resserrer des liens, trop lâches auparavant. Il va de soi que cette situation doit se traduire par un supplément d'initiative et de dévouement. Un des Grands Magasins de Paris qui, lors de sa mise récente en Société, a eu la pensée, à la fois ingénieuse et habile, d'attribuer un certain nombre d'actions à ses employés, a aussitôt constaté un accroissement dans le rendement en travail de ces derniers. En Angleterre, la pratique des actions « Defered », qui ne sont pas données gratuitement, mais émises à très bas prix, un schelling, par exemple, est susceptible d'aboutir au même résultat. Mais, naturellement, ces systèmes ne peuvent être employés que dans des Etablissements constitués en Sociétés par actions. Nous verrons mieux encore. Nous verrons les Entreprises Modernes devenir des entreprises à participation d'employés et d'ouvriers, selon l'esprit de la loi votée l'an dernier par le Sénat et magistralement rapportée par Charles Deloncle.

En attendant, nous croyons bon de proclamer que là ne s'arrêtent pas les œuvres sociales des Maisons à Succursales. Il en est d'autres. Beaucoup accordent une allocation spéciale aux pères de familles nombreuses. Certaines donnent un supplément trimestriel pour un nombre d'enfants

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dépassant deux; d'autres, une allocation pour tous les enfants, lorsque leur nombre atteint trois. Quelques-unes exigent que ces allocations soient employées à améliorer les logements, et réclament, en échange de cette subvention, que le nombre des pièces du logement soit proportionnel au nombre de personnes qui l'habitent. Toutes paient, intégralement ou en partie, les appointements du personnel pendant les périodes d'exercices militaires.

Des Caisses de Secours ou des Sociétés de Secours mutuels fonctionnent avec l'aide des patrons; elles existent presque partout. Des secours ou des allocations sont accordés aux femmes en couches. Les appointements, un mois avant, un mois après l'accouchement, sont payés presque généralement; les services médicaux et )harmaceutiques et l'allaitement maternel sont argement subventionnés. D'autres, enfin, allouent une somme fixe, à titre de subvention, lors de l'accouchement. C'est un acheminement vers le mieux.

Une dernière remarque s'impose : certaines Maisons, qui font la boulangerie, ont supprimé le travail des bras et l'ont remplacé par le travail mécanique ; ce travail mécanique est ordinairement un travail de jour et non un travail de nuit. Le petit commerce, on le sait, a toujours été réfractaire, d'une façon absolue, à cette réforme, inspirée parle double but d'hygiène et d'humanité.

Qui donc osera nier l'influence décisive des formes caractéritisques de l'économie moderne,

LE GROUPEMENT PAR AFFINITES

sur l'élévation du niveau moral des salariés d'aujourd'hui?... N'arriveront-ils pas à dépasser sensiblement le niveau ordinaire de leur propre classe?... L'augmentation du bien-être éloigne celui qui travaille, des stades de l'esclavage.

Les conquêtes de ce monde, qu'on appelait hier prolétarien, sont un pas en avant dans les voies civilisatrices; elles sont les suites logiques de l'évolution capitaliste, puisqu'on les signale dès que la grande industrie ou le grand commerce entrent en scène.

La tendance à augmenter les salaires et les divers avantages susceptibles d'être retirés par l'ouvrier ou l'employé, en vue de l'obtention d'un maximum ; la tendance à diminuer la longueur du travail de la journée, à soulager la femme et l'enfant en les remplaçant, dans les besognes pénibles, par l'homme à qui l'on supprime le travail de nuit, ou par la machine, creusera le tombeau des forces de discorde qui, sous l'étiquette révolutionnaire, s'organisaient, prenaient conscience de leurs moyens, en constituant, dans les entrailles de la société, l'embryon des revendications les plus outrancières et même les germes de l'anarchie la plus redoutable.

D'ailleurs, les formes caractéristiques de l'économie moderne, c'est-à-dire les entreprises de concentration, auront d'autant plus d'essor et toucheront d'autant mieux au but, qu'elles seront secondées par ceux qui travaillent pour elles. L'homme qui les aide, qui les sert, qui se dévoue pour elles, n'est pas qu'un instrument qu'on paie

LE GROUPEMENT PAR AFFINITÉS

en salaire argent, sans s'inquiéter davantage. C'est un être sensible, qui pense et a besoin de la sollicitude des autres, plus riches, plus puissants que lui. Qu'on le traite en homme, et Ton éveille en lui tous les sentiments de solidarité et de dévouement.

Ces modalités nouvelles, nous le répétons, seront le fruit de révolution économique, pour le plus grand profit particulier, dans l'accroissement de la fortune générale et dans Tharmonie qui, demain, régira la nation tout entière.

Le fonctionnement des Maisons à Succursales et leur immense développement ont certainement amélioré la condition des travailleurs occupés à produire les articles vendus, parce qu'elles ont contribué à augmenter la consommation d'un grand nombre d'articles qui étaient précédemment cédés chèrement par le commerce de détail. Gela est vrai surtout pour les articles de mercerie, bonneterie et confection de travail.

Ce résultat a été obtenu, non pas tant par des réductions sur les prix de vente des industriels producteurs, que par la suppression d'un intermédiaire inutile, comme nous l'avons expliqué.

Au reste, pour le détail et les chiffres qui pourraient être complétés, nous renvoyons le lecteur au chapitre spécial et documentaire que nous avons consacré à ce sujet, dans la Guerre, le Commerce français et les Consommateurs,

Ceci dit, il nous plaît également de constater que les Entreprises Modernes sont susceptibles de constituer le premier des groupements par

affinités, capable, dans Tavenir, d'avoir l'ampleur d'un autre groupement qui naquit aussi et se développa par affinités : la Confédération générale du Travail.

Les temps s'y prêtent. Un coup d'œil, sur le présent comme sur le passé, nous le fera mieux comprendre.

Les groupements, quels qu'ils soient, ne naissent que sous le souffle de l'esprit corporatif. L'esprit corporatif n'éclôt que sous l'impulsion des nécessités. Où les nécessités, en premier lieu, se sont-elles fait sentir?... Elles se sont fait sentir, non point parmi les classes privilégiées tout d'abord; et les classes moyennes nous apparaissent comme des classes hier encore privilégiées r elles l'étaient parce qu'on y vivait, parce qu'on s'y enrichissait, qu'on y était heureux dans l'indépendance. Pendant ce temps, les classes inférieures, celles de la main-d'œuvre proprement dite, du labeur plus exactement, souffraient autant de leur assujettissement que de la médiocrité des salaires. Aussi est-ce chez elles que se manifestèrent les premiers actes ou les premiers élans de la solidarité.

Les Syndicats étaient nés. La C. G. T. allaitvenir.

Tous les Syndicats, à l'origine, qu'ils soient ouvriers ou qu'ils soient patronaux, ne sont que des associations plus ou moins fraternelles, plus ou moins empreintes de mutualité, et pour lesquelles l'Etat représente la Providence tangible, celle qui, dédaignant les sphères éthérées, élit domicile sur la terre. Et, comme il est d'usage de

prier la Providence pour en obtenir quelque chose, — une faveur — on professe, à l'égard d'elle, les intentions les plus pures et les plus bienveillantes. C'est logique, puisqu'on en attend la manne. Et Ton n'attend pas toujours en vain ; on arrache à Marianne tout ce qu'on peut lui prendre : privilèges, exemptions. Certains vont jusqu'à solliciter des subventions, sans se douter que l'argent sorti de ses coffres, par l'Etat, est versé par eux-mêmes. En un mot, comme en mille, toute la politique syndicale consistait à se délivrer d'une part d'impôts pour la rejeter sur les épaules du voisin. Les petits commerçants le savent bien.

L'esprit de lutte ne vint qu'ensuite. Il vint lorsque les éléments plus riches, qui professaient un individualisme plus ou moins accentué, constatèrent qu'ils payaient le tribut imposé par une telle action. Naturellement, ils regimbèrent et s'unirent pareillement. Mais les premières organisations avaient de l'avance à l'allumage ; elles possédaient un fonctionnement perfectionné par les leçons de l'expérience; les dernières considérèrent qu'il ne fallait pas entamer de lutte avec l'Etat; elles débutèrent comme avaient débuté les plus anciennes qui, à la faveur de leur évolution, prenaient des directions plus ou moins diamétralement opposées. Et c'est ainsi que, tandis que les syndicats ouvriers exerçaient une pression continue et violente sur nos dirigeants, les syndicats commerciaux et industriels apparaissaient comme les boucliers du régime.

LE GROUPEMENT PAR AFFINITÉS 241

L'esprit corporatif, dans ses manifestations rudimentaires, n'atteint pas son but; il empêche, ainsi entendu, l'évolution de l'individu et celle des sociétés. Oui, nous avons besoin d'entente, d'harmonie, de bonne volonté, d'association. Mais nous avons besoin de l'entente raisonnée et généralisée; de l'harmonie où chaque individu, en souscrivant à tout ce qui peut engendrer cette harmonie, sera lui-même un rouage harmonieuxde la bonne volonté sans cesse agissante, pour le triomphe des grands principes qui revêtent un caractère d'universahté ; d'association, pour l'avènement définitif de la Liberté et de la Justice, les deux seuls points d'un programme susceptible * d'être admis par tous les hommes, le reste n'étant que des mots ronflants, propres à endormir les masses ou bien à les induire en erreur.

Il est, je crois, irréfutablement admis que la naissance du syndicalisme a ses racines dans l'identité du besoin matériel et moral. Plus le besoin matériel et moral sera intense, plus le syndicalisme apparaîtra fort à ses débuts; c'est ce besoin matériel et moral exacerbé qui, seul, fera admettre les deux grands principes dont j'ai parlé, dégageant l'association des basses convoitises individuelles et de la recherche des satisfactions particulières. Seul, ce programme pourtant restreint, en empêchant la perte des convictions personnelles, les fortifiera, parce que, seul, il est à même de développer dans un sens identique la conscience de chacun, au détriment de la conscience de classe, qui se développe excellemment

LE GROUPEMENT PAR AFFINITES

dans le privilège, lequel, en tout cas, ne peut jamais être que temporaire.

La liberté pour tous, pleine et entière; la justice pour tous, pleine et entière, élargissant les horizons que rétrécit, au contraire, Tidée égalitaire, la plus saugrenue des idées que nous ayons professées, et qui se range d'emblée dans le domaine, sinon de la fadaise, du moins de Futopie. C'est la vision nette de Texacte signification de ces deux vocables, qui empêchera les hommes de vivre, politiquement et économiquement, avec l'application funeste de mots d'ordre incompris — et d'autant plus pernicieux, qu'ils sont incompris.

Lorsque les petits commerçants et les petits industriels s'unissaient pour handicaper leurs concurrents devenus grands, ils ne travaillaient que pour un nivellement impossible; ils enlevaient à certains d'entre eux la faculté de prospérer comme d'autres avaient prospéré; ils se préparaient à supporter des charges nouvelles qu'on devait créer pour satisfaire au besoin de justice, d'équihbre fiscal • de proportionnalité fiscale, pour mieux dire. Persévérant dans cette voie, ils fussent arrivés à la complète négation de l'effort, alors qu'ils croyaient faire décréter la consécration de leur droit de vivre. Avoir le droit de vivre, ce n'est point avoir le pouvoir d'atrophier les autres, d'enrayer la concurrence, de « tuer ^ les concurrents, selon la brutale expression de Georges Berry. Le syndicat, dans ces conditions, pour les humbles du monde économique, pouvait ressembler au vestibule du paradis où Ton a la vie douce, facile,

éternelle ; il n'était cependant que la pauvre antichambre de la médiocrité.

L'organisation des uns, quand elle a pour objectif la paralysie de l'énergie des autres, la mort de leurs initiatives, est la chose la plus mauvaise qui soit. Elle a fait le jeu de politiciens néfastes, au détriment de l'intérêt général. Elle a développé le goût du bafouillage dans les assemblées parlementaires, et aussi cet amour inné que nous avons pour les enquêtes stériles, la paperasserie inutile, les formulaires oiseux, les questionnaires tendancieux. Que de temps perdu, que d'argent dépensé à cause de ce syndicalisme naissant, gonflé d'erreurs naïves et de sottes prétentions !

Si le rond-de-cuirisme triomphe ; s'il est la plante vénéneuse qui a des racines pivotantes au cœur même de la nation, c'est ce syndicalisme étroit qui en est cause. C'est l'autre qui fera éclore les idées généreuses et préparera les moissons d'enthousiasme, parce qu'il a pour fondement l'idéal; qu'il contient les germes de l'émotion, et que la Liberté dont on nous a déshabitués, la Justice dont nous n'avons vu que des parodies, seules, sont les signes du Progrès, c'est-à-dire l'acheminement vers le mieux.

Le bon sens commande de ne pas envisager un autre plan de campagne. A cette condition unique, l'esprit syndicaliste ne se confondra pas avec l'esprit de r^^action.

L'esprit corporatif étroit n'est pas un élément de vigueur morale ; il se manifeste, à bref délai,

comme un élément de faiblesse. Toutes les corporations, groupées, réunies pour Tavènement définitif de la liberté, laisseraient aux individus la j| plénitude de leurs aspirations, objectif précis, avec, pour pendant, une justice certaine; voilà qui créerait la véritable union, dotée de la véritable force. Une institution, quelle qu'elle soit, prouve sa valeur en existant par elle-même. L'Union des Entreprises Modernes peut être pourvue de ressources suffisantes pour étendre son action avec toute l'intensité désirable. Elle se fortifiera de l'adhésion de tous ceux qui, étant commerçants ou industriels, se sentent véritablement des hommes. Elle peut, avec de la persévérance, devenir

la C. G. P.

L'union des travailleurs qu'est la C. G. T., s'est'' donné comme buts ultimes, la suppression du patronat et du salariat.

Comme l'a dit excellemment M. Georges Darien : il suffit de réfléchir un moment pour comprendre que ce sont là deux objectifs qui resteront toujours hors d'atteinte. Le patronat est constitué par ce . fait qu'un certain individu, prenant la direction d'une certaine entreprise, demande le concours payé d'autres hommes pour l'aider à réaliser son dessein. A moins d'être fou, on est forcé d'admettre qu'un pareil fait, qui n'a rien que de très naturel, se reproduira fatalement tant que les hommes resteront des êtres à intellects différents et à des aptitudes variées. Tout ce qu'on peut demander, et très justement, c'est que le patron ne soit pas maître d'imposer ses conditions, et que

LE GROUPEMENT PAR AFFINITES

l'employé ne soit pas obligé d'accepter une occupation et un prix qui lui déplaisent. C'est ici la question de la Liberté du Travail.

Le salariat est constitué par ce fait qu'un individu reçoit une certaine rémunération pour un certain travail. Tout homme sensé reconnaîtra qu'il n'existe aucune raison pour qu'un pareil fait cesse de se produire. Ce qu'on peut exiger, et très naturellement, c'est que le travailleur reçoive tout son salaire.

Or, avec notre système fiscal actuel, le travailleur ne peut disposer que d'une partie de son salaire. Les impôts indirects lui en prennent la plus grande partie, alors que l'impôt proprement dit pénalise l'intelligence, l'initiative, le labeur, Teffort.

Le premier souci d'une C. G. P. devrait donc être de concevoir un système d'impôt plus équilable et qui ne handicape point le savoir-faire individuel et collectif. Nous verrons comment. Cet impôt, une fois établi, il apparaîtra clairement à l'ouvrier que, s'il gagne dix francs, ces dix francslà sont bien à lui et que nul gabelou ne lui en ravira une part qu'il ne connaît pas.

La C. G. P. travaillant dans l'intérêt général, rallierait vite toutes les sympathies. Quand on veut réaliser plus de liberté et plus de justice, on lutte pour l'obtention de réalités tangibles, et le succès est au bout.

L'organisation, certes, est la moitié du triomphe, mais elle n'est le triomphe tout entier que si elle a pour devise : Liberté, Justice.

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Liberté de produire, de vendre, d'acheter.

Justice dans Timpôt.

La question sociale est là tout entière. Elle ne peut être ailleurs. Tout le reste n'est que diversion. C'est au groupement par aftinités qu'il appartiendra de le démontrer.

En attendant, les timorés et les esprits plus ou moins chagrins s'émeuvent de la coordination qui existe dans les mouvements des syndicats ouvriers; les processionnaires aussi ont de la coordination dans leurs mouvements ; ils les exécutent avec ensemble. Cela n'appelle point le le miracle. Le monde reste le monde et l'erreur ne devient pas la vérité.

Toutefois, les regrets s^nt quand même motivés. Les classes dites moyennes sont incapables d'action comme les groupements de la C. G. T. Elles s'ignorent; leur cohésion reste la chimère; les individualités qui les composent, ne se sont pas encore unies. La cellule qui s'appelle le groupement, demeure une chose vague et problématique.

La biologie nous apprend que la vie, sur le globe, a commencé par la cellule ; c'est là que, réellement, elle a sa source. Les cellules s'agglomèrent, se créent des liens communs, des besoins communs, des moyens communs. Elles forment des êtres plus perfectionnés que l'amibe, mais dont l'existence végétative s'éternise. Peu à peu, l'animal apparaît, dont les actions sont déterminées ; le plus perfectionné, c'est l'homme, composé de 36 trillions de cellules qui se renouvellent périodiquement tous les trois lustres.

Notre vie morale doit être l'image, le reflet de notre vie physique. Des cellules sociales se sont agglomérées depuis de nombreuses années ; ce sont celles chez lesquelles les besoins étaient plus évidents, et les nécessités, plus impérieuses. C'étaient les travailleurs. Les liens communs sont nés ; les besoins communs furent reconnus ; les moyens communs commencent à se déterminer. L'agglomérat de cellules fonctionne à la Bourse du Travail ; comme la pieuvre, il a une tête ; comme elle encore, il a des tentacules. C'est par là qu'il ressemble à l'État, dont on pourrait étudier les analogies de formation.

Les classes moyennes, elles, pendant ce temps, cellules indépendantes, amibes humaines, ont continué à alimenter leur existence propre dans le milieu dans lequel elles évoluaient, et qui était riche de substances. Le besoin ne les a pas rapprochées ; le lien commun ne s'est pas créé; à présent, elles souffrent, et le moyen commun d'action n'apparaît pas. Il ne s'improvise guère. Ce sont les décades qui s'écouleront, qui forgeront tout ce que l'absence de nécessités empêcha.

Toutes les innovations récentes : ligues économiques, fédérations, tentatives de C. G. P. ou de Confédération générale du Commerce et de l'Industrie, ne sont que les soubresauts de cellules menacées. Il n'y a rien là qui soit viable.

Les apeurés se rapprochent, veulent se sentir les coudes, mais le frottement est imaginaire; les cloisons subsistent; nul protoplasme ne circule encore, d'ici à là, par le phénomène d'endosmose

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OU d'exosmose sociale. C'est ainsi qu'on peut désigner les courants qui se manifestent dans Forganisation ouvrière ; c'est le temps seul qui les déterniine. C'est pourquoi les résultats seront lom d'égaler les espoirs de quelques apôtres ou de quelques promoteurs. L'indifférence n'est pas un mot ; c'est une chose qui ne se secoue pas aisément. L'égoïsme triomphe ; la guerre l'a porté à son paroxysme de floraison. Il faut le temps des épreuves pour faire mûrir les aspirations de quelques précurseurs, et les fruits ne sont que le produit des saisons écoulées.

Mortes avant de naître, C. G. P. ou C. G. C. I. ?... Mon Dieu, oui!,.. Elles n'écloront point viablement d'un assemblage spontané d éléments hybrides, apeurés. Une masse hétérogène ne peut se doter d'une vie parfaite, mais tout au plus d'une vie factice et provisoire. Donc, elles dépériront, sans avoir travaillé d'une façon effective et utile. Ce n'est point d'une alliance rapide de Compagnies d'Assurances, de Compagnies Commerciales et Industrielles, de boulangers, de bouchers, de charcutiers et de tailleurs, qu'elles surgiront! Elles ne peuvent surgir, l'une à l'exclusion de l'autre, que du groupement par affinités. L'affinité crée l'attraction; 1 absence d'affinité engendre l'inertie ou la répulsion. Des circonstances passagères peuvent inciter des esprits non prévenus à ^croire le contraire ; il n'en est rien. Ma proposition subsiste, intégrale.

Alors, quoi?... Faut-il, calmes, indifférents, résignés, faisant contre fortune bon cœur, tendre

le dos, attendre le coup fatal, les conséquences de l'initiative brutale qui menace de tuer les classes moyennes, comme une goutte de vitriol tuerait une cellule isolée?... Non point. Toutes les tentatives sont bonnes, à défaut d'être heureuses ; toutes, elles méritent d'être encouragées, parce qu'elles démontreront mieux que la seule façon d'enfanter la chose qui manque, c'est de créer le grand groupement par affinités. Si le mouvement part d'en 3as, les affinités ne se manifesteront jamais. Quelles affinités pourraient se manifester autour des fabricants de poudre insecticide, par exemple? Il n'en serait point de même autour des droguistes, qui vendent de la poudre insecticide, parce qu'ils écoulent, parallèlement, en même temps, cent autres produits que fabriquent cent autres catégories sociales. Mon raisonnement serait identique si je l'appliquais, soit à la charcuterie, soit à la boulangerie, quoique cette dernière puisse rallier de nombreux éléments de la production.

Non. Le mouvement doit partir d'en haut, de chez ceux qui vendent, non pas cent produits, comme le droguiste, mais mille produits différents. Pour être plus clair, il doit partir de l'union de tous les puissants organismes de répartition. Ils sont trois ou quatre : grands magasins, maisons à succursales, bazars, firmes ayant l'ambition de réaliser, dans l'avenir, une forme commerciale moderne. L'affinité, là, existe ; elle n'a pas besoin d'être créée ; le législateur lui-même l'a provoquée par les lois d'exception. Cela réunit le monde de la nouveauté, celui de l'alimentation solide et

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liquide, celui de la chaussure; que saîs-je?... la plus grande partie de l'activité nationale, en un mot.

Prenons un seul élément : la nouveauté. Que peut-il rassembler?... Il peut rassembler, non seulement les gens de la Chambre syndicale du même nom, mais les tisseurs, mais les filateurs, mais jusqu'aux producteurs de lin, de chanvre, de jute, etc.; mais les tailleurs, qui se divisent en tailleurs pour hommes et en tailleurs pour dames ; autour des uns et des autres viendraient se ranger la passementerie, l'industrie du bouton, de la bretelle, les rubaniers, la mode, la plume, les industries de la plume, etc. On voit d'ici les conséquences.

Le grand groupement, cellule viable, serait la base de tout. Riche, il pourrait faire sa propagande ; composé des as de l'échange et de la fabrication, les idées pratiques ne lui feraient pas défaut. Il rayonnerait. Il serait un centre de mouvement, donc d'attraction. Une à une, toutes les spécialités pourraient venir se fondre en lui. L'organisme, peu à peu, pourrait prétendre à devenir G. G. P. Gela demanderait dix ans, vingt ans; qu'importe? La chose serait en route. Et c'est bien là l'essentiel.

Oui, mais les petits n'aiment pas les grands, il est vrai que les grands méprisent les petits. Les grands ne s'aiment pas entre eux ; ils ne s'estiment pas toujours. Ils vivent isolés. La tour d'ivoire leur suffit. Quand elle sera véritablement assiégée, ils pleureront d'y être enfermés. G'est la misère

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commune qui créera l'agglomération tardive des cellules viables, le besoin commun, les liens communs, les moyens communs, par l'appHcation raisonnée du phénomène d'endosmose et d'exosmose sociale, dont j'ai l'honneur de poser le principe.

En face d'une situation nouvelle.

Le bouleversement est complet dans Torganisation économique et sociale. Il y a des gens intelligents qui s'en effarent. Il y en a qui jouissent et qui, comme Louis XV, se disent en a parte : « La France est une bonne machine ; elle marche toute seule; elle marchera bien autant que moi. Après moi, le déluge ! )> Ces derniers semblent être la majorité; c'est par eux que nous souffrons. C'est leur indifférence qui nous accable; c'est leur apathie, jointe à l'exacerbement de leur égoïsme, qui nous fera mourir, si nous n'y prenons garde.

Secouons l'apathie ! Bannissons l'indifférence I Ecrasons Tégoïsme ! Ce sont nos seules entraves • elles sont pires que celles dressées par l'ancien régime. L'industrie et le commerce ne doivent avoir, pour objectif et pour idéal, que les seules lois établies par le régime de lalibre concurrence ;

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