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PAVILLON DE SAINT-LOUIS

Saile de Saint-Loii».

Cette salle, divisée en deuxpièoesv a subi des changements i ellel était, sous François P', appelée la chambre-de Saint-Louis; elle fut décorée* alors dans le même style queda galerie dite de François 1°^*, à laquelle elle faisait suite. Les peintiwes à fresque, exécutées par Nicolo dell'Abate, sur les dessins du Prîmatiee^ les grandes figures, les fruits, les bordures de stuc modelées par PaJill Pooce; toute- cette riche ornementation, expression d'une' époque, fut détruite , présume-t-on ,sou8 Louis XIV et remplacée par une décoratiodi fort simple. Le roi Louis-Plii¥ippe a fait couvrir d'ornements le plafond^ peint en bleu, et tapisser les raurailies de quinze tableaux, dont cinq modernes, représentant plusieurs traits de la vie d'Henri IV ; Henri IV quittant Gabrielle ; Henri IV et Sully blessé â Ivry ; Henri IV chez le meunier Michaut ; Henri IV et Sully à Fontainebleau ; Henri IV et Sully chez Gabrielle. D'autres tableaux , de Nicolas Loir, représentent des Amours, avec différents attributs des Arts, des Saisons et de l'Industrie.

Louis-Philippe a fait placer sur la cheminée la statue équestre d'Henri IV par Jacquet, de Grenoble, qui faisait partie de la décoration de la

belle Cheminée j dont les autres fragments se voient dans la salle des Gardes. On sait que cette belle cheminée était placée dans une salle où Louis XV bâtit depuis un théâtre.

Un peu avant l'arrestation de Biron, Henri IV, averti de ses intelligences secrètes avec l'Espagne, se promenait dans cette salle, où le maréchal qu'il attendait vint le trouver. Henri s'arrêta devant sa statue de marbre blanc sculptée sur la cheminée et entourée de trophées : « Eh bien!

cousin, dit-il à Biron, si le roi d*Espagne me voyait comme cela, que dirait^il t — Il ne vous craindrait guère, » répondit Biron. Le roi lui lanoa un regard qui le fit rentrer en lui-même.

Saiort' des A ides^de- Camp^ seconde division de' la chambre de Saint- Louis. < — Trois tableaux de la suite I de l'histoire romanesque de Théagène et Chariclée, dont il est parlé à Tarticle précédent, y ont été transportés. L'un de oes tableaux, le dernier de la collection, dans l'angle à droite, représente l'union de Théagène et Chariclée, devenus prêtre et prétresse du Soleil et de la Lune ; on y voit le portrait de Dubois peint par lui-même, et, près de lui, les portraits de' Sully et du fameux banquier Zamet, qui se disait seigneur de 1 700 #00 écus: Cette salle contient également deux tableaux dont les sujets sont tirés de- ia Jét^salem délwvée.

Deis deux côtés de la porte donnant dans la salle des Gardes^ en- remarque les portraits de Louis XV et d'Henri IV, en tapisserie des Gobelins, et, à g., sur une console, une très- belle pendule de l'époque de Louis XIV représentant le char embourbé de Versailles.

Des pièces précédentes qui donnent sur la cour Ovale on passe à la salle des Gardes, ayant vue sur la cour de la Fontaine.

Salle été Gardes.

Celte salle, terminée en 1554 par

FONTAINEBLEAU. — LE CHATEAU

Charles IX (la première de ce côté des appartements de réception), fut longtemps laissée dans mi état presque complet d^abandon ; la restauration, qui date du règne de Louis- Philippe (1834), est Fœuvre de M. Mœnch. Il ne subsiste guère de la décoration primitive qufe le plafond et la frise. «Le plafond fut exécuté sous les règnes de François I«' et d*Henri II. Il fut refait une première fois en 4661. »> (ChampoUion- Figeac.) La boiserie, la tenture, imitant les vieilles tentures en cuir de Venise, sont modernes. Un magnifique parquet en marqueterie correspond, par son dessin, au dessin du plafond. La cheminée, œuvre de Jacquet et de son fils, qu'Henri IV fit placer en 1590, haute de 5 met. 30 cent, sur 4 met. de largeur, est formée d'une partie de fragments provenant de l'ancienne Salie de la belle Cheminée' (F. ci-dessus) ; le chambranle et les montants sont modernes. Les deux figures de la Force et de la PaiXj attribuées au sculpteur Francarville, appartenaient à la vieille cheminée, ainsi que la plus grande partie de Tornementation qui encadre un buste d'Henri IV.

Le reste de la décoration de la salle se compose de cinq portes, vraies ou figurées, au-dessus desquelles se trouvent cinq petits médaillons en camaïeu, renfermant des portraits de Fi*ançois I", d'Henri II, d* Antoine de Bourbon, d'Henri IV, de Louis XIII. Sur les panneaux ornés de figures allégoriques, des emblèmes et des devises traduisent le caractère le plus saillaatde chacun de ces rois. — Beau vase moderne en porcelaine de Sèvres garni d'émaux.

Petit salon de Louis ZY. '

On désigne sous ce nom une petite pièce située entre la salle des Gardes et le théâtre (aujourd'hui détruit) de Louis XV. Ce cabinet est orné de quelques peintures, parmi lesquelles on remarque celle du plafond, allé-

gorie consacrée à Louis XV, protecteur des arts et des sciences.

On traverse une petite pièce ovale (n° 24 du plan) pour arriver à l'ancienne chambre de la duchesse d'Étampes.

Escalier an Hoi (B, voir le plan).

Ancienne chambre de M"« d'Étainpes (ou d'Alexandre).

Dans la partie supérieure de cet escalier était située originairement la chambre de la duchesse d'Étampes, appelée depuis la chambre d'Alexandre, du sujet des compositions peintes à fresque qui la décoraient.

Elle fut diminuée sous Henri IV Les peintures en ont été attribuées successivement à Rosso, à Nicolo deU'Abate et au Primatice. Ce fut Louis XV qui fit bâtir cet escalier^ non pas cependant tel qu'il est aujourd'hui ; car les voussures, décorées de médaillons contenant des portraits de rois de France, qu'on y voit maintenant, remplacent un plafond, et remontent seulement à Louis- Philippe. La peinture du plafond, représentant Y Apothéose iV Alexandre, e&i d'Abel de Pujol (1838). — Les sculptures sont, dit-on, du Primatice : la reine Marie Leczinska en fit voiler les nudités.

C'est le Primatice qui a fourni les dessins des compositions dont le héros est Alexandre, ou plutôt François I®', qu'un peintre courtisan se plaît^ à comparer au grand conquérant macédonien. Rapetissant le héros de l'antiquité aux proportions du chevaleresque personnage de François I®', l'artiste représente sa .vie privée et ses faiblesses, comme pour excuser celles du roi. « Ces peintures, dit M. Poit-son, ne sont pas licencieuses, mais elles sont libres :

prince et maîtresse ont atteint la dernière limite des mœurs faciles.'»

Eu 1569, Nicolo delVAbate peignit plusieurs tableaux de la vie d'Alexandre. (On trouve, dans les comptes de dépenses du temps de Char-

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

les IX, qu'il lui a été payé 215 livres pour ces peintures, 16 autres tableaux, et pour la restauration d'un tableau du Titien.)

Ces tableaux sont au nombre de huit. Dès Tannée 1642, quatre de ces tableaux, sans être détruits, étaient méconnaissables : Tenduit sur lequel trois étaient peints, le Festin à Babylone, la Mascarade de Persépolis, Alexandre cédant Campaspe, fut détaché du mur à l'époque de la transformation de cette chambre en escalier : et il ne reste rien de ces trois tableaux. Les autres furent abandonnés àTaction destructive du temps. Dans sa restauration, M. Abel de Pujol a substitué à la Mascarade de Persépolis une scène de son invention : Alexandre coupant le nœud gordien. « De quelque côté, dit M. Poirson, que Ton envisage l'altération que s'est per^ mise M. Abel de Pujol, on la trouve également fâcheuse. La scène des masques de Persépolis était prise dans le môme esprit que les autres morceaux de la chambre de M™® d'Étampes, tandis que le Nœud gordien est pris dans un ordre d'idées tout différent. Enfin, les moyens ne manquaient pas pour nous rendre cette page enjouée du Primatice : la gravure de la scène des masques existe à la Bibliothèque du roi. » Les huit compositions, telles qu'on les voit aujourd'hui, sont, en tournant le dos à la cour Ovale.:

1° Médaillon à droite : Alexandre domptant Bucéphale; 2<> tabllBau :

Alexandre offrant une couronne à Campaspe; 3° Timoclée, dame thébaine, amenée devant Alexandre ; 40 tableau du fond : Alexandre enfermant le poème d'Homère dans une cassette ; 5° Thalestris, reine des Amazones, vient trouver Alexandre.

(Cette peinture se trouvait au-dessus de la cheminée.) 6° Sur la partie gauche, médaillon : Alexandre coupant le nœud gordien (inventé par Abel de Pujol) ; 7° tableau : Festin de Babylone; 8° médaillon : Alexan-

dre donnant Campaspe au peintre Apelle, «La restauration, dit M. Poirson, sur l'examen judicieux duquel on est heureux de pouvoir s'appuyer, a introduit dans ces peintures des changements notables.... M. Abel de Pujol a introduit dans plusieurs figures entières, et dans beaucoup de têtes, les formes adoptées par David et son école, qui diffèrent entièrement de celles de la Renaissance.

Pour la restauration de ces tableaux, M. Abel de Pujol a employé le procédé de la peinture à l'encaustique.

Par l'usage qu'il en fait, son coloris s'éloigne de celui de la fresque, se^i teintes ont un fondu et un fini extrêmes, beaucoup de brillant... quelque chose de vaporeux ; le tout ensemble très-étranger à la manière que le Primatice avait adoptée. » M. Poirson signale l'Alexandre renfermant les œuvres d'Homère, et surtout le Festin de Babylone, comme deux restaurations scrupuleuses. Le médaillon n^ 8 (Alexandre cédant Campaspe) est une composition charmante.

Du palier de l'escalier du Roi (B du plan), on entre dans une pièce de forme irrégulière (n° 25 du plaui), et, de là, par un corridor étroit, situé derrière l'appartement de M™* de Maintenon, on se rend à la galerie d'Henri II.

Appartement de H"' de Haintenon

(fermé). — Il comprend cinq pièces : le salon, la seule pièce un peu grande, se compose de la portion antérieure, qui formait, dans le principe, une loggia ouverte, et d'une autre partie en retraite et un peu sombre. On y remarquera un meublo de Boule d'une forme singulière. La tapisserie du canapé aurait été exécutée, dit-on, par les Demoiselles de Saint-Cyr. Elle est d'un éclat et d'une fraîcheur de couleur qui , à notre avis , ne permettent guère de le croire.

A côté de ce salon sont deux petites pièces; l'une, sur le devant, est un cabinet de toilette (n" 26 du plan) ; on y n placé le joli tableau de Vien : la Marchande d'Amours, et deux médaillons do fleurs, d'une merveilleuse exécution , en

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