II. Le canal vagino-péritonéal
Quoiqu'il en soit, la cavité vaginale est donc une dépendance de la grande cavité abdominale; elles communiquent l'une avec l'autre par l'intermédiaire d'un canal étroit, derrière lequel cheminent les éléments du cordon : ce canal est dénommé canal vagino-péritonéal. Chez la plupart des sujets, le canal vagino-péritonéal s'oblitère bientôt par adhérence, par fusion de ses parois — du côté gauche d'abord, d'après Wrisberg — et dans le cours du premier mois, plus tôt quelquefois, la poche vaginale, désormais fermée, a perdu toute communication avec le péritoine. Cette oblitération se produit seulement chez l'homme et, au dire de Godard (1), sur le chimpanzé d'Afrique; chez tous les autres animaux, le canal vagino-péritonéal reste perméable. On ignore absolument la véritable cause de ce processus adhésif auquel est soumis la vaginale de
(1) E. Godard : Loco cilato.
— ua —
FiG. 14 et là.
3CIIKMA3 POUn MONTUER LA DESCENTE DU TESTICULE
(d'après IIehïwig).
1 : Scrotum. — 2 : Tissu cellulaire et dartos. — 3 : Paroi musculaire df; l'abdomen et crémasler. — 4 : l'éritoinc et va^rinale. — a : Orifice Inguinal. — l et cd : Testicule et canal déférent.
l'homme : ilparuîl, vi-aisemblable que l'attiLude bipède n'y est pas étrangère.
Dans certains cas, cependant, l'oblitération ne s'opère pas ou bien elle s'opère incomplètement : l'anomalie reproduit alors plus ou moins fidèlement chez l'homme la disposition qui est normale dans la série animale.
Les anomalies du canal vagino-péritonéal peuvent être classées de la façon suivante :
1° Ou bien il n'y a pas trace d'oblitération, et la communication reste complète entre la vaginale et le péritoine.
"2" Ou bien l'oblitération se produit en bas, près du testicule, et le canal reste perméable en haut, près du canal inguinal.
3" Ou bien l'oblitération se produit en haut, près du canal inguinal, et le canal reste perméable en bas, près du testicule.
4" Ou bien l'oblitération se produit en haut et en bas, mais le canal reste perméable dans une certaine étendue de son parcours intermédiaire.
5° Ou bien, enfin, le processus d'oblitération s'opère d'une façon irrégulière, par places, le canal vagino-péritonéal rappelant alors la forme d'un véritable chapelet avec ses dilatations et ses rétrécissements.
Toutes ces variétés ont été bien décrites par Jules Clo- QUET (i) :
Première variété. — La plus intéressante est la première, celle qui est caractérisée par la persistance totale du canal vagino-péritonéal. Ce canal vagino-péritonéal non oblitéré se présente sous deux formes : ou bien il est court, large et régulièrement calibré, ce qui est l'exception; ou bien il est long, étroit, alternativement dilaté et rétréci.^ C'est ce dernier type que Ramoinède ("2) a décrit dans sa thèse.
Le canal vagino-péritonéal commence, dans l'abdomen, par un repli péritonéal en forme de croissant transversal placé dans la fosse iliaque, derrière l'arcade crurale, audessous de l'orifice interne du canal inguinal, regardant
(1) Jules Cloquex : Loco ciLaLo, p. 40.
m LÉOPOLD li.vMONÈDE : Le canal périlonéo-vaginal et la hernie périr lonéo-vaginale étranglée chez l'adulte. Th. in Paris, 1883, n° lUl, p. lU.
en arrière et eu bas et appelé pli rétro-inyiiinal, puis il péuMre iluus le canal inguinal et s'engage enfin dans les bourses.
Dans son parcours, le canal vagino-péritonéal présente (rois dilatalions et trois rétrécissements : la première dilatation est située dans le ventre sous le pli rétro-inguinal : la seconde, dans le canal inguinal; la troisième, dans les bourses. Le premier rétrécissement est placé à l'emboucliure du canal, derrière l'arcade crurale; le second, au niveau de Torifice intérieur du canal inguinal; le troisième, au niveau de l'orifice extérieur de ce canal. Ces rétrécissements sont ordinairement annulaires, cylindricfues, en bague: quelquefois, au contraire, ils sont représentés par une valvule semi-lunaire ou un véritable diaphragme perforé à son centre.
Le canal vagino-péritonéal est absolument parallèle au canal déférent dont il est comme le satellite: il a donc sa direction et ses coudures. Il « joue librement » dans le tunnel inguinal et ne contracte d'adhérences ni avec ses parois ni avec ses orifices. Il est placé au-dessus et un peu en ayant des éléments du cordon dans le trajet inguinal: au niveau de l'aine, il est en avant d'eux; dans les bourses, il est en avant et un peu en dehors.
Deuxième variété. — Quand le canal vagino-péritonéal persiste dans sa partie supérieure, il n'a pas toujours la même longueur : quelquefois il dépasse l'orifice extérieur du canal inguinal ; quelquefois, au contraire, il reste enfermé dans l'intérieur de ce canal. Dans un cas comme dans l'autre, il est fréquent de voir faire suite à cet infundibulum péritonéal, un cordon plein, blanc, fibreux, qui descend vers les bourses.
Troisième variété. — Je renvoie l'étude de cette troisième variété au chapitre des diverticules de la vaginale où elle sera mieux placée.
^ Quatrième variété. — Le canal vagino-péritonéal, oblitère en haut et en bas, reste perméable, dans certains cas, au milieu de son parcours. Cette anomalie est ordinairement secondaire à celle que j'ai signalée dans la deuxième vanctc; elle survient lorsque l'orifice de communication entre le péritoine cl le canal vagino-péritonéal s'oblitère. C est elle qui produit, quand du liquide s'accumule dans ce segment du canal i.solé tout à la fois du péritoine et de la
vaginale, la maladie qu'on ai)pelle hydrocèle enkystée du cordon.
Cinquième variélé. — Le canal vagino-péritoncal est quelquefois dispose en chapelet: sur son trajet se superposent des rétrécissements et des dilatations irréguliers dont le siège et la disposition, n'obéissant à aucune loi, échappent à toute description schématique. Ces rétrécissements correspondent à des atrcsies complètes ou bien à de simples strictures. Suivant les cas, par conséquent, on peut, ou non, faire passer du liquide d'une des cavités dans l'autre.
J'ai fait des recherches sur le canal vagino-péritonéal : elles ne m'ont rien appris de nouveau. J. Cloquet, je le répète, en a très bien vu toutes les variétés ; Ramonède a décrit avec précision la disposition que présente la première d'entre elles.