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STATION.— LE PLESSIS-BELLEVILLE

43 kil. de Paris, 8 kil. de Dammartint 4 kil. d'Eve, 5 kil. d'Ermenonville, 5 kil. de Montagny-Sainte-Félicité.

Le Plessis-Belleville (285 hab.), à 1 17 met. d'alt. , possédait un magnifique château, construit par Guénégaud en 1663, et rasé vers 1812.

Excursion à Ermenonville.

Cette excursion qui était, il y a un demi-siècle, un des rêves du Parisien, mérite encore qu'on lui consacre une journée. En quittant la station du Plessis, on suit au N.-O. une route qui se dirige sur le village et la forêt d'Ermenonville, à égale distance de Montagny et de Ver (3 kil.). Montagny-Sainte-Félicité, 443 hab., à dr., possède une église, d'origine romane, qui fut reconstruite en 1600.

La flèche octogonale du clocher, conçue, malgré sa date, dans le style ogival flamboyant, et haute de 65 met., est remarquable par sa légèreté. Ver, 627 hab., à g., avait, dit-on, sur son territoire, le Veimum Palatium , où les rois des deux premières races faisaient halte, lorsqu'ils allaient de Paris à Compiègne.

Ermenonville '^,v. de 409 hab., est situé sur la Launette, à 13 kil. de Senlis. Son église date en grande partie de 1534 ; cependant le chœur est de 1222, l'autel principal de 1622. Les voûtes sont à clefs pendantes.

Le caveau des anciens seigneurs de ce village est placé sous- le Chœur.

Ermenonville, à la fin du x* s., appar* tenait au seigneur de Chantilly ; vendu en 1386 à Pierre d'Orgemont, ce domaine devint bientôt après la propriété de la branche aînée des Montmorency. Il fut habité pendant quelque temps par Gabrielle d'Estrées. Henri IV l'érigea en baronnie en faveur de Dominique de Vie, à la jambe de bois, qui avait défendu Saint-Denis contre les Ligueurs. En 1763, la terre d'Ermenonville passa au marquis de Girardin, qui en transforma le sol ingrat, le désert de sable et les marais en un parc délicieux, Abandonnant le style symétrique et solennel introduit par Le Nôtre, il voulut créer un jardinpaysage, à la manière anglaise modiflée d'après la théorie qu'il exposa dans son livre : De la composition des paysages ou des moyens d'embellir la nature. C'était, si l'on veut, dans l'art de dessiner les jardins, un retour à l'imitation de la nature, mais avec une malheureuse intention de Yorner, en y mêlant de fausses ruines, de fausses chaumières, de faux temples, de faux autels, de faux tombeaux, de petits vers français, italiens. Au détour d'une allée étroite et sinueuse, le promeneur, supposé « sensible et philoso phe, » devait avoir le plus vif plaisir à découvrir ainsi sur une pierre revêtue de mousse les restes d'une inscription ingénieuse ou sublime et « propre k le faire rêver. » Avec un pareil système et le goût des petits vers français, italiens, etc. , M. de Girardin donnait à quelques ^parties de son beau paysage un style " d'opéracomique, où la nature était .tout à fait sacrifiée à la recherche de l'effet théâtral.

Jean-Jacques Rousseau, âgé de 66 ans, le corps affaibli et la tète plus malade encore que le corps, accepta.'en avril 1778, la retraite que lui offrirent M. et M"« de Girardin à Ermenonville, et il habita pendant six semaines, jusqu'au jour de sa mort, un pavillon voisin du château, pavillon qui n'existe plus aujourd'hui.

Pendant le court séjour qu'il fit à Ermenonville, Rousseau semblait oublier la noire tristesse qui l'obsédait depuis plusieurs années. Pour témoigner sa reconnaissance à ses hôtes, il donnait quelques leçons de chant et de botanique à leurs enfants. Le 3 juillet 1778, sa mort subite fit courir des bruits de suicide, qui ont trouvé des échos complaisants : mais, selon le rapport des médecins, il y aurait eu un épanchement de sérosité dans le cerveau. Le corps fut mis dans un cercueil en plomb, enfermé dans une enve-

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