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LE BOIS DE VINCENNES

Pour se rendre au bois de Vincennes, les promeneurs ont le choix non-seulement entre divers modes de locomotion, mais entre divers points d'arrêt.

Les modes de locomotion sont : le chemin de fer de la Bastille à Brie- Comte-Robert, le chemin de fer de Paris à Lyon pour la station de Charenton , le chemin de fer de ceinture pour la station de Bel -Air, l'omnibus R, de Saint-Philippe-du- Roule à la barrière de Charenton, le tramway du Louvre à Vincennes , le tramway à vapeur de la Bastille à Saint-Mandé.

Les tramways n'ont qu'un seul point d'arrêt : le tramway du Louvre, en face du Château ; celui de la Bas-

tille, à Saint-Mandé; le chemin de fer de Lyon n'a qu'une station, celle de Charenton ; mais le chemin de fer de la Varenne a six stations où les promeneurs peuvent descendre pour explorer les diverses parties du bois.

La station de Bel-Air est la plus rapprochée du lac de Charenton et de l'Asile de Vincennes. C'est à la station de Saint-Mandé qu'il faut descendre si l'on veut visiter le lac de Saint-Mandé et la partie du bois qui sépare ce lac du lac de Charenton et de Gravelle. La station de Vincennes dessert la ville et le château. Les stations de Fontenay et de Nogent sont à égale distance du lac des Minimes. Enfin la station de Joinville est la plus rapprochée de la ferme de la Faisanderie et du pavillon de Gravelle (V, le plan).

Si l'on ne veut pas faire la dépense d'une voiture particulière (2 fr. 50 o. l'heure pour les voitures à 2 places : 2 fr. 75, celles à 4 places) pour explorer, dans toutes ses parties, le bois de Vincennes, on peut se faire conduire aux barrières ou portes de Picpus et de Bel-Air, les plus rapprochées des lacs de Charenton et de Saint-Mandé.

Les itinéraires suivants sont recommandés aux personnes qui prendront une voiture à l'heure ou qui préféreront aller à pied (F. le plan).

1° Porte de Picpus (les promeneurs s'y rendront soit en voiture, soit par le tramway de la Bastille à Saint-Mandé, soit par le chemin de fer, station de Bel-Air), — lac de Charenton, — promenade dans les îles, — Asile des convalescents, — point de vue de Gravelle , — par la route de Gravelle aux Minimes , — tour du lac, — retour par le château et le lac de Saint-Mandé.

2° Station de Nogent, — lac des Minimes, — par la route de Gravelle au pavillon de Gravelle, — Asile des convalescents, lac de Charenton, — lac de Saint-Mandé, — château, — retour par la station de Vincennes.

DE PARIS A BRIE-COMTE-ROBERT

En 1162« le bois de Vincennes n'était entouré que de petits fossés. Louis VII le flt clore de murs du côté de Paris, et bâtit à l'entrée, pour y loger un garde, la tourelle de Saint-Mandé. En 1183, Philippe-Auguste continua la construction de la clôture, car il renferma dans ce bois des cerfs, des daims et des chevreuils que lui avait envoyés Henri II, d'Angleterre. Saint Louis éleva plus tard les murs qui longent la Marne. Le bois s'agrandit à diverses reprises. L'enceinte actuelle ne date que de 1671.

En 1731, Louis XV fit abattre^ puis replanter le bols de Vincennes. pour en rendre les promenades plus agréables aux habitants de Paris, On éleva, à cette occasion, la pyramide située sur l'ancienne route de Saint-Maur. et qui portait une inscription commémorative.

Depuis le commencement de ce siècle, le bois do Vincennes a été diminué de près de moitié par le génie militaire, par le chemin de fer et surtout par la ville de Paris, à laquelle il appartient actuellement et qui en a aliéné une partie. En 1816, on y établit, en face du château, un polygone reporté plus au S.-E. en 1839. On y construisit, en 183», une nouvelle salle d'artifices (l'ancienne, située derrière le donjon, ayant sauté en 1837), et un corps de garde dans le champ de manœuvres, qui s'étend au S. du château ; en 1811, des salles d'artifices, entre le château et Saint-Mandé (ces salles ont été «entièrement détruites, le 14 juillet 1871, par une explosion que causa l'accumulation des munitions hors de service provenant du désarmement de Paris après la Commune) ; de 1841 k 1844, le nouveau fort ; en 1846, les deux redoutes de la Faisanderie et de Gravelle, au S.-E. du champ de manœuvres. Une grande partie du bois, comprise entre le champ de manœuvres et le château, a été abattue à son tour ; enfin le chemin de fer de Brie-Conïte-Robert s'est creusé des tranchées entre Saint-Mandé et Vincennes, et entre Vincennes et JoinviUe-le-Pont.

Le boia de Vincennes n^ofiVait donc plus aux Parisiens les promenades agréables qu'ils devaient à Louis XV, lorsque Napoléon III résolut d*y faire exécuter des travajx analogues à ceux qui ont transformé le bois de Boulogne. Ces travaux ont été exécutés, depuis 1857, sous la direction de M. Vicaire, administrateur général des forêts et domaines de la couronne, par M. Bassompierre, ingénieur principal de la Compagnie des chemins

de fer de l'Est. En moins d^un an et demi, des rivières serpentèrent, des lacs furent creusés, au milieu de ces terrains arides où ne se voyait pas auparavant la plus petite flaque d'eau. Des chaussées macadamisées remplacèrent les routes royales et départementales qui traversaient le bois; d'autres routes, moins droites que les anciennes, fVirent ouvertes à travers les fourrés, dont les arbres magnifiques, habilement dégagés, forment de toutes parts d'agréables perspectives. Toutes ces routes sont bordées de larges trottoirs. Elles sont aussi pourvues de conduites d'eau, avec bouches de sortie, qui permettent d'arroser à la lance, ainsi qu'on le fait au bois de Boulogne. Plus de 40 kil. d'allées tracées à l'anglaise, de 4 à 8 met. de largeur, ont été ouverts pour les voitures et les cavaliers. La nature sablonneuse du sol a dispensé de les empierrer. Près de 15 kil. de sentiers de 2 met., ii l'usage des piétons, ont été établis sous bois, de manière à favoriser la circulation le long des routes principales, ou à établir des raccourcis.

Malgré tous ces embellissements, le bois de Vincennes a conservé assez intacte , jusqu'à présent , la physionomie d'un bois pour continuer d'en porter le nom. Il n'est pas encore devenu un parc, comme l'ancien bois de Boulogne. Les bouquets d'arbres exotiques y sont plus rares et la végétation y conserve partout un caractère pittoresque et sauvage qui ne manque pas de charme. Malheureusement le bois est séparé en deux parties distinctes par le champ de manœuvres, vaste plaine , aride et nue, qu'il faut traverser sur une longueur de plus d'un kil. au moinis.

si Ton veut visiter le bois en entier.

Nous signalerons d'abord les principales curiosités de la partie orientale du bois, la plus intéressante des deux.

La rue de Paris^ qui passe devant la porte d'entrée du château, y conduit directement. On laisse, à g., le cours Marigny et le bal d'idalie; à dr., le nouveau fort, à l'extrémité duquel on se trouve sur un carrefour. La route des Sabotiei^s rentre dans Vincennes, à g., et longe à dr

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