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ITINÉRAIRE DESCRIPTIF DU CHATEAU I

Cour du Cheval-Blano.

Cinq grandes cours sont comprises dans la vaste étendue des bâtiments formant l'ensemble du palais : la cour (fil Cheval-Blanc, celle de la Faniame, celle du Donjon ou cour Ovale, celle des Princes et la cour des Offices (»u d'Henri IV. La cour du Cheval- Blanc doit son nom^ un cheval en plâtre, d'après celui de la statue de Marc-Aurèle à Rome, moulé par Vii^nole pour Catherine de Médicis, et «[ui était placé sous un dôme au milieu de cette cour; il fut détruit en 1626. On la désigne aussi sous le nom de cour des Adieux, en mémoire «les adieux de Napoléon à son armée, on 1814. Cette vaste cour, située à rO. du château, a 152 met. de longueur sur 112 de largeur. Elle était entourée de bâtiments sur quatre côtés ; elle ne l'est plus que sur trois

1. Il y a deux entrées: l'une, sur la place Ferrare (aujourd'hui de Solférino), et par la grille de la cour du Cheval- Blanc ( V. le petit PLAN d'ensemble, rkz- I)K-chaussbe), l'autre, sur la place Napoléon m, par une petite porte située pres- ([ue en face de l'hôtel de Londres , et ouvrant sur la cour des Mathurins ( V. le même plan). De cette cour, un passage mène dans la grande cour du Cheval- Blanc; et, dans celle-ci, à dr., on trouve la Conciergene (C du plan), où se tiennent •les employés chargés de diriger les visiteurs dans l'intérieur du château. Il faut une permission spéciale pour visiter certaines parties du palais : les collections chinoises et japonaises, l'ancienne galerie des Cerfs, les petits appartements, les jardins de Diane, la salle de théâtre.

Le château est ouvert aux visiteurs tous les jours de 11 heures à 4 heures.

.seulement, le quatrième ayant été remplacé par une grille en 1810.

La façade principale, au fond de la cour, est composée de cinq pavillons principaux, à toits aigus et à deux étages, reliés entre eux par des corps de bâtiment formés d'un rezde-chaussée et d'un étage. Le pavillon du milieu est orné d'un escalier en fer à cheval célèbre, construit en 1634, sous Louis XIII, par Lemercier ; loué comme construction, mais d'une masse bien lourde par rapport au maigre pavillon central sur lequel il s'appuie. Il paraît qu'il aurait remplacé un escalier analogue, que Philibert Delorme décrit dans son Traité d*architecture comme son ouvrage.

Le grand corps de bâtiment à dr , en tournant lé dos à la grille, est Vaile neuve, construite par Louis XV sur l'emplacement de la galeHe d'Ulysse (F. p. 447). Cette aile fut occupée momentanément par l'école militaire qui fut transférée en 1803 à Saint-Cyr. C'est au-dessous du pavillon qui termine cette aile du côté de la grille qu'était, sous François P', la grotte du Jardin des Pins. (V. le plan d'ensemble, b) ^. L'aile du côté g. était occupée par les ministres.

Au fond de la cour, dans l'angle g., est le jeu de paume, élevé près de la galerie détruite des Chevreuils. — A partir de cet angle, les quatre pavillons delà façade sont : \e pavillon de VHorloge et celui des Ai^mes^ terminé en 1559, reconstruit en 1702 après un incendie; le maréchal de Biron y fut enfermé. Ces deux pa-

2. On peut encore voir les restes de l'entrée de la grotte du Jardin des Pins. On passe, dans la cour du Cheval-Blanc^ sous une arcade de l'aile neuve et l'on tourne à dr. dans une petite cour de service. Les figures colossales qui en défendent l'entrée sont formées de morceaux de grès rapportés , qui dessinent rudement les articulations et les muscles du corps. Déjà en 1731 , l'abbé Guibert dit que cette grotte abandonnée était une serre de jardinier. On aperçoit aussi cette construction rustique à travers des arcades ouvertes du côté du jardin anglais.

lunérair» de la. France par AO. JOANNE

^tp'^BmUe.Jtn*. CaJiretee. S

NEHMHL niUs.

FONTAINEBLEAU. — LK CHATBAL'.

villona sont adossés à la cAayeWe rfe la Sainte-Trinité. — Celui du milieu, terminé sous Charles IX, était nommé le pavillon des Peintures, parce que François I" y avait réuni des tableaux des grands maîtres italiens.

— Le quatrième pavillon, à L'angle droit, fut d'abord appelé le pavillon rfe.î Poètes, à cause des poêles, venus d'Allemagne, que François I" y avait fait pincer; plus tard il devint

le pavillon des Heines, et fut habité par Catherine de Mèdicis et Anne d'Autriche.

Quoique Francoi? I" destinât la cour, dite plus tard du Clieval-Blanc, aui fêles et aux carrousels, - il est probable, dit M. Castellan, que d'abord il ne pensa point à agrandir la façade du château au-delà de retendue de la cour de la Fontaine, qui est derrière, et dont la porte d'entrée

se trouve entre les deni pavillons, n Il est difUcile de démêler, au milieu des modifications et des amplifications apportées à la façade principale, la juste part qui revient à chaque époque, celle de Serlio ou des architectes français. La construction de l'aile g. présente une particularité qui est répétée ailleurs et qui méril«. d'être signalée. « Ordinairement la brique est emploj'ée ilans le massif des mure et la pierre ligure

les chaînes ou l'ordre d'architecture de décoration ; ici c'est tout le contraire, n Pareille disposition se voit, du reste, au château de Saint-Oer-

Henri IV fit enlever !e pont-levis jelé sur le fossé qui traversait la cour du Cheval-Blanc. Deux ponts [Virent établis sur ce fossé, l'un vis-à-vis de la cour des Fontaines, l'autre en face de la chapelle de l.t Sainte-Trinité.

Le petit mur avec halusirade qui di-

vise la cour du Cheval-Blanc a été •construit du temps de Louis-Philippe, à Tendroit même où étaient autrefois les fossés.

Goor éà la Fontaine.

Située à TE. de la cour du Cheval- Blanc, entre cette cour, avec laquelle •elle communique, et les bâtiments •qui entourent la cour Ovale, la cour Mie la Fontaine est limitée au S. par Vétang et entourée de constructions Lsur trois côtés. Au fond se trouve la. rgalerie de François 1°', au-dessus de la belle terrasse sur arcades, bâtie par Henri IV, ornée de son chiffré, >et récemment restauréeu Des deux ailes, l'une, du côté du jardin an- .glais, est terminée par i un pavillon •<r angle dans le style et du temps de Louis XV ; Tautre, en face, avec une double rampe extérieure, est attribuée à Serlio. Ce dernier corps de bâtiment a perdu les statues qui en <iécoraient là façade. Une de ces statues était V Apollon du Belvédère^ -coulé en bronze, qui est actuellement dans le jardin deS Tuileries.

Diverses parties de ces constructions ont été remaniées plusieurs fois, ce •qui rend très-difficile aujourd'hui (l'en restitua" sûrement les époques.

Cette cour doit son nom à la fontaine.qui 'y fut toujours établie, mais qui fut plusieurs fois changée. Dans un petit jardin carré créé par Henri IV et élevé sur maçonnerie dans Tétang, •en avant du teVre-plein de la cour delà Fontaine, on avait d'abord placé une statue d'Hercule, en marbre blanc, par Michel- Ange, statue provenant du palais Strozzi (Florence), acquise par Henri II, et que le nom ■du grand artiste ne sauva pas des enjolivements des doreurs. Le jardin et la statue ont disparu. La statue fut rempleu^e par une statue de Pereée.

En 1810 4 on construisit une nouvelle fontaine décorée d'une statue iVUlysjse, due au ciseau de Petitot.

Deux monstrueuses figures de

lions, conquises en Chine et sculptées dans ce style grotesque cher aux habitants du Céleste-Empire, sont placées, comme deux dragons chargés d'en défendre l'entrée, devant le rezde-chaussée du pavillon où sont déposées les riches collections chinoises et japonaises.

. Forte Dorée.

Cette porte, ainsi nommée à cause de la richesse de sa décoration, donne aecèfl • sur la chaussée de Maintenon^ «levée entre le parterre et l'étang, et conduisant à la forêt dans la direction du mail d'Henri IV ; elle ouvre sur la cour Ovale. C'est là qu'était dans le principe l'entrée fortifiée du château. C'est par là que Charles-Quint fit son entrée en 1539.

La porte Dorée a été élevée par François I«' et décorée, sur les dessins '(lu Primatice, de diverses peintures mythologiques, restaurées en 1835 par M. Picot. Le pavillon auquel elle: appartient fut construit sur d'antiques fondations ; c'est là sans doute ce qui a motivé le biais de son plan par rapport aux édifices voisins. Il présenteune façade partagée en trois parties égales, dans le sens horizontal ainsi que dans* celui de la hauteur. La partie centrale est percée de grandes arcades superposées.

Celle du bas sert de porte avec un vestibule ouvert; les deux autres étaient également ouvertes comme les loges italiennes, et l'édifice, depuis qu'on les a vitrées, a perdu de son caractère monumental. Celle du premier étage correspond à l'appartement de M™<^ de Maintenon.

L'arcade du res-de-chaussée, ou porte Dorée, est divisée en deux parties inégales ; le portique extérieur renferme les deux compositions entièrement refaites par M. Picot: Hercule revêtu d'habits de femme par Omphale, et Hercule retiré des btxis d^Omphale. On voit dans le portique intérieur: le Départ des Argonautes, Tithon et i* Aurore, Diane et Endy-

FONTAINEBLEAU. — LE CHATEAU

mion, Pdris blessé par Pi/rrhas, et, dans la ïOHfisure, C4pkale enleoépar fAvrore, et les TUans f^iiroyés par Jupiter.

Quelq«es-uas (et àa nombril M. Picot, qui les a restaurées) ont touIu attribuer ces peinture» à Rnggo. Les lieux plus anciens hisloriena de Fontainebleau, le P. Dan e ber( , COQ Credi sent et M. A. Poirson, rtans article publié en I83S i

. l'abbé Guilans la Revtie

fi-ançaise, s'awiuyant sur eui et sur un eiamen a|iprofondi, les rend aTec raison au Primatice. Cette restauration; du reste, ne (lonce qu'une idée bien incomplète de l'ouvrage priinitif. l^a peintures du Primatice avaient été exécutées à fresque; la restaiiralion a employé ie procédé de rencaoatique. Deur Je ces tahleaus avaient péri. Dans les six autres se retrouvaient les traits que, dans la peinture à fresque, l'artiste imprime

avec un poinçon sur l'enduit encore fraiset avec lequel il trace d'abord l'esquisse. Des frasments de couleurs, jiropres a faire juger de la manière, du ton, du coloris de lapeiMure originale, OBl étéi'etrouvés.

ir Ovale (au

a âa Danjo.1).

Le périmètre de celte cour, moins étendue dn temps de Louis IX qu'elle ne l'est MijourU'htii , est en partie

celui du château primitif. Les bâtiments qui l'entiiurajent constituaient une véritable citadelle défendue par un fossé et' un pont-levis du c6(d de la porte du Dôme; ainsi s'eipliqne, comme nous l'avons dit, la forme irrégulière de la cour. Henri IV fit supprimer les Tossé», dits de rOco/;.

CTousés sous François II, et qui limitaietil, du cM4 die l'E., la cours moins étendue avant l'adjonclionde, deui paivillons ajontéi par Henri IV. .

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

Le pavillon de saint Loiiia, qui en oc-

quer les a

loiens contre-forts et le

cupe le fond, est

•on a regardée

piliers du tour de la chapelle, qui

d'une tourelle, que

de ce côté

avaient autant de sailli*

a demeure féo-

qu'ils en o

t du côté du parterre. On

dale, mais qui date de François I".

les retrouv

e encore t l'intérieur ,lef

Le château primitif

a été détruit en

constructio

ns. Sur la liene des bâti

grande partie, et ce

qui reste d'an-

ments faisant face, de l'autre côté, à

tique est revêtu de

la galerie

d'Henri 11, on voit de?

chi tectonique 8 qui

en ont changé

aillantes entre les croi

complètement le caractère et qui ne

5ées du re

-de-chaussée, qui étaien

remontent guère qu'ftui premières

sans doute destinées à supporter un

années du xvi» s. De là résulte une

balcon de

fer. Elles offrent unf

grande diffi-

grande variél*

culté d'appré-

eiation. Cepen-

daDt les F qui

sculptés. U

oerlalneB par-

d'une galerif

ties de la cons-

supportée par

truction, ou les

quarante- cinq

salamandres

colonnes , pi

sur les murs

qui sert d.

la galerie

lion entre les

d'Henri II, et

appartements .

qui ont été ré-

les a rendues

tablies par

inutiles. On ai-

Louis - PhHip-

lerie & Hen-

d-indication

ri IV.

pour l'époque

Vers le mi-

de François

lieu de celle

l". On retrou-

façade s'élèvf >m i>éri8tîle 4

chiffre d'Hen-

lieux étages.

c de la

ri IV.

La portion la plus remarquable des bâtiments qui entourent la cour Ovale est une façade grandiose présentant dem rangs d'arcades ; celles du premier étage correspondent k la galerie d'Henri II. P'rançois 1« ne conetruisic que cinq de ces arcades, à partir de la cour du Donjon jusqu'au portique de la chapelle Sainl-

les IX, et qui fut abattu sous Henri IV, Ce fut ce dernier qui prolongea cette façade et la lia par quatre autrès arcades au pavillon d'angle, . aflnderégulariser la cour etdemaB-

Leschaplteaui des pilaalreseï cour Ovale. j^^ colonnes

se distinguent aussi par la variété de leur omementalion. On y retrouve l'F initialedu fondateur. Ce périatjle, qui offre unf grande analogie avec ce i^ui reste de la chapelle Saînl-Saturnin, semble être de la même époque. On a voulu attribuer à Serlio, à cause du caractère italien de ce morceau d'architecture, la construction du péristyle de la cour Ovale, qui est évidemment d'une époque postérieure à celle des autres bâtiments sur lesquels il est appliqué. M. Castellao ne partage pas cette opinion; il considère au

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

Les deoi lignes <j

bAtim

s qui

bordent la oour Ovale sont terminéta par deux pavillons ' à toit pyramidal, retiéB par ane terrasse qui ferme de ce c6té la cour, et au milieu de laquelle s'ouvre la porte Dauphine-

A laplDC»de celle porte.il y avait avant Henri IV; un pavillon offrant au rez-de-chausaée un vaete péristyle elliptique qui servait d'entrée , et , d'après une opinion générale-

à la forme de ce ])éri3tjle d'entrée qu'est due la dè-

' ' n de la

'■ Sous Louis

avait était dressé. « On j plaça, dit Chain pollioQ-Figeac , toute la' vai»selle duroi-enormassif, tous les vases et objets d'art, dont pour quelques-

qu'à Charlemagne. Des oraciera de In maison du roi eipliquaient aux seigneurs anglais (venus à l'occasion de la paii) l'origine de ces merveilles. "

Porte Bu^Uh m laptUtàta.

nument, composé d'un premier ordre sévère et rude

{îûme caprici fut élevé GOUB ri IV, et reçu

du baplème de Louis Xlll, Agé (te près de cinq ans.

Xin e:

% la

t liei

Périrtjla .

la e de r Ovale.

Des tournois eurent lieu plusieurs

cour. En 1545, le Dauphin , plus tard Henri H, qui devait périr uu jour dans un toui*noi, commandait une deadeui troupes contre le comte de Laval, et eut les honneurs de la Journée. Les casques desa tjoupe étaient ornés d'un croissant et les chevaui couverts de caparaçons , semés aussi de croissants. Ce fut DIbbc de Poitiers qui triompha. A cette mèueféte, au mi'.

lieu de la cour, uu buBat pyramidal

t dèsi^B dans 'le plan uni uo paMlnn dv Davphin fut par Hanri iV. Des Dauphins

a parle Daiiphine). Ce pavilloa

le ddme. I.

reslBuré en IBGî.

11 a un aspeci étrange , incohérent, sans être deplaisant, et il of' fre une sorte d»

problème doni M. Cas tel tan a cherché la solu-

dit-il ,

prer

Vs le Doi

coup d'œil que la façade extérieure de celte porte présente UD aspect complexe, qui. bien qu'ingénieusement combiné, n'en dénote pas moins des styles différents, appartenant à des époques distinctes. -Lti premier ordre toscan à bossages appartient visiblemeat au com- ■ ' VI' s., tandis que le

diflce portent les caractères de l'architecture des premières années du siècle suivant.... Il y a un siècle de dislance entre les deux faces de ce

FONTAINEBLEAU. — LE CHATEAU

moiinment. » M. Castellim prteii que le premier ordre do la porte Dauphins est une sorta de placaga provenant d'un édiflce plus aucie il l'attdbue d'une manière incoi table ik Vignnle, à gui il &ii, dans les travaux du château de Fonlaînebleau, une pari qui n'est pas justiflée par la tradition. On remarquera, entre les colonnes, les masques antiques, en marbre blanc, de la Tragédie et de la Comédie. On voit sur

ce monument les lettres initiales de»

noms d'Henri et do Marie de Médi~ cis, et Bui cbapileaui des pilastres, au lieu de volutes, des dauphins en- , trelacés.

En avant de la porte Dauphine sont deux Hormis colossaux, d'un beau caractère, qui marquent l'entrée d<^ la cour dei Offices {V. le plan) ; iU

se relient à un mur d'appui couronné d'une srille, qui dessine la direction de l'ancien fossé; le pont qui Iraversnil ce fossé eïistoit encore à la fin du siècle dernier.

La cour des Offices, bâtie par Henri IV, a 87 met. de longueur sur 78 de loi^eur. On attribue la construction des bâtiments i un nommé François Jamin. La cour a sur la place d'Armes une entrée taie, d'une forme originaii une inscription mentionnu par Henri IV.

Tlrits de rtotirlear dn Tald».

Dans la description des salles intérieures du palais, nous suivrons l'ordre dans lequel les personnes, chargées d'accompagner les étrangers le font le plus ordinairement parcourir aux visiteurs, en leur laissant à peine le temps de voir les curiosités signalées i leur attention.

On passe sous l'escalier du Fer-à- Cheval, et l'on entre au rei-de-chauasée dons la chapelle de la Sainle- Trinité.

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

N.-B. — Dans la visite des diverses parties intérieures du château, il ne faut pas oublier que non-seulement les peintures mais la décoration ont •été restaurés, qu'une partie considérable de ces décorations a été faite sous Louis-Philippe. L'ameublement a été complété à diverses époques, en grande partie sous TEmpire. Le nombre des objets d'ameublement destinés primitivement au château de Fontainebleau est excessivement borné.

Cbapelle de la Sainte-Trinité.

La porte d'entrée est à g., au rezde-chaussée, dans le Fer-à-Cheval.

On lisait autrefois dans cette chapelle cette inscription ultra-monarchique : Adorate Deutn et deinde regem. Bien que tirée des Paralipomènes, elle n'en était pas moins exorbitante et appelait au moins un commentaire. Ces paroles de saint Pierre, gravées sur une table de marbre au-dessus de la tribune du roi : Deum timete, regem honorifi- (^te, étaient sans doute destinées à en tenir lieu.

La chapelle de la Sainte-Trinité fut bâtie en 1529 par François P' sur l'oratoire de saint Louis. On retrouve au fond de la nef une arcade gothique. Henri IV la fit richement décorer (K. p. 450). Le peintre Fréminet, chargé d'exécuter les peintures de la voûte, commença ce travail en 1608, deux ans avant la mort d'Henri IV, et le continua sous Louis XIII. Marie de Médicis lui donna le cordon de chevalier de Saint-Michel. Ce peintre, dont le nom et les ouvrages ne sont pas assez connus, naquit à Paris en 1567 et mourut en 1619. II posséda une science de dessin et de composition et une vigueur d'exécution bien rares en France à cette époque. Malheureusement cette science, qui se montre trop, exclut la naïveté. 11 fait abus de Tanatomie, des raccourcis et des perspectives difficiles. Seize

années d'études en Italie ont fait de lui un imitateur assidu de la manière soit de Michel-Ange, soit du Parmesan : car on voit tour à tour prédominer dans ses ouvrages l'une ou l'autre de ces deux tendances. Quelle que soit la haute valeur de ce peintre, mal apprécié, il ne pousse pas l'art français dans une voie originale, et c'est encore avec lui l'art italien qui trône à Fontainebleau, comme au temps du Primatice et de Rosso. De tous ses grands travaux, il ne reste plus que ses peintures exécutées sur plâtre dans la chapelle de la Sainte- Trinité. Voici l'indication des divers sujets exécutés par Fréminet :

Au centre de la voûte, cinq grandes compositions : i^ (au-dessus de la tribune) Noé faisant entrer sa famille dans r arche; 2° la chute des A9iges ; 3° Dieu entouré despuissatices célestes ; 4<* range Gabriel recevant de Dieu l'ordre d'annoncer le Messie à la Vierge ; 5° les saints Pères apprenant la venue du Messie.

— Sous l'arcade, derrière l'autel, V Annonciation, — Quatre ovales reliant les grandes compositions et représentant les qitatre Éléments, — Entre les trumeaux des fenêtres sont de grandes figures représentant les rois de Jérusalem : Saùl, David, Salomon, Roboam, Abia, Aza,Josaphat et Joram, — Grisailles à dr. et à g.

des rois : les Patriarches et les Prophètes, — Médaillons entre les grisailles : la Patience, la Diligence, la Clémence, la Paix, — Les quatre angles de la voûte sont occupés par quatre tableaux : du côté de l'autel, la Foi et la Religion ; au-dessus de la tribune, V Espérance et la Charité.

Ces peintures avaient été profon> dément altérées et l'humidité en avait détruit plusieurs, par suite du long état d'abandon dans lequel était resté le château. Une fissure considérable lézardait le centre de la voûte. La restauration des peintures de Fréminet, importante opération qui embrassait 37 caissons, a été

FONTAINEBLEAU. - LK CHATEAi;.

coaHée à M. Théodore Lejeune, qui a mené récemmeal t bonne An cette entreprise.

. En ISâS, dit M. A.-J. Du Pays, une suite de tableaux ovales furent placés sur les trumeaui, entre les croisées, comme projet de décoration ds cette chapelle. Nous signalâmes alors, en ia blâmant, l'inex- Silicable erreur de goût, par suite de aquelle ces tableaui, exécutés dans le sljle faux et coavenlionnel du siècle damier, et signés des noms de

Renon, de Lagrenée, étaient ainsi rapprochés des peintures grandioses de Fréminet. Ce contraste seul suffisait à faire rejeterua tel projet qui, en effet, n'a pas été adopté. <■

Au-dessua de la porte s'élèïe la tribune du roi, en menuiserie ; dans le plan présenté par Fréminet, elle devait être revêtue de marbre. On y arrive par le vestibule du Fer-à-Cheval. Le pourtour de la nef est garni d'un lambris anciennement doré, de 5 met. 61) cent, de hniifeur, onié de

pilastres coriathiens. Des grilles en bois doré ferment les chapelles laté-

Le riche autel, œuvre de l'Italien Bordognt, date de Louis XIII. Entre les colonnes de brèche violette de l'autel, et dans des niches, sont les statues en marbre de Charlemagne et de saint Louis, et au-dessus quatre anges en bronze, attribués & Qermun Pilon- Le tableau placé sur l'autel, une Descente de Croix, est de Jean Dubois. Deui anges, de proportions colossales, placés au-dessus de l'autel

près delavoùle, supportent des écusiB aux armes de France et de Na- ■re. Les armes des Médicis sont ■dessus de la tribune. Les chiffres d'Henri IV, de Marie do Médicis, de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, montrent que les travaux de iLécoratiau, commencés bous le premier de ces princes, furent terminés par son fila. Ces chiffres font partie des encadrements en stuc, couverts d'ordorés, qui entourent les

■e de Fré

!iet.

La chapelle de la Sain

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

vu la célébration de plus d*un mariage royal ou princier, entre autres ceux de Marie - Louise d'Orléans , reine d'Espagne, de Louis XV, et du dernier duc d'Orléans avec la princesse Hélène de Mecklembourg.

Napoléon III y a été baptisé en 1810.

En sortant de cette chapelle, on monte Tescalier A du plan et on arrive, au premier élage, à un vestibule monumental.

Appartements de Napoléon I".

L'ameublement des salles suivantes date en partie de l'Empire.

Antichambre des huissiei^s (n° 13 du plan). — On y a placé deux grands tableaux; l'un de Brenet (1785) : les (lames romaines offrant leurs bijoux à la patrie en danger ; l'autre, représentant un trait de Scipion, est de Jos. Vien. On y voit aussi une horloge du temps de Louis XVI, comprenant plusieurs cadrans et destinée à servir de calendrier, et une carte de la forêt.

Cabinet des secrétaires de V Empereur (n° 14 du plan). — Il contient, ;iu milieu, un tableau (VAmédée Vanloo ; nymphes et bergers ; à dr., le triomphe d'Amphitrite, par G,-Fr.

Doyen; à g., bacchanales, par N.

Halle,

Petite salle de passage (n9 15 du jdan). — On y voit un tableau de rleur§ de Van Spaendonck,

Salle des Bains (n® 16 du plan). — Cette petite pièce, coquettement décorée de peintures sur glace dans le i^oût de l'époque de Louis XVI, a été disposée sous Louis-Philippe. Les chaises et les fauteuils sont du style Louis XVI.

La pièce suivante a une grande importance historique, non-seulement dans les annales de Fontainebleau, mais dans l'histoire de la France au xix® s.

Cabinet de l'abdioation de Napoléon I"

(n« 17 du plan).

C'est ici que s'est accompli ce

grand acte qui a mis fin à l'Empire Le petit guéridon mesquin en acajou, sur lequel Napoléon a rédigé cette abdication, attire, au milieu de la salle, les regards de tous les visiteurs. En faisant basculer la table de ce guéridon, on aperçoit une petite plaque de cuivre contenant l'inscription suivante mise sous la Restauration :

Le 5 avril 1814, Napoléon Bonaparte soigna son abdication sur cette table, dans le cabinet de travail du roi, le deuxième après la chambre à coucher, à Fontainebleau, Louis- Philippe avait fait placer, sur une console, un fac-similé de cet acte d'abdication, mis sous verre. Ce facsimilé a été enlevé sous le second Empire.

Cabinet de travail (n° 18 du plan).

Le bureau est du fameux ébéniste Jacob. Le plafond est décoré d'une peinture par Renaud, la Force et la Justice, dans le style académique ba nal du temps.

Chambre à coucher, — Cette pièce possède une belle cheminée de Té poque de Louis XVI. Les encadrements dorés et sculptés des portes sont du même temps, et d'une exécution parfaite. Les Amours peints en grisailles , au-dessus des portes , sont de Sauvage. — Pendule ornée de camées antiques, donnée à Napoléon par Pie VII. — Lit de Napoléon, restauré sous Louis-Philippe. — Une commode de Boule.

Salle dn Conseil

(Salon de famille sous Louis-Philippe).

Cette«alle, de l'époque de Louis XV, mérite d'être remarquée comme l'une des plus élégantes du château. Sa décoration, exécutée par Boucher, porte des traces visibles d'une période de décadence, où l'art français manifesta toutefois des qualités vraiment originales. A notre époque, qui n'a pas eu assez de génie pour inventer im style particulier de décoration, il est peut-être puéril de

FONTAINEBLEAU. — LE CHATEAU

récriminer à cet égard contre les peintres habiles du xyiii^ s. Sans doute, leurs œuvres faciles et légères n*ont aucune des tendances nobles et élevées de Tari; mais ils ont eu un style à eux , et , par-dessus tout , Tesprit, la verve et la grâce. Esprit, grâce et style maniérés, sans contredit, mais où se réfléchissent merveilleusement les goûts de la société dans laquelle ils ont vécu et qui en sont restés la plus brillante expression. Quand on regarde sans prévention la salle du Conseil, peinte par Yanloo et Boucher, il est impossible de ne pas être charmé et séduit par son aspect d'une richesse si élégante , si pittoresque. Il n*y a rien au palais de Versailles ni à Trianon, dans aucune des pièces qui ont été décorées à la même époque, qui puisse permettre une comparaison. Ces compositions, peintes sur toile, sont placées dans de riches encadrements. La principale représente Apollon, dieu du soleil, sur un char, précédé de l'Aurore. Quatre autres encadrements sont remplis de ces. Amours blancs et roses, enguirlandés de fleurs , qu'affectionnait Boucher. L'ensemble de la décoration se complète par seize panneaux en camaïeu rouge et bleu, représentant des allégories. Une ornementation légère et d'une exécution facile se marie heureusement à ces mignardises mythologiques.

Une grande table, placée dans cette salle, est en bois de Sainte- Lucie et d'un seul morceau. Les meubles sont en tapisserie de Beauvais. Cette salle fut sous Henri IV le cabinet du roi. Le maréchal de Biron en sortait lorsqu'il fut arrêté.

Elle fut construite sous François I®', restaurée sous Henri IV, et décorée sous Louis XIV et sous Louis XV.

La partie circulaire sur le jardin de l'Orangerie, qui lui a donné sa forme définitive, n'a été, dit-on, construite qu'en 1782. Près des fenêtres un cabinet est réservé entre la salle précédente et la salle du trône qui suit.

Salle un Trdno.

On attribue à Charles IX la construction de cette salle, qui fut, dans le principe, la -grande chambre du roi. C'est Louis XIII qui la fit orner en 1642; Louis XIV l'agrandit de tout le cabinet qui se trouvait au fond , et où Biron fut arrêté. Le trône y fut placé. « Le plafond est une merveille en son genre. Il se compose de deux corps : le premier est à plusieurs compartiments accompagnant une mosaïque soutenue par huit Amours, avec une couronne en relief sur fond d'azur, les armes de France et de Navarre , et quatre autres couronnes portées par des aigles dorés. Le deuxième corps est en forme de coupole enrichie de fleurs de lis, des chiffres de Louis XIV, et d'une ornementation d'une grande richesse. La cheminée est en menuiserie, comme le plafond, et du même style. Au-dessus se voit un beau portrait de Louis XIII en pied, d'après Philippe de Champagne (l'original fut brûlé en 1793). Louis XIV mit, à la place du portrait de son père, un tableau de Dubois, Flore et Zéphire, qui y resta jusqu'au commencement de l'Empire ; à cette époque, on le remplaça par le portrait de Napoléon. ÏIouls XVIII y mit Louis XV ; enfin Louis-Philippe y a restitué Louis XIII. Ce portrait de Louis XIII est accompagné de sa devise : Erit hœc quoque cognita monstris, qui fait allusion à la massue avec laquelle ce nouvel Hercule, ainsi que l'appela Malherbe, terrassa l'hérésie.

« La salle du Trône servait jadis aux réceptions d'ambassadeurs, et à plusieurs solennités qui se rattachent à l'histoire de la monarchie. »

Le lustre, en cristal de roche a, dit-on, coûté 50,000 fr.

Boudoir de Marie- Antoinette (n® 19 du plan). — Cette pièce fut prise sur l'emplacement d'une plus grande, qui était décorée, sous Charles IX, de peintures représentant les por-

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

traits équestres des douze Césars, d*où le nom decabi?iet des Empereurs, qu'elle conserva jusqu'au moment où Marie-Antoinette la fit transformer en boudoir. L'architecte Rousseau, à qui cette tâche fut confiée, s'en acquitta avec un goût digne d'éloges. Rien n'est plus gracieux et d'un meilleur effet que les élégantes et légères peintures des panneaux, sur fond d'or vert.

Le plafond, peint par Barthélémy, éîèvé de Boucher, représente VAuf*ore; les dessus de portes représentent les Muses.

Dans le parquet d'acajou massit est incrusté le chiffre de Marie- Antoinette. — Louis XVI avait, à Fontainebleau comme à Versailles, un atelier de serrurerie. « Mais on lui attribue faussement, dit M. ChampoUion-Figeac, la confection des belles espagnolettes des fenêtres, ornées de guirlandes ciselées. » La cheminée est ornée de cuivres ciselés- de Goutière. Deux petites consoles et un guéridon modernes méritent d'attirer l'attention.

Au-dessus de cette pièce, Marie- Antoinette avait un petit cabinet désigné, à cause de sa décoration dans le goût oriental, sous le nom de- boudoir turc. Un petit escalier dérobé y conduit, et, du haut du palais, deux jours dérobés permettent de voir à dr. et à g. ce qui se passe dans les salles du bas (salles de François I'^' et de Louis XIII. F. ci^dessoîis).

Chambre à coucher de la Reine (n** 20 du plan). On pourrait appeler cette pièce la chambre des cin^ Maries, car elle fut habitée successivement p&t Marie de' Médicis, Marie- Thérèse, Marie^ Antoinette , Marie- Louise et Marie-Amélie.

Le plafond, construit sous Louis XIII et sous Louis XIV, est splendide. Il se compose d'un grand médaillon environné de quatre autres plus petits, reliés ensemble par de somptueux encadrements. Le reste de la décoration et de l'ameuble- Ment date presque entièrement de

Louis XVI, et fait pressentir les formes roides du Directoire et de l'Empire. On remarquera deux commodes de l'ébéniste Riésener, dont les cuivres sont exécutés et ciselés avec une grande netteté par Goutière.

Ces meubles ne devraient-ils pas être réunis, comme le goût l'indique , à d'autres meubles pareils de style, et appartenant à la même époque, disséminés dans les diverses parties du château? Ils formeraient ainsi un ensemble intéressant et caractéristique de toute une époque. — Les tentures en soie du lit et des lambris ont été données par la ville de Lyon à Marie-Antoinette à l'occasion de son mariage, mais elles n'ont été mises en place que sous le règne de Napoléon I", qui les a fait racheter et poser où elles sont.

Salon de musique (n« 21 du plan).

— C'était, au temps de Mane- Antoinette, le salo9i du Jeu de In reine. Il fut décoré par Tarchicecte Rousseau dans cette manière déjà un peu anguleuse et maigre, mais qui tenait encore par la grâce et le pittoresque au goût de l'époque précédente. Le plafond, représentant les Muses, est dé Barthélémy, l'un des derniers disciples de l'école de Boucher, qui n'avait -guère retenu de cette école que la facilité et la fadeur, sans la verve et l'éclat du maître. Les dessus de porte, en grisaille, sont du peintre Sauvage. Un magnifique guéridon en porcelaine de Sèvres de Georget (4806), représente les Saisons.

Ancien salon de Clorinde, ou salon des dames cT honneur [vt? 22 du plan).

-^ Ce cabinet doit son nom au sujet des peintures qu'Ambroise Dubois y avait exécutées, dans six grandes compositions tirées de la Jérusalem délivrée. Deux de ces tableaux se voient encore aujourd'hui dans la seconde partie de la chambre de saint Louis, appelée par quelques-^ans Buffet du Roi. Paul Bril y avait ajouté des paysages. Sous Louis XVI, cette pièce fut divisée en logements pour les femmes de la reine. Louis-Phi-

FONTAINEBLEAU. — LE CHATEAU

lippe y a substitué un salon dans le style de Louis XV, et a fait ouvrir une porte de communication dans le mur qui le séparait de la galerie de Diane.

ftftieiie dD Oiane. — BiUiotlièfiie*

La galerie de Diane, longue de plus de 80 mètres, et dont les croisées donnent sur 1« jardin de Diane, fut construite par Henri IV, qui y fit peindre par Ambroise Dubois la légende mythologique de Diane {V.

p. 448). On y arrive aujourd'hui, comme on y arriérait alors , par plusieurs degrés, qui rachètent la différence de niveau entre cette salle et celles des anciens bâtiments.

De la galerie d'Henri IV, des peintures de Dubois, il ne reste rien aujourd'hui. Tout tombait en ruine quaad l'architecte Heurtaut proposa à Napoléon de tout faire reconstruire.

La maçonnerie seule était terminée en 1815 ; et c'est la Restauration qui a fait exécuter la décoration actuelle. Louis XVIII, fidèle à sa tradition politique , data les travaux qu'il fit exécuter dans cette galerie de la vingt-hmtième. année de son régne, par un«> inscription placée sur les portes, et qu'on a eu le tort d'effacer depuis.

La galerie, voûtée en berceau, est partagée dans sa longueur en huit travées^ la voûte est ornée de peintures et de caissons chargés d'ornements dans le goût de la Restauration.

MM. A. de Pujol et Blondel furent ckargés des peintures de cette salle, dont ils se sont partagé l'exécution.

Nous indiquerons seulement les su* jets principaux de ces peintures, sans 8tyle,i sans originalité et sans carac" tëre, appartenant à ce mode acadé«mique banal qui a trop longtemps dominé dans la décoration de nos édifices modecnes, mais qui, particulièrement ici, à FontaÂDbebleau, dans le voisinage des peintures du Primatice, de Rosso et de Fréminet, ne ser-

vent qu'à faire ressortir l'infériorité artistique des premières années du xix° s. par rapport au xvi^ s.

Première travée : Au centre, J^S' culape rend la vie à Hippolyie (A. de Pujol). — Deuxième travée : Au centre, Laione implore Jupiter, qtti change les paysans de Lycie en grenouilles (Blondel).'— Troisième travée : Au centre, le Sanglier de Calydon (A. de Pujol)-— Quatrième travée : Au centre, Diane invoque Jupiier (Blondel), — Cinquième travée ; Au centre. Naissance d'Apollon et de Diane (A. de Pujol). — Sixième travée : Au centre. Hercule, sur le Mé' nale, saisit la biche aux pieds d'airain (Blondel).— Septième travée :

Au centre , Sacrifice d'Iphigénie. (A.

de Pujol). — Huitième travée : la Famille de Niobé (Blondel).

A l'extrémité de cette galerie «e trouve un salon décoré en stuc, daas le même style que la galerie. Les peintures sont de M. Blondel : au centre de la voûte, Diane déesse de la nuit. Les compartiments qui entourent ce tableau représentent des Amours et des Zéphirs portant des attributs de chasse : premier tableau à dr., Vénus reçoit les plaintes de Diane; deuxième tableau , Diane chasse Callisto; premier tableau à g.: Métamoiyhose d'Actéon; devaikme tableau, Dianeet Endymion. — Grand vase en biscuit de Sèvres. — Un meuble vitré contient les plus belles éditions modernes et d'autres du xv* et du xvi° s. ; ainsi qu'un choix d'anciennes reliures ayant appartenu à des personnages célèbres.

A dr. et à g. de la galerie, quelque» tableaux achetés aux expositions, sous la Restauration, n'offrent qu'un intérêt de curiosité comme spécimens de la peinture française à cette époque; à g. (en revenant de l'extrémité de la galerie), Diane de Poitiers demandant la grâce de son père à François P', par M™« Hmtdebourt'Lescau; à dr., en face, Clotilde engageant Clovis à embrasser le christianisme, par Laurent. Au milieu 4s

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

la galerie, à g., portrait équestre d*Henri IV, par Mauzaisse, Du même côté, avant le tableau de Mauzaisse, saint Louis au tombeau de sa mère, par Bouton; en face, Antoine de Bourbon donnant des joyaux à Jeanne d'Albret, par Revoit; à g. saint Louis délivrant les prisonniers , par Granet; en face , Tanneguy du Châtel sauvant le Dauphin, par Richard.

— Près de l'entrée à g., Charlemagne traversant les Alpes, par Hipp, Le Comte; en face, Jeanne d'Arc, par Régnier, Dans l'embrasure de l'une des fenêtres se voient l'épée et la cotte de mailles de Monaldeschi. ( V, ci-dessous, galerie des Cerfs.)

De la galerie de Diane on passe dans l'antichambre (n® 23 du plan) des grands appartements, ayant vue sur la cour Ovale. Mais, avant de s'y engager, les personnes munies de permissions peuvent aller, à g., visiter les appartements des Chasses (ancien appartement du prince impérial).

Ssoalier de la Reine * et appartements des Chasses (D du plan).

La cage de cet escalier fut décorée, sous le règne de Louis-Philippe, de plusieurs tableaux relatifs à des chasses: une grande toile de Charles Parrocel (1688-1752), représentant une chasse de Louis XV à Compiègne ; des chiens, par Fr. Desportes (1661- 1743) et par Oudry (1686-1735).

A g. de cet escalier sont trois pièces contenant des tableaux de C. Vanloo, d'Oudry et de Desportes représentant des chasses et des chiens de Louis XV. On remarquera dans la seconde salle : le Cerf forcé par Louis XV à la Roche qui Pleure (Fontainebleau) ; et le Cerf à l'étang de Saint-Jean (Compiègne).

Grands appartements.

A dr. de l'escalier des Chasses sont es grands appartements.

1 . On voit sur la rampe de fer de l'escalier le chiffV'e de Marie-Antoinette.

Antichambre (n® 23 du plan). — Cette pièce, donnant sur le portique de Serlio (cour Ovale), a été décorée par Louis-Philippe d'un plafond de sapin à compartiments dorés. Le roi fit enlever (]^uatre grosses colonnes qui l'obstruaient et ouvrir ime porte de communication avec le salon de Clorinde, situé par derrière. Trois panneaux en tapisseries des Gobelins (sujets allégoriques) furent placés à la même époque. On remarque une Baigneuse en marbre sur une console.

Salon des Tapisseries

(anciennement : des Gardes de la Reine).

Il est ainsi nommé à cause des belles et curieuses tapisseries de Flandre qui le décorent. Ces tapisseries représentent l'histoire de Psyché. Un plafond en sapin du Nord, remarquable par l'habile exécution de la menuiserie, complète les décorations de cette pièce, entièrement remise à neuf sous Louis-Philippe.

Salon de François i*'.

Les dénominations des différentes salles présentent quelquefois de l'incertitude, comme on peut aisément l'imaginer, à cause de leurs nombreux changements successifs de destination : ainsi cette pièce fut autrefois l'antichambre des appartements de la reine ; elle servit de salle à manger à la famille impériale. Le plafond à compartiments a été refait par Louis-Philippe. Le roi fit placer sur les murailles des tentures en tapisserie des Gobelins, exécutées d'après les tableaux de M. Rouget, dans le faux système artistique de ce genre de décoration qui régnait à cette époque, et représentant François P' refusant aux députés de Gand son appui à la révolte de leurs compatriotes contre Charles Quint; François I*'à la Rochelle ; Saint Louis' et les envoyés du Vieux de la Montagne ; Saint Louis,

FONTAINEBL-EAU. - LE CHATEAU

arbitra entre le roi d'Ang-leterrp et sesbaronE (12Gi); Heari IV et Grillon ; un Croisé; la France; HennlV à l'assemblée des notables à Rouen (1594); Saint Louis reccvniK riiomniage du duc de Bretagne (1234) , Saint Louis prisonnier. Ces la|>isseries oQt été enlevées et remplacées par de vieilles tapisseries deFlaiiiIre.

représentant des cbasses priucières.

Les lambris et les deui portes de chaque câté de la cheminée datentdeLouÏG

ttiom da Louis xni.

Cette pièce, une des plus curieuses du château, appelée gi-and eiibinet du roi ou chambre Ovale, servit de chambre à coucher à Marie de Médicis; c'est là qu'elle mit au monde Louis XIII, en 1601. Construite par François 1", décorée sous Hen- " restaurée en 1837,

i IV, elle

Ambroise Du-

abondante, re-

Théa^Ëneetite

monte visible-

Chanclée, su-

ment à l'épo-

jet tiré d'un ro-

que de Fran-

man grec d' H é-

çois I". An mi-

liodore, évé-

lieu se trouve

que de Tricc-J

un charmant

en Thessali.'

médaillon

au iv« s., ro-

peint à Tres-

man que la tra-

que , attribué

duction frao-

au Primatice.

et représen-

tant Mars et

et que Racin,.

Vénus. Au-

dessous de ce

cœur. Quatre

médaillon est

de ces ta-

un bas -relief en stuc, imité

bleaux ont été supprimés

de l'anUque.

sous Louis XV.

La restaura-

qui fit élargir

tion de cette Ch«

nlDée du action de Ptmit

,s 1", les portes, afin

de donner pas-

complétée par

sage aut roben

de Sèvres,

ïolumineuae-. des dames An mi

d'un style douteui.

lieu de» s

abesques et des diupluns

On remarquera deux

bahuts en

qui font 1

iitie de la deconliin ei

ébène des xvi* et xvn"

s. L'ameu-

duchiffie

de Mme de Medicis ou

blemenl du salon est e

voit l nller 1 & entrecoupe d un ti-ail

de Beauvais.

quHenii

Une porte, dissimulée dans l'an-

ment .le

outes ses lettres par al

gle du salon de François

I", s'ouvre

a pission pour Gabnelle (Esse-lraïf) Etrange de

sur un escalier dérobé.

d Estrees

boudoir de Marie- An loin

ette. (V. ci-

dessus, p. 468.)

et la morile Paul Brll decori

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

aussi ce salon de petits paysages en fleurs.

Une petite glace carrée, de Venise, est, dit-on, une des premières qui ont été fabriquées. On remarque sur une console un grand coffret en ivoire.

Au-dessus de l'emplacement du lit de Marie de Médicis se voit le portrait de Louis XIII enfant, assis sur un dauphin,' par Dubois.

« La petite porte, à côté de la place où est accouchée Marie de Médicis, conduisait à Pantichambre où Biron fut arrêté. » (Vatout.)

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