‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 40 sur 562 · STATION. — PUTEAUX · texte numérisé non relu

STATION. — PUTEAUX

10 kil. de la gare de la rue Saint-Lazare, 8 kil. de Paris. On compte 1,300 met.

du pont de Neuilly au pont de Suresnes.

Puteanx* (Puteoli) est un v. de 9,594 hab. (Seine), n'offrant aucune importance historique, malgré sa grande ancienneté. Aux xvii® et xviii® s., on y voyait un grand nombre de maisons de campagne appar* tenant à des familles nobles. Presque partout les usines y ont remplacé les villas. Il ne reste que le château^ construction d'un certain caractère.

COURBEVOIE. — STJRESNES.

abandonné ainsi que son parc, et loué en été pour des amusements publics. Les principales fabriques bordent le quai. On remarque sur* tout les usines pour l'extraction de la matière colorante des bois de teinture ; des usines pour apprêts et teintures de tissus , des fabriques d'impressions, un atelier de construction d'appareils et de machines, etc.

Les habitants de Puteaux cultivent la yigne et des rosiers dont les fleurs, vendues aux parfumeurs de Paris, servent à fabriquer de Tessence de rose.

U église (xvi« s.) présente une voûte en bois qui date de la construction et deux verrières anciennes, dont Tune est à peu près entière. — La chapelle protestante esidu style pseudo-roman.

En face du quai de Puteaux s'étend Vile qui porte le nom du village, et qui cache en partie la vue de Saint-James. Cette île appartient à à M. de Rothschild.

Sur le quai s*élève Vhôtel de ville, construit en 1854.

Au-delà de Puteaux, les tranchées s'abaissent^ et Ton découvre à g.

une vue étendue sur le cours de la Seine, le bois de Boulogne, les coteaux de Saint-Cloud, de Bellevue et de Meudon, et la ville de Paris. Le chemin de fer est à 63 met. (40 met. au'dessus du niveau de la Seine, qui est à 23 met. 42 cent.). A la base des coteaux, sur lesquels la voie s'élève de 20 met. de l'avenue de Neuilly à la station de Montretout, s'étendent les villages de Puteaux et de Suresnes. A dr., on est dominé parle Mont- Valérien.

5* STATION. — 8URESNES.

IS kil. de la gare de Saint-Lazare, 10 kil. 500 met. de Notre-Dame, 2 kil. 500 met. du pont de Neuilly, 1 kil. 300 met. de Puteaux, 3 kil. du pont de Saint-Cloud, 3 kil. de la porte de Passy, 3 kil. 500 met. de Rueil, 3 kil. de Nanterre.

Snresnes *, en latin Surisnx, cédé à Robert, comte de Paris, par Char-

les le Simple, en 918, n'est célèbre que par les conférences qui décidèrent Henri IV à se faire catholique, en 1593.

Tous les ans, le dimanche le plus rapproché du 21 août, a lieu le couro?mement de la rosière, cérémonie instituée à la fin du xviii^ s. par un M Héliot. Les noms des rosières demeurent affichés dans l'église (dans une chapelle, à g.). Cette église, des xv® et XVI® s., ne mérite pas une visite. La voûte est en bois; le chœur, irrégulier, est plus élevé que la nef.

Le quai est bordé d'usines et de maisons de campagne, dont la plus belle appartient à M. de Rothschild.

Le 25 février 1848, elle fut brûlée par une bande de voleurs et d'incendiaires, qui en saccagèrent les magnifiques jardins. Vingt-deux de ces misérables furent pris, et, le 11 novembre, condamnés, les uns à l'emprisonnement, les autres à plusieurs années de travaux forcés. Le château a été reconstruit depuis lors, et restauré après le siège de 1870.

Un barrage écluse, qui se compose d'un canal et d'une digue, a été construit à Suresnes. Le canal, établi le long de la rive g., a 150 met. de longueur et 24 de largeur. La digue, qui a. 80 met. de longueur sur 19 de largeur, se soude à la muraille du passage écluse près de sa porte d'aval, et traverse une partie de la rivière. Elle arrive jusqu'à la hauteur de l'ile Rothschild, mais son musoir se dresse à 40 ou 50 met. de cette île, de façon à laisser une ouverture pour un déversoir.

Suresnes communique avec le bois de Boulogne par un pont de 3 arches.

Ce village , patrie du célèbre architecte Perronnet, fait encore partie du départ, de la Seine (arrond. de Saint-Denis). Sa population dépasse 6,477 hab., presque tous vignerons et blanchisseurs. A peu de distance de sa dernière vil la, on entre dans le départ, de Seine-et-Oise.

Des études ont été commencées.

DE PARIS A VERSAILLES

en 1875, pour la construction d'un chemin de fer de Suresnes à Marl^.

Szonrsfon an Mont-Valérien.

Suresnes est situé sur la rive g.

de la Seine, à 30 met. au-dessus du niveau de la mer et à la base du Mont-Valérien, qui le domine de plus de 130 met.; car sa hauteur absolue est de 161 met. 30 cent. Il suffit de 25 ou 30 min. pour monter du pont de Suresnes à la forteresse qui couronne aujourd'hui cette colline isolée. Le chemin de fer, sur lequel on passe, est à 68 met. 8 cent.; la porte d'entrée de la forteresse, à 122 met. 8 cent.

Le Mont-Valérien portait autrefois un ermitage où se rendaient de nombreux pèlerins pour en visiter le calvaire. Sous Louis XIII, les prêtres de la Croix y fondèrent, de leur côté, un couvent et une église qu'ils voulurent vendre, en 1663, aux Jacobins de Paris . Le chapitre de Notre-Dame y forma opposition ; mais les Jacobins purent s'établir au Mont-Valérien.

En 1791, les deux communautés furent supprimées ; les prêtres de la Croix, rétablis après le Concordat, furent de nouveau chassés par Napoléon, parce que, disait-on, des évéques se réunissaient chez eux pour comploter contre le gouvernement. Napoléon, destinant le Mont- Valérien à un établissement d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'honneur, fit bâtir un édifice orné de colonnes avec un fronton décoré d'un basrelief; mais son projet n'eut pas de suite. Sous la Restauration, une nouvelle communauté, celle des Pères de la Foi, s'établit sur la montagne. M. de Forbin- Janson, depuis évêque de Nancy, se fit construire à côté une maison de campagne, aujourd'hui résidence du commandant du fort.

hea missionnaires furent chassés par la révolution de juillet 1830, et les bâtiments de la congrégation furent détruits en 1841, lors de la construction de la citadelle, excepté l'édifice de Napoléon l", qui sert d'habitation aux officiers.

La reddition du Mont-Valérien était comprise parmi les conditions que proposait M. de Bismark à M. Jules Favre, le 20 septembre 1870, au moment où compiençait l'investissement de Paris. Le gé-

néral Trochu, gouverneur de Paris et président du gouvernement de la Défense nationale, résida au Mont-Valérien durant la plus grande partie du siège. L^armistice n'ayant été signé que le 28 janvier 1871, tous les forts entourant la capitale devaient être évacués par leurs garnisons. Le bataillon qui occupait le Mont-Valérien le quitta le 19 mars au matin, au moment même où rinsurrection triomphait à Paris, et l'on ne songeait point à le remplacer. Le général Vinoy, justement inquiet de cet abandon, qui pouvait mettre Versailles à la discrétion des insurgés et enlever aux troupes du gouvernement la clef de Paris, finit par obtenir de M. Thiers, dans la nuit du 19 au 20, la réoccupation de la citadelle par tout un régiment. Fort heureusement, les fédérés s'aperçurent trop tard de l'abandon du Mont-Valérien, et lorsqu'ils voulurent s'en emparer, ils y trouvèrent la nouvelle garnison, qu'ils soj[nmèrent vainement de se rendre. Les canons du Mont-Valérien décidèrent en grande partie le succès des journées des 2 et 3 avril {V. Courbevoie et Rueil).

La forteresse du Mont-Valérien, destinée à servir de lieu de sûreté pour les approvisionnements d'armes et de munitions , a coûté 4,500,000 fr., et peut loger, outre le personnel d'artillerie et le matériel, 1,500 hommes d*infanterie. Elle contient 68 canons en temps de guerre.

A rintérieur s'élèvent deux casernes et une belle salle d'armes, disposées sur trois côtés d'un grand carré servant de champ de manœuvres à la garnison. Dans la partie basse du fort, sont placés les magasins, les ateliers, la saèle d'artifices et le corps de garde de la porte d*entrée.

Le cimetière de l'ancien couvent est entièrement compris dans l'enceinte fortifiée. Les concessions de terrains ont été respectées.

Pour asseoir les fortifications nouvelles sur des fondations solides, et pour ôter en outre tout abri à l'assiégeant, il a fallu abandonner et combler les carrières exploitées dans les flancs de la montagne^ et dont quelques-unes s'enfonçaient jusqu'au centre de la masse.

DE PARIS A VERSAILLES

Les étrangers qui désirent visiter le Mont-Valérien doivent en demander la permission au colonel conimandant la place, qui Taccorde s'il le juge convenable.

Le Mont-Valérien mérite la visite de tous les étrangers. On y découvre le plus beau panorama des environs de Paris ; en effet, on aperçoit la vallée de la Seine, d'un côté, jusqu'à TembouchuredelaMarne ; de l'autre, jusqu*à Saint- Germain et jusqu'à Saint-Denis , et , quand le temps est très-clair, jusqu'à Mantes.

Le chemin de fer s'élève de 14 met.

de Suresnes à Saint-Cloud. A travers les arbres dont il est bordé , on découvre à g. de charmants points de vue : la Seine, ses îles, ses ponts, les coteaux de Saint-Cloud, de Bellevue et de Meudon, le bois de Boulogne , Paris , Montmartre et les hauteurs de Belleville.

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