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APPARTEMENTS LOUIS XV

Cabinet de toilette (n* 7 du plan).

— On y remarquera^ une très-belle commode en marqueterie de l'ébéniste Riésener; les bronzes sont de Goutière.

Chambre à coucher (n<* 6 du plan).

— Le bois de lit, de l'époque de Louis XIV, a été élargi et restauré sous Louis-Philippe. C'était la chambre à coucher de la duchesse d'Orléans.

Salon de réception (n^ 5 du plan).

— Ancienne tapisserie des Oobelins, représentant le Paimasse. On y voit deux tableaux de fleurs semblables, l'un en peinture, l'autre en tapisserie des Oobelins. Ce salon fait l'angle du pavillon donnant sur l'étang.

Salon d'attente (n** 4 du plan). — Les dessus de porte sont attribués à Mignard. Ancienne tapisserie des Oobelins représentant un sujet mythologique.

Antichambre (n® 3 du plan). — Cette pièce a vue sur l'étang et sur la belle allée du jardin qui le borde. On y remarque trois paysages de Breughel.

Galerie des Fastes. — Cette galerie n'est pas terminée. Actuellement

FONTAINEBLEAU. — LE CHATEAU

(1877) elle est ornée de tableaux fia* mands représentant les mois de Tannée. C'est dans cette galerie que doivent -être réunies les peintures destinées à rappeler les principaux événements historiques du château.

Galerie des Fresques

(vulgairement : des Assiettes).

Cette dernière dénomination provient des assiettes en porcelaine peintes et représentant les résidences royales, dont Louis-Philippe a bizarrement décoré les panneaux en bois de chêne et or de cette salle, créée par lui sur remplacement d'une terrasse en plein air. Il y a transporté aux plafonds des peintures d'Ambroise Dubois, peintre ordinaire d'Henri IV (né en 1543, mort en 1614). Elles étaient autrefois dans la galerie de Diane. On remarque surtout une danse d'enfants autour du chiffre d'Henri IV. Ces peintures à fresque ont été transportées sur toile et restaurées par Alaux.

On retraverse ensuite la galerie des Fastes, et on voit s'ouvrir à dr.

un long couloir de l'aile de Louis XV, tapissé de tableaux dont la plupart ont leurs sujets indiqués sur leurs cadres. A l'entrée de ce couloir, à dr., beau vitrail de Maréchal. A l'extrémité est la nouvelle salle de spectacle, pouvant contenir 300 personnes, et construite sur les plans de M. Lefuel. Revenant sur ses pas, on quitte le palais par un escalier donnant sur la Cour des Adieux.

Appartements partioaUers.

Il reste encore, en dehors des appartements que nous venons de parcourir, des appartements particuliers, que l'on ne visite qu'avec une permission spéciale, et qui n'offrent d'ailleurs qu'un médiocre intérêt. Ces appartements sont : l*' Ceux de l'aile ^Louis XV, au premier étage, qui était habité , sous Louis-Philippe , par le duc de Nemours. On y voit quatre tableaux d'animaux, de Desportes,

une Chasse, de Mélin, et des tapisseries des Gobelins. 2^ Des appartements situés au rez-de-chaussée, et ayant vue sur le jardin de Diane ; et 3<* l'ancienne galeiHe des Cerfs, que l'on restaure aujourd'hui dans son état primitif. C'est là que devront être placées l'épée et la cotte de mailles de Monaldeschi, près de la fenêtre où il fut tué par ordre de Christine, /e 10 novembre 1657; 4® enfin, le musée chinois, au rez-de-chaussée du pavillon donnant sur l'étang, composé de plusieurs pièces remplies d'objets curieux provenant de l'expédition de 1864, et dont l'entrée est indiquée par deux chimères. On obtient très-difficilement l'autorisation de visiter ce musée.

La cour des Offices ou d^ Henri IV, avec les bâtiments qui l'entourent, forme une annexe importante 4u château, comme on peut le voir sur le Plan d'ensemble {V. p. 446). Ces bâtiments sont occupés aujourd'hui par les élèves de V Ecole d'application de Vartilleine, qui était jadis à Metz et qu'il est question d'établir définitivement à Bourges; l'entrée en est interdite au public.

Le pavillon de Sully, aujourd'hui isolé du château, se trouve à l'angle du Parterre (F. p. 486), près de la grille du parc qui s'ouvre sur la grande avenue conduisant à la porte d'Avon. Cet édifice parait avoir été bâti primitivement par François !•'.

C'était le logement du grand' maître et du grand chambellan. C'est là qu'habitait Sully, (][ui, à ses autres titres, joignait celui de surintendant des bâtiments de la couronne.

Anciens Jardins.

Dans l'origine , les rois, pour qui le château de Fontainebleau était une simple maison de chasse, ne durent avoir d'autre jardin que la forét qui l'entourait. Puis les constructions, s'étendant, mais se fortifiant, et s'entourant de fossés, durent seu-.

lement contenir une cour ou préau.

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

SouB François 1", quand la forteresse féodafe se transforma en palais de plaisance, les jardins devinrent uu compl.- ■ ■

s ga-

leries qui surgissaient du sol lesquelles , à la place des étroites meurtrières des anciens châteaux forts, de larges fenêtres étaient ouyerles, pour procurer aux nobles habitants l'agrément de la vue sur de riantes perspectives. L'arrangement de ces anciens jardins, comme Castellaa en a justement fait la remar-

3ue, ressemblait beaucoup à celui ont Pline le Jeune nous a laissé la

description. C'étaient des bosquets d'ifs, de cyprès et d'arbres tailles, des berceaux, de petits parterres A Qgures régulières, de petites allées à bordures de buis, avec des statues, des viviers, des volières.... puis des vignes et des vergers. La France dut emprunter alors à l'Italie la disposition des jardins de ses villas, comme elle lui empruntait son architecture et sa peinture; et, dans ces jardins, composés par des architectes, la verdure et les arbres n'étaient pour ainsi dire que l'accessoire. On consultera avec intérêt, à cet égard, uu dialogue de noire Ber-

nard Palissy, oii il fait la description d'un jardin délectable selon ses idées ; et l'ouvrage de Ducerceau contenant les plans des jardins de Fontainebleau (Des plus excellenls bastimenls de France, j>ar J. Androaet Ducerceau, 2 vol. in-4, 1576).

Le plus ^rand charme des jardins de Fontameblean conaislait dans l'abondance des eaui qu'on y avait rassemblées de toutes parts. Pour

énorme chaussée aboutissant A la porte Dorée, et fermant l'étang, dont le trop-plein s'échappait par des conduits ménagés dans un parterre.

Ce premier jardin siibit sous Hen-

ri IV des changements importants.

Sous François I*', on rappelait le jardin du Roi; il prit ensuite la dénomination de jardin du Tibre.

Louis XIV, à son tour, bouleversa lé parterre d'Henri IV. puis, comblant les eanaiti. fit disparaître les ouvrantes hydrauliques de Frnncini, et Le Nôtre fut chargé de donner au jardin une nouvelle disposition. C'est Et peu prés celle qu'il a encore aujourd'hui. Le Nûtre lit en effet éle-

quile domina d'une manière si agréable pour les promeneurs. Le bassin creusé au milieu des quatre carrés ref ut au centre un rocher factice

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

qui n'a été détruit qu'en 1817.

Le grand canal^ creusé par Henri IV, servit plusieurs fois à des fêtes nautiques durant la jeunesse de Louis XIV. Fontainebleau était alors le théâtre des , plaisirs d'une cour jeune et galante.

A voir aujourd'hui les jardins de Fontainebleau, si verdoyants et si luxuriants, on a peine à se rappeler qu'ils furent plantés sur un terrain ingrat, sec, stérile, et que, sous Henri IV même, ils se montraient encore obstinément rebelles aux soins et aux efforts de la culture. Un jour lé Béarnais, se promenant avec d'Épernon dans les allées du parc, se plaignit à un jardinier, avec sa pétulance ordinaire, que les parterres étaient mal garnis de fleurs. « Sire, répondit celui-ci, je ne puis rien faire venir dans ce terrain-là. — Sèmes-y des Gascons, dit le roi eu riant et en regardant d'Epernon; ils poussent partout. »

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