III. — Disposition de la vaginale
X, Topographie du testicule et de soiN appareil
VASGULAIRE
Pour comprendre la disposition de la tunique vaginale, il faut bien connaître la topographie du testicule, de son canal excréteur et de son appareil vasculaire.
Les deux testicules sont situés dans les bourses, au fond du sac scrotal qui s'élargit pour les recevoir, et a travers les parois duquel leurs contours se dessinent.
Le testicule a la forme d'un ovo'ide, mais cet ovoïde n'est pas couché d'une façon indifférente dans a partie déclive de la poche qui le contient : il y est maintenu par ses vaisseaux et son canal excréteur ; les uns et les autres e suspendent au-devant du ventre et, tout en le laissant joun d'une grande mobihté, assurent la fixité de son orientation. Le testicule est en partie redressé par cet appareil qui le soutient et à l'extrémité duquel il se met en équilibre si bien qu'au lieu de tomber tout à fait horizonta ou tout a fait vertical au fond des bourses, il s'y dirige obliquement de haut en bas et d'avant en arrière.
Le testicule a la forme d'un ovoïde sur lequel on aurait exercé une double pression latérale, perpendiculaue a son 'îand axe de façon à l'aplatir un peu de dehors et en ledans et à lui donner deux faces et deux bords, ses deux
pôles, la tete et la queue, ne subissant aucune modification appréciable.
Par leur face interne, les deux testicules se regardent: par leur face externe, ils regardent chacun la cuisse qui losprotège. Comme ils sont obliques, leur pôle antérieur se redresse et pointe en haut, leur pôle postérieur s'allaisse et tombe en bas; leur bord antérieur est tourné en bas, vers les pieds, leur bord postérieur en haut, vers le ventre.
L'épididyme, premier segment du canal excréteur, repose sur le testicule, un peu comme est appliqué le cimier sur le casque; ily est nettement couché sur le versant externe de la glande, le long de son bord supérieur. Cet épididyme a une tete collée contre le pôle antérieur du testicule, une queue plaquée sur le pôle postérieur, et une portion intermédiaire appelée corps, ordinairement libre de toute adhérence avec la glande.
Dans le sens antéro-postérieur, l'épididyme est fixe par rapport au testicule ; dans le sens transversal il est, au contraire, mobile sur lui : telle, une calotte attachée au front et à l'occiput peut glisser sur la tête d'une oreille à l'autre. Mais les limites de ce déplacement transversal de l'épididyme, qui, du reste, n'intéresse guère que la portion intermédiaire, sont inégales pour les deux côtés : on peut, dans une certaine mesure, faire descendre l'épididyme sur la face externe du testicule, mais on lui en fait difficilement franchir le bord supérieur: il est donc assez mobile en dehors et peu mobile en dedans. Tous ces détails trouvent leur application dans l'étude anatomo-clinique des hydrocèles et des kystes péritesticulaires.
Une coupe perpendiculaire au grand axe de l'épididyme montre qu'il est aplati dans la plus grande partie de son étendue : sa face interne regarde le testicule, sa face externe la cuisse. Le bord interne est un peu épais, formant presque une vraie face quelquefois ; le bord externe est aigu, mince et s'effile en quelque sorte sur la face externe du testicule.
L'épididyme naît donc sur le pôle antérieur du testicule et se porte en arrière et en bas vers le pôle postérieur; il adhère à l'un et à l'autre. Puis, lise redresse brusquement, à angle fermé, et revient sur ses pas, comme pour refaire en sens inverse le trajet déjà parcouru ; mais, au point où
il rebrousse chemin, il perd son nom et désormais s'appelle canal délérent.
Ainsi donc, le canal déférent, né de la queue de l'épididyme, se dirige en avant et en haut, d'abord large et Ilexneux, côtoyant le bord interne de cet cpididyme auquel il adhère d'abord, mais dont il ne tarde pas à se séparer un peu. 11 aborde ainsi le faisceau vasculaire du testicule et alors, après un trajet de trois centimètres, se redresse, plus étroit, pour monter, au milieu des veines dont il est comme le tuteur, vers l'orifice extérieur du canal inguinal. Le canal déférent forme l'axe du cordon spermatique ; il est le satellite autour duquel on voit une artère descendre vers le testicule et des veines monter vers le ventre. Voici comment est constitué ce pédicule testiculaire : Au milieu chemine l'élément noble, le canal déférent, longé par une petite artère qui lui donne de nombreux et grêles rameaux, la déférentielle. Autour de lui se rangent les organes de nutrition du testicule, l'artère spermatique et les veines spermatiques. En avant, c'est un fouillis de veine? nombreuses, petites, richement anastomosées, pelotonnées en un gros paquet sur le flanc postérieur duquel serpente Tarière spermatique, assez volumineuse; même, cette artère est quelquefois emprisonnée par les branches d'arrière du plexus. Celles-ci sont formées de veines plus volumineuses, plus rares, peu anastomosées ; c'est même, sur quelques sujets, une seule grosse veine, le long de laquelle une artériole de petit calibre descend, l'artère du cordon, qui, tout autour des vaisseaux, éparpille ses rameaux ténus et nombreux, rameaux dont l'injection dessine des courbes élégantes au milieu du tissu cellulaire qui réunit les éléments de cet appareil vasculo-excréteur.
Les vaisseaux du testicule m'ont paru différer un peu chez l'homme de ceux que j'ai étudiés avec Arrou chez le cheval, le taureau, le bélier; mais, chez les uns et les autres, la topographie vasculaire répond au même dispositif. Les veines antérieures, qui débouchent de la proue du testicule, correspondent à ce que nous avons appelé chez ces animaux le lacis préfuniculaire ; les veines postérieures, celles qui émergent de la poupe, représentent ce que nous avons nommé la veine droite rétrofuniculaire.
Tous les vaisseaux qui desservent le testicule l'abordent par son bord postérieur, en dedans de l'épididyme: les
seines antérieures pénètrent clans le pôle antérieur en dedans et un peu en arrière de la léte de l'épididyme : Tarière s'enfonce dans le « dos » du testicule en dedans du corps de l'épididyme: les veines postérieures plongent dans le pôle postérieur en dedans de la queue de l'épididynie, quelques-unes en dehors du canal déférent, presque toutes en dedans de lui.
Et maintenant, nous sommes en mesure d'étudier sous quel aspect se présente le testicule vu sous ses différentes faces. Quand on regarde le testicule par sa face externe, l'épididyme apparaît dans toute sa longueur, coilfant le bord supérieur de la glande, cachant l'entrée des vaisseaux et masquant l'origine du canal déférent. Quand on regarde le testicule par sa face interne, on ne voit plus de l'épididyme que la tête ; seule, elle émerge en avant du plexus veineux; le corps en est caché par le paquet vasculaire, la queue par le canal déférent. Enfin, sur une coupe frontaie qui rase le bord postérieur du testicule et fauche les organes qui le pénètrent (je suppose le testicule Acrtical), on voit l'épididyme en dehors, et, en dedans, le pédicule vasculaire, dans lequel on reconnaît les veines préfuniculaires en avant, l'artère spermatique et le canal déférent au milieu, les veines rétrofuniculaires en arrière.
Au résumé, les vaisseaux qui irriguent le testicule l'atteignent par son bord postérieur, véritable hile de l'organe, et le pénètrent en s'engageant entre l'épididyme et lui. C'est bien là l'image de la disposition du testicule fœtal, alors qu'il est encore enfermé dans la cavité abdominale.
B. GÉNÉRALITÉS SUR LA VAGINjVLE
La tunique vaginale, dans son ensemble, développe ses feuillets autour du testicule comme toutes les séreuses développent les leurs autour de l'organe qu'elles recouvrent.
Elle a deux feuillets: l'un est dit viscéral et tapisse le testicule: l'autre est dit pariétal et tapisse la face profonde des bourses.
La trame vaginale est ininterrompue; cela veut dire que le feuillet pariétal se continue sur tout son parcours avec le feuillet viscéral : ainsi naît, entre eux deux, une cavité close, la cavité vaginale.
On dil quelquefois que le lesliculo csl silué dans la cavité vaginale : c'est là une expression vicieuse. Le testicule n'est pas plus dans la cavité vaginale que la tête n'est dans le bonnet de nuit invaginé dont on la coiffe. La cavité vaginale s"étend autour du testicule, mais ne le contient pas; celui-ci est ainsi plongé dans une sorte de sac clos au milieu duquel il s'est emprisonné, mais dont il n'a pas ouvert les parois.
Il n'existe pas. au reste, d'organe qui soit, au sens vrai du mot, intrapéritonéal : proprement, il n'y a d'organe intra-séreux d'aucune sorte : tous les viscères du ventre, sans exception, sont sous-péritonéaux ; tous les organes des cavités splanchniques sont sous-séreux: mais il en est autour desquels la trame endothéliale s'enroule si complètement, avant de se réfléchir sur les parois de la cavité qui les renferme, qu'ils sont comme enveloppés par une cavité séreuse qui ne les contient pas, mais au milieu de laquelle ils flottent ; ils ballottent dans le liquide de cette cavité, mais ne sont pas mouillés par lui. En fait, le rein, l'utérus et l'intestin grêle sont également situés en dehors du péritoine ; mais comme le péritoine les enveloppe à des degrés divers, on dit du premier qu'il est extra-péritonéal, du second qu'il est intra-péritonéal par le corps et extra-péritonéal par le col, du troisième qu'il est complètement intra-péritonéal. Le testicule est presque totalement intra-vaginal.
Les vaisseaux commandent toujours la disposition des séreuses. La vaginale se replie sur elle-même là où les vaisseaux l'arrêtent : dans le ventre, c'est sous la poussée des vaisseaux que se constituent les principaux rephs, les principaux ligaments et les principales fossettes du péritoine ; sur la vaginale il n'en est pas autrement. En voici la preuve.
L'artère et les veines spermatiques abordent le testicule par son bord supérieur : aussi n'y a-t-il pas de revêtement séreux sur ce point ; en effet, le feuillet viscéral . parti du bord inférieur de la glande, marche, sur chacun des flancs du testicule, de la quille vers le pont, arrive sur le bord supérieur, rencontre le faisceau dissocié des vaisseaux, s'écarte pour les laisser pénétrer, se replie devant eux, et là, sur la face interne comme sur la face externe, se réfléchit vers les bourses pour devenir feuillet pariétal {fig. 17).
FiG. 17.
schéma pour montrer le trajet de la vaginale [coupe horizontale (1)]
E : Epididyme. — CD: Canal déférent. — V S : Vaisseaux spermaliques. — V : Vaginale. — T : Testicule.
TT
FiG. 18.
schéma pour montrer le trajet de la vaginale (coupe frontale)
T F : T unique fibreuse. — L G : Ligament crémaslérien.
l'I; Dans loulos ces figures le tesliculc est supposé avoir une orientation verticale.
En bas, quelques veines partent de la poupe du testicule et, le long du ligament gubernaculaire, se portent vers les bourses dont la circulation communique, par ces canaux anastomotiqucs, avec celle du testicule : là, encore, le feuillet viscéral de la vaginale, au moment où il va contourner cette extrémité postérieure de la glande pour passer de sa face droite à sa face gauche, trouve le chemin barré par des vaisseaux : arrêté par eux, il se replie alors vers le feuillet pariétal et vernisse de son endothélium les deux faces du ligament gubernaculaire {firj. 18).
Ceci dit sur la disposition générale de la vaginale, il va être facile, maintenant, de la suivre dans les étapes de son parcours : j'étudierai ensuite avec détail les particularités qu'elle présente dans les différentes régions qu'elle traverse.