‹ Les entreprises modernes [microform]. Le grand commerce de détailChapitre 21 sur 23 · CN OBSTACLE SURGIRA-T-IL · texte numérisé non relu

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la terre devienne la terre classique où s'épanouit le fonctionnarisme à outrance.

Le temps est passé, durant lequel les classes élevées considérèrent les classes stagnantes comme le tampon nécessaire à leur protection; demain, celles-là s'apercevront que celles-ci ne sont que des cadavres ou des agonisants qui barrent la route du progrès, sur laquelle les vivants d'en haut et les vivants d'en bas prétendent s'acheminer. Au reste, elles auraient déjà dû s'en apercevoir depuis longtemps. N'ayant d'autre souci que celui de leur consolidation, elles n'adhérèrent pas, dans le passé, aux lois sociales, du moins de bon cœur. Comment y adhéreraient-elles aujourd'hui et demain?... Elles sont la barrière à notre américanisation; ce sont elles qui fulminent contre la ploutocratie embryonnaire ou, plutôt, en perspective; ce sont elles, en attendant, qui assurent le règne de l'argent, puisque le bas de laine, à leur sens, leur constitue des droits absolus et qu'elles empêchent la seule idée logique de se répandre : à savoir que la propriété est d'origine sociale, ce qui assure le règne de l'impôt indirect, qui sera cause des révolutions prochaines, en maintenant l'ignorance de ce que serait l'impôt sur la valeur du sol, lequel nous délivrerait de tous les autres.

Comment ces gens-là feraient-ils éventuellement cause commune avec ceux des Entreprises Modernes? Grâce à eux, la jalousie, l'envie, les communes rivalités, resteront les seules boussoles de la nef française; l'émulation n'est ni dans leur idéal, ni dans leur programme; ils continueront

à représenter le cheval ayant voulu se venger du cerf, et ne seront jamais un élément d'ordre et de progrès.

Ils continueront à traiter d'accapareurs ceux qui s(^nt plus habiles qu'ils ne le sont eux-mêmes. Celui qui fait des millions d'affaires sera, comme )ar le passé, accusé de hâter le retour du régime •éodal. Comme le comité d'action du commerce de détail du Havre, ils menaceront de faire la grève de l'impôt, si l'on ne fait droit à leurs revendications particulières; ils n'iront pas jusqu'à faire comme « les vignerons de la Champagne », lesquels, on s'en souvient, plantèrent quelque drapeau allemand sur leur mairie, en appelant Guillaume le bandit à leur secours.

Cela importe peu ; les événements l'ont démontré et le démontreront.

Au reste, dans les classes moyennes, il est des éléments pour qui les conflits matériels apparaissent comme suffisamment ridicules pour ne plus exister. Dans une société en progrès, il ne devrait y avoir que des conflits d'idéals. L'idée de justice a tout de même pénétré les grandes masses humaines. Elle deviendra le ressort de leur existence. Quant à l'idée de liberté, elle a grandi, puis on l'a détruite ; la voici qui renaît. Nous nous apercevons tous de ce que, de tous les pays civilisés, la France, comme le dit Georges Darien, est certainement la moins libre. La centralisation y a été poussée jusqu'à l'insanité. Le despotisme anonyme, installé à Paris, domine tout le territoire. L'autonomie des provinces ou des communes est

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inconnue. La liberté individuelle n'existe pas. O'n ignore, sans exception, toutes les institutions démocratiques. Le citoyen ne possède aucune garantie contre les abus de l'administration ou du pouvoir central. Le système politique remplace toute responsabilité par Tarbitraire. La justice a deux mesures, deux poids, des balances faussées. Le privilège triomphe insolemment. L'inégalité la plus atroce règne dans la taxation. Les tarifs douaniers sont absurdes. L'impôt frappe impitoyablement certaines productions, au détriment d'autres commerces et d'autres industries. Népotisme partout. Les charges écrasent les malheureux. Le protectionnisme, qui enrichit des coquins ou des paresseux, en est la cause. Il faut que cela change.

L'agglomération de machines humaines que nous sommes, mises en mouvement par un rouage central au pouvoir mystérieux, a besoin d'un lien. L'absence de. liens enfraîne l'absence d'individus, de consciences, de personnalités; elle ne tarderait pas à remplacer par du néant, avec un peu de vide autour, un peuple qui pourrait être grand, très grand, dans l'avenir.

Il faut vivre! Pour vivre, il faut s'entendre, il faut de l'harmonie. Dans le monde du capital, c'est la G. G. P., issue du groupement par affinités, qui la donnera, cette harmonie, parce que ces affinités sont, en quelque sorte, l'émanation supérieure des classes moyennes en progrès, malgré tout. G. G. T., d'une part; G. G. P., de l'autre : voilà l'équilibre, les deux roues du char

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