‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 219 sur 562 · LONÛUEIL-SAINTE-MARIE. — VERBERIE · texte numérisé non relu

LONÛUEIL-SAINTE-MARIE. — VERBERIE

un •impie prtvAl ou tïntr* iriadielor) demsutui dès tara k Verb«rie. Philippe le Bel. Philippe le Long, le roi Jean etaon fils Charles V, vinrent parfois habiter ce

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L'église de Verberîe (mon. hisl.) e compose d'une nef du iV au Lvi* s., de deux croisillous, l'un du v° s-, jt g., l'autre, plus grand, du ;ii° s., à dr-, el d'uu chœur du

DE PARIS A COMPIEGNE.

xiii*' 8. La jolie Vierge que supporte le trumeau du portail est du xv® s.

Le buffet d'orgues offre le style de la première Renaissance. — Uhôtel de France occupe en partie la chapelle (1338) de Notre-Dame-du- Mont,

A la ferme du château, sur le port de Verberie, s*ouvre un souterrain qui parait avoir eu la même destination que celui de Longueil- Sainte-Marie (V, ci-dessus, p. 292).

Aucun vestige ne s'est conservé du palais que Charlemagne avait élevé à Verberie ; aucun n'existe non plus de l'enceinte urbaine du xvi® s.

Les matériaux des constructions .royales ont servi en grande partie à bâtir les plus anciennes maisons de la ville. Dès le règne de François I", ils avaient été abandonnés aux habitants.

Sur la rive g. de l'Oise, près du pont suspendu, la maison dite le Port-Salut porte la date de 1654 :

il y avait là, au xiii° s., une habitation donnée par la reine Blanche à un habitant de Verberie nommé Jourdain, en récompense d'un voyage à Jérusalem fait à pied avec cette condition : avancer de trois pas, reculer de deux.

A 1 kil. S. de Verberie, à Saint- Vaast-de-Longmont, 198 hab., on peut visiter une curieuse petite église (mon. hist.) du xii° s., dont le portail roman offre quatre rangs d'énormes pointes de diamant, et dont le clocher, avec colonnes sculptées sur toute leur hauteur, comme à Nogentrles-Vierges( F. ci-dessus, p. 289), a conservé sa flèche primitive. A 300 met. S.-E. de cette église, sur la montagne de Longmonty un arbre isolé, dit VOrmelet de Verberie, indique encore l'endroit où se rendait la justice et où s'acquittaient les redevances féodales.

A peu de distance de la station de Verberie, on laisse à g., près de la voie, le v. de Rivecourt, 259 hab., dont r^ se fut la chapelle d'un prieuré; le curieux portail de cette

église est divisé en deux baies^ entourées d'une profusion de pampres, d'animaux, de têtes, d'ornements de toute espèce. L'intérieur de l'édifiée avait été peint à fresque au xvi^ s.

Le chemin de fer se rapproche de l'Oise, qu'il longe jusqu'à Compiègne, en dépassant successivement :

à g. le Meux (767. hab.); ArmcEncourt (181 hab.), situé à la base et sur la pente d'un coteau boisé ; Jaux (817 hab.); enfin Venette (925 hab.), dont on voit du chemin de fer la flèche du XV® s., haute de 40 met., dominant une église des xiii® et xvi<^ s. Durant ce trajet, l'Oise coule à dr., tantôt visible, tantôt masquée par des bouquets de bois.

12* STATION. — COMPIEGNE.

84 kil. de Paris, 12 kil. de Verberie, 33 kil. de Creil, 2 kil. de Venette, 5 kil. de Choisy-au-Bac, 8 kil. de la Groix- Saint-Ouen, 12 kil. de Saint-Pierre.

13 kii. de Champlieu, 14 kil. de Pierrefonds, 14 kil. de Morienval.

Situation. — Âspeot général.

Gompiëgne*, oh.-l. d'arrond. du départ, de l'Oise, V. de 12,281 hab., est située sur la rive g. de l'Oise et reliée à la rive dr., où se trouve la gare, par un pont en pierre de trois arches, bâti sous Louis XV et surmonté de quatre obélisques. A l'issue de ce pont, on voit à g., le long de la rivière, la promenade du Cours, plantée de beaux arbres. A cet endroit, il y eut, jusqu'à la fin du xvii*' s., une île séparée de Compiègne par un petit bras de rivière qui a été comblé. A l'extrémité du pont, on prend la grande rue de Solférinoy percée en face, pour gagner à peu de distance la place de VHôtel-de-.

Ville, Au-delà se trouve, à g., l'église Saint- Jacques, et, aussi à g., un peu plus loin, la place du Château.

L'Oise baigne les murs de Compiègne sans entrer dans la ville> dont une partie occupe une éminence.

Quelques rues anciennes sont tor-

COMPIBGNE. — SITU

tueuses «t mal bâties ; mais les derniers pei-cemente ont donné une physionomie régulière A ptusieura quartiers. Compiëgne présente généralement peu d'animation. Cependaot la navigalioD de l'Oieeetdes canaui qui b'j rattachent met cette ville eo rapport, d'uD côté, avec Paris et la Seine ; de l'autre, avec le N. et l'E. de la France. Il passe chaque année, sous le pont de l'Oise, plus:eurB

lève è. plus de l.iOO.OUO tonnes. Le chtimin de fer et les Irains de plaisir y ainëneut dans la belle saison un concours asseï considérable de visi-

ques et sa belle forêt, Compiègne *Ieur offre quelques ii gnes d'intérêt.

Compiègne et la tour de la Pucelle.

Complègaa {Conipeadùim), oà les mains avalant éUbli un poste fortiflj. était déjà, souB la pcemicirs e( la sec

re compris sntre la porte de Pierreads et le cooHueni de l'Aisne et de

rOiae, près'du faubourg Saint-Gorlin. lin SBOond ch4t«au.

Charles le Simple relevo (91J) l'abbajo

aient brftUe,

11S3 CampiègDB obtiol une charte, nombreux conciles f>ireal tenus à i 1085, 1270,

1301, 1303, 13ie.

DE PARIS A COMPIEaNE.

Saint Louis donna (1260) au:^ Jacobins remplacement du château riverain de roise et Tile voisine, réunie maintenant à la ville. Les religieux fondèrent, aux frais du roi, un hôtel-Dieu et une église. Saint Louis établit de plus h Compiègne un couvent de Cordeliers et bâtit sur rOise un pont de sept arches.

Pendant les troubles du xv« s., Compiègne fut prise en 1413 par Jean Sans- Peur, reprise par les royalistes en 1414,* perdue de nouveau et reconquise par eux. La place tomba ensuite au pouvoir des Anglais, mais se rendit bientôt après à Charles VII. En 1430, Jeanne d'Arc s'y enferma pour la défendre contre les troupes combinées d'Angleterre et de Bourgogne ; elle tenta une sortie le 24 mai, et fut repoussée ; victime de l'ineptie ou de la trahison du gouverneur de la ville, Guillaume de Flavy, qui fit refermer les portes devant elle, peut-être de son propre courage , elle tomba aU pouvoir des assiégeants, à l'extrémité du pont de Saint-Louis, près de la place du Petit- Margny. Un archer picard, qui l'avait faite prisonnière, la vendit aussitôt à Jean de Luxembourg.

Louis XI, Charles VIII, Louis XII ont séjourné à Compiègne; François !•', en 1526, y fit une promotion de chevaliers de Saint-Michel ; plus tard, il y reçut magnifiquement son rival Charles-Quint.

En 1624, un traité signé à Compiègne assura l'alliance de Louis XIII avec la république des Provinces-Unies. En 1631, Marie de Médicis, enfermée au château de Compiègne, trompa la surveillance de ses gardiens et s'enfuit, condamnée dès lors à cette existence vagabonde, qui devait finir, le 3 juillet 1642, dans un grenier de Cologne. En 1635, le grand chancelier de Suède , Oxenstiem, vint signer à Compiègne le traité qui décida l'intervention directe de la France dans la guerre de Trente ans.

Pendant les troubles de la Fronde, en mai et en juillet 1649, Anne d'Autriche tint sa cour à Compiègne ; elle reçut dans cette ville, en 1656, la reine de Suède, Christine, qui étonna tout le monde par son costume grotesque, sa désinvolture cavalière et son langage de soldat impertinent ( V. Fontainebleau, Section XXIII).

En 1698, Louis XIV ordonna la formation d'un camp sous Compiègne ; 60,000 hommes y furent rassemblés pour donner à M"« de Maintenon le spectacle des opérations d'une armée. Une page immortelle des Mémoires de Saint-Simon

a consabré le souvenir de la galanterie du roi. En 1769, M"* du Barry se trouva de même l'héroïne d'une splendide fête donnée par Louis XV. Elle fut logée dans un petit château bâti pour M*** de Pompadour, à dr. de la route de Soissons, en sortant par la Porte-Chapelle.

En 1770, le roi reçut à Compiègne l'archiduchesse d'Autriche, Marie-Antoinette, fiancée au jeune Dauphin (Louis XYl).

En mai 1808, le château, restauré» reçut le roi détrôné d'Espagne, Charles IV, Louise-Marie-Thérèse de Parme, sa femme, et leur favori, le prince de la Paix. Le 27 mars 1810. Napoléon amena au château de Compiègne Marie-Louise arrivant d' Allemagne, et qu'il venait de voir pour la première fois au village de Courcelles.

Le* 30 juillet 1814, Louis XVIII et Alexandre de Russie se rencontrèrent à Compiègne, où étaient accourus de Paris les maréchaux, les députés du Corps législatif et une foule de fonctionnaires supérieurs. Charles X aimait à chasser dans la forêt de Compiègne. Le roi des Belges épousa, en 1832, au château de Compiègne, une des filles de Louis-Philippe, la princesse Louise. De 1852 à 1870, Compiègne fut le théâtre de nombreuses fêtes impériales. Enfin, en 1874, diverses collections y ont été établies.

Edifices religienz.

L'église Saint-Antoine (mon.

hist.) fut fondée à la fin du xii® s. Il ne subsiste de cette construction que quelques parties du transsept et trois ou quatre piliers vers la croisée ; tout le reste-de l'édifice date du XVI® s. et a été conçu dans le style ogival. La longueur totale est de 64 met.; la largeur, de 18 met.; la hauteur des voûtes, à partir du sol, de 21 met. Le portail, du style flamboyant, est encadré par deux tourelles élégantes ; le chœur, en hémicycle, est flanqué de trois absides renfermant des chapelles. A g. , en entrant, on voit un curieux baptistère du xi° et du XII* s., en pierre noire, qui provient de Saint-Corneille. Saint-Antoine, devenue pendant la Révolution im magasin à fourrages, fut trës-endommagée; on en regrette surtout les vitraux, qui ont été remplacés, dans une fenêtre^

COMPIÈONE. - EDIFICES RELIGIEUX.

par une varribre tirée de l'église de Gilocourt.

Saint-Jacques (mon. hist.), commUicée «er« 1200 ou 1210, est, malgré su date, d'uD st^le froid et sec ; plusieurs parties de la nef, toutes les chapelles et la façade sont du iv° s.

Le clocher (39 met.), commeucé en ItGt, est terminé par une coupole de la Renaissance. On remarque, k l' intérieur de l'église, un bénitier du ' , le» dorures

du chœur, les revêtements de marbre, qnt été exécutés de 1768 à 1776.

Cette église contient eolre autres tableaux : une Assomption, parBrenet, 177i ; un Christ au tombeau, d'après le Titien (musée du Louvre), copie faite, dit-on. par Philippe de Cbampaigne; une répétition des Pèlerins d'Eramaûs, de Paul Véronèse (musée du Louvre); une composition allégorique & l'occasion d'une maladie de Louis XIV (école de Mignard).

La chapelle Saint-Nicolas (rue de ce nom), attenant à l'Hôlel-Dieu, conserve un antel et un retable de la première moitié du xvii" s., en chêne sculpté, d'une exécution très-hardie et très-riche; les figures ont beaucoup d'expression et les détails sont pleins de finesse. Les boiseries sculplées du chœur des religieuses sont également remarquables (x vu' a.)

h'église Saint- GermaiTi, dans le faubourg de ce nom, fort petite et saDB caractère, renferme un joli banc d'oeuvre de 1587, ayant appar-

tenu à l'église SalntJacques, et une Vierge en pierre du xiv" s., d'une belle exécution.

L'abbaye de Saint-Corneille, oii Charles le Chauve avait établi cent canonicals, fui afliltée, au temps de Suger, à l'ordre de Saint Benoit.

C'était alors un riche monastère, souvent menacé par la cupidité des seigneurs voisins, et qui, pour se défendre, acheta le secours d'autres seigneurs : les comtes de Champagne, ensuite ceux de Koucy furent ses avoués, c'est-i-dîre ses hommes

DE PARIS A COMPIEONE.

d'armes attitrés. De plus, l*abbé inféoda quelques possessions à huit barons. Outre leurs survices armés, ces huit fieffés de Saint-Corneille devaient, à certains jours de cérémonie, se montrer au chœur avec des dalmatiques, qui étaient sur leurs épaules comme la livrée de Téglise.

La mensè de Tabbaye fut réunie au Val-de-Grâce de Paris en 1656, et dès lors la communauté ne compta ordinairement que quinze religieux.

Depuis la Révolution, Téglise a fait place à la rue Saint-Conieille ; il reste seulement, enclavée dans les bâtiments de la manutention militaire et des bureaux du génie, une grande partie du cloître qui avoisinait Téglise, des colonnes accouplées du XIV® s., des souterrains, un puits fort curieux, — qui présentait à une profondeur de 10 met. une voûte sphérique de près de 4 met. de diamètre avec quatre niches formant des autels au N., au S., à TE. et à rO., ^- enfin, sur la Placé du Marché-auX'HerbeSy les restes d'une arcade ogivale et de contre-forts, de 1539. Voilà tout ce qui rappelle Tantique et opulente abbaye ; mais nous en possédons deux descriptions intéressantes. Tune dans le Monasticon Gallicanum ordinis sancti Benedicti, de dom Germain ; l'autre de Tavernier et Née (1792), dans le Voyage pittoresque de la France^ par une société de gens de lettres.

L'ancienne église romane des Minimes a été restaurée pour servir de gymnase ; mais on distingue fort bien les parties anciennes. — L'^glise des Jacobins, construite en 1254 par saint Louis, avait été démolie en 1728 ; ses débris n'offraient rien de curieux; mais, vers 1840^ des ouvriers qui déblayaient le terrain exhumèrent deux magnifiques statues tombales en pierre de liais, de grandeur naturelle et d'une exécution remarquable. La première représente un gouverneur de Compiègne armé à la manière du xv* s. ; il porte le hoqueton, le haubert ; ses mains

sont jointes, et ses pieds s'appuient sur un lion. La seconde représente sa jeune femme coiffée du chaperon et véiue de la cotte-hardie ; elfe a aussi les mains jointes, et ses pieds reposent sur deux petits chiens qui se disputent un os. Ces sculptures, d'un fini admirable, sont conservées dans le jardin de M. de Bicquilley, à Compiègne. On peut voir aussi, dans l'escaiier du palais, un sarcophage en marbre blanc, de l'époque mérovingienne , orné de têtes de génies funèbres, et qui provient, dit-on, de l'abbaye de Saint-Comeilie.

L'établissement du Temple, ou du moins ce qui en reste, est employé aujourd'hui comme magasin (rue Vivenel); le donjon de la commanderie existait encore en 1734.

Les protestants anglais se sont fait bâtir, sur le boulevard des Avenues, une jolie chapelle, dans le. style anglonormand du XIII® s.

Édifices civils.

L'hôtel de ville (mon. bis t.) a été construit de 1502 à 1510, restauré et augmenté d'une aile (à dr.), de 1868 à 1876. La façade, dont le dessin (p. 335) montre Tordonnance, mesure 24 met. de longueur ; le beffroi a 47 met. 30 cent, de hauteur.

Les niches abritaient autrefois les statues de la Vierge, de l'ange Gabriel, de saint Denis , de Charlemagne, de saint Louis, du cardinal Pierre d'Ailly, né à Compiègne en 1350, surnommé l'aigle de France et le marteau des hérétiques. Dans la grande arcade du premier étage, qui renfermait la Vierge et l'ange {VAnnonciation), a été placée, en 1869, la statue équestre de Louis XII, par Jacquemart. A côté de l'hôtel de ville, on aperçoit la porte (Renaissance), reconstruite, de Yancien arsenal.

Quatre salles de l'hôtel de ville contiennent le musée formé par M. Vivenel, architecte, et donné à Compiègne le 20 mars 1843. Ces collections, ouvertes au public le dimanche et le jeudi, de deux à cinq heures.

COMPIEGNE. - ■■I jours tiui êtrangera, i

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