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STATION.— SAINT-CLOUD

15 kil. de la gare de Saint-Lazare; 11 kil. de Paris par la route de terre, 3 kil. de Suresnes, 6 kil. de Neuilly, 14 kil. de Saint-Denis, 500 met. de Boulogne, 1 kil. 500 met. de Sèvres (les deux ponts), 3 kil. de Bellevue, 2 kil. de Garches, 4 kil. de Thospice de la Reconnaissance, 8 kil. 500 met. de Rocquencourt, 3 kil. 500 met. de Ville-d'Avray, 5 kil. 750 met. do Versailles.

Situation. — Adiflees publies.

Saint-Gloud *, V. de 8,956 hab., est pittoresquement située sur le penchant d'une colline qui domine la rive gauche de la Seine et que couvrent les hautes futaies du parc , du château aux coteaux de Sèvres. On y arrive, quand on a pris la route de terre, par un pont en pierre, à l'extrémité duquel , sur la place Royale, s'ouvrent la grande avenue du bas parc, et l'avenue Royale (à g. de laquelle se trouvent, en contrebas, les casernes) menant au château. A dr. est une large rue, ou-

verte sous Louis Philippe, et qui, traversant une partie de Saint-Cloud, va, par les hauteurs de Montretout, rejoindre la route de Versailles (F- Section III, C).

Les rues de Saint-Cloud sont en pente si rapide, qu'il a fallu pratiquer sur plusieurs points des escaliers pour les gravir. Les maisons ont été en grande partie reconstruites depuis l'incendie du 28 janvier 1871. V église, bâtie en 1865 dans le style du xii» s. par M. Delarue, est surmontée d'une flèche élégante en pierre. A côté s'élève le nouvel hôtel de ville (1870-1873). Devant l'église, contre une maison ruinée, se dessine un vieil arc ogival , reste de Pancienne église collégiale où avait été enterré saint Clodoald. Des fouilles récentes, ont fait découvrir la crypte où son tombeau resta déposé pendant 1,200 ans.

Histoire.

Saint-Cloud doit son nom au troisième fils du roi Clodorair, Clodoald, qui, échappé au glaive de ses oncles, s'y retira et y vécut saintement (*f* 560). Auparavant, ce lieu appelé Nogent se perdait dans la forêt de Rouvray. Clodoald, devenu possesseur de Nogent, le légua aux évéques de Paris, qui augmentèrent Timportance du village. Un pont de bois le mit en communication avec Paris ; il fut plus tard entouré de fortifications, et, après avoir résisté aux An^^lais en 1346, il fut brûlé par eux après la bataille de Poitiers. Occupé ensuite par les factions qui ensanglantèrent le règne de Charles VI, il se releva de ces désastres ; déjà il renfermait des maisons de plaisance appartenant à la famille royale.

François I" habita le palais qde l'évé que de Paris possédait à Saint-Cloud.

Henri II s'y fit bâtir une. villa dans le goût italien et remplaça le vieux pont de bois par un pont de pierre de quatorze arches. Catherine de Médicis y donna des fêtes dans une maison appartenant au banquier Gondi, et c'est dans cette maison qu'Henri IH fut assassiné par Jacques Clément.

Après la mort d'Henri III, Henri de Navarre s'installa dans la maison du Tillet, l'une des plus belles du bourg, où il

SAINT-CLOtID.

La maison de Goodi, iprès avoir

Tird. fut achetée en Iffig. pour MoDsii frère de Louis XIV. Elle devint, gr »u duc ii"Orléans, un palais dont Lh Ni destina les Jardins, et dont la brilli Heoriette fot quelque temps le plus

1, oii, dil Bossuet,

'instigntion du chevalier de Loiraioe. lo 'avori de Monsieur, qu'elle avut fait ixiler. Louis XIV fut heureux d'apprendre

JMdins de Sainl-Cloud ï ïoccasion i

le Saint-Cloud en 1870.

mariage de MoDSieu Les guettes du te

magnificence l'éclat de toutes les fêtas précédenles. Le peuple y prit part. Devenu veuf, le duc d'Orlians épousa secrètement M" la marquise de Mon te aaon. et

DtCloud. Cette belle résidence fut uise, en I78.i, pour le prix de B niilis, pur la reine Marie-Antoinelta. qui remania et en changea les disposl- 19. Mais Marie-Aatoinetle n'habita pas ^mps Saint-Cloud. La Révolution rêva le parc pour l'offrAnen/ de> ciloyena, le soDgea point ï entretenir le chiu. La première République succoinha à nt-Cloud, le 18 brumaire, dans un !ui coup d'État. Le Directoire y avait

DE PARIS A VERSAILLES

installé le conseil des Cinq-Cents. Bonapapte, revenu d'Égjpte, s'y présenta, au moment où le président Lemercier donnait communication d'un message annonçant que le Directoire n'existait plus, au moins de fait. Bonaparte prit la parole et protesta de la pureté de ses intentions ; mais, vivement interpellé, il se troubla, pâlit, et se retira protégé par sa garde. Peu après, il ordonnait à Murât de faire évacuer la salle par les baïonnettes. On battit la charge, et les soldats envahirent le sanctuaire des lois, comme s'il s'était agi d'emporter une citadelle. Un grand nombre de députés s'échappèrent par les fenêtres. Cette journée du 18 brumaire fit Bonaparte consul. Bientôt le premier consul de la République, réélu pour dix ans, fut proclamé consul à vie. Les demeures royales furent mises à sa disposition, et il choisit, pour sa résidence d'été, le palais de Saint-Cloud, qui avait été le berceau de sa puissance. A la fin de 1801, il fit exécuter avec la plus grande promptitude les changements de distribution et les restaurations nécessaires. La dépense de ce travail s'éleva à 3 millions 141^000 francs.

En mars 1805, le pape Pie VU, baptisait en grande pompe, à la cha^^lle de Saint-Clou(i, le fils de Lo^is Bonaparte; et cinq ans après, le mariage religieux de Napoléon avec Marie-Louise y fut célébré, le l" avril 1810.

En 1815, lorsque Paris dut se rendre, la capitulation fut signée -à •Saint-Cloud, le 3 juillet. « Les jardins, envahis par une horde d'étrangers, présentaient l'image d^un camp, et les chevaux du Nord se désaltéraient dans les belles eaux du parc. Un vainqueur brutal s'était couché tout habillé dans le lit de Napoléon : heureux dans son orgueil de déchirer avec ses éperons les draperies impériales ! une meute de chiens qui le suivaient partout occupaient et dévastaient le boudoir de l'impératrice, et les livres de la bibliothèque, jetés pêle-mêle sur les parquets, attestaient son respect pour la civilisation. » A cette époque, les beaux ombrages de Saint-Cloud connurent encore l'éclat d'une fête ; mais c'était une fête offerte par les envahisseurs de la France, par le prince de Schwartzenberg, aux souverains étrangers.

Louis XVIII, après avoir fait disparaître les tristes vestiges de l'invasion, vint habiter le palais, le 18 juin 1817. En 1818, des écuries furent construites pour les gardes du corps ; en 1820, on termina la

chapelle commencée par Marie-Antoi' nette, et Heurtot dessina sur la montagne de Montretout, pour les promenades et l'instruction botanique du duc de Bordeaux, un jardin, décoré, après l'expédition d'Espagne, du nom de Trocadéro.

Charles X fit élever, sur l'emplacement de la maison des pages et sur celui du couvent des Ursulines, les bâtiments du grand commun pour les employés des difierents services de sa maison. Une caserne pour les gardes du corps fut construite aussi dans les jardins du bas parc, au-dessous de l'avenue Royale menant au château.

Ce fut à Saint-Cloud que Charles X signa les fatales ordonnances du 24 juillet 1830, qui devaient entraîner sa chute . Il le quitta le 30 juillet, à 3 heures du matin, et succomba en ce lieu même où Henri IV, le chef de la maison de Bourbon, avait été salué roi.

Louis-Philippe partagea ses étés entre Neuilly, sa résidence de 'prédilection, et Saint-Cloud, qui lui rappelait les souvenirs de sa jeunesse, et où il vint s'établir avec sa famille le 27 mars 1832. Sous ce prince, le château, le parc et la ville elle-même subirent de grandes modifications. Les distributions intérieures du palais furent changées, les appartements furent restaurés, .richement décorés et meublés ; des routes nouvelles furent tracées dans le parc ; les étangs de Villed'Avray, qui fournissent l'eau au parc et au château, furent curés avec soin ; la grande cascade fut reconstruite en partie, et une nouvelle source d'eau amenée pour alimenter le bassin des 24 jets d'eau; le chemin de fer de Paris à Versailles obtint la concession du passage à travers le parc, et une route nouvelle, ouverte à la droite du pont, mit Saint- Cloud en communication avec Versailles et les villages des environs.

Napoléon III passala plus grande partie des étés au château de Saint-Cloud ; il y avait fait exécuter quelques travaux et placer, au fond du vestibule, une statue de Sapho, dernière œuvre de Pradier, qui avait été exposée au salon de 1852, couverte d'un crêpe. L'Empereur se trouvait à Saint-Cloud au moment de la déclaration de guerre à la Prusse en 1870. 11 n'en partit que le 27 juillet, pour aller prendre à Metz le commandement de «( l'armée du Rhin. » Comme Charles X, c'est dans ce château qu'il devait cesser véritablement d'être souverain ; le château, à son tour, allait cesser pour jamais de donner

DE PARIS A VERSAILLES

abri k une cour française. L'impératrice le quittait précipitamment le 7 août, à la nouvelle du désastre de Wœrth, et, deux mois après, le 13 octobre, un incendie allumé , ci'oit-on , par les Allemands faisait du palais un monceau de ruines.

La ville fut, de son côté, cruellement éprouvée durant la dernière guerre. Le 5 octobre, les Prussiens en expulsaient les habitants, qui trouvaient un refuge à Versailles. Les maisons, demeurées désertes, déjà endommagées par les feux des forts et notamment du Mont-Valérien, brûlaient, le 28 janvier, pendant la négociation de l'armistice, au moment où leurs possesseurs se disposaient à y rentrer.

Par ordre supérieur, les Prussiens y avaient mis le feu avec du pétrole. Seule, la nouvelle église échappa à ce terrible incendie.

Aujourd'hui , la ville est presque en entier reconstruite ; mais le château demeure complètement ruiné, et il n'est nullement question de le rebâtir. Avec lui ont péri les chefs-d'œuvre de Miguard et surtout la magnifique galerie d'Apollon, les peintures de Le Moyne, de Nocret, de Loir, des marines de Joseph Vernet et un grand nombre d'objets d'art. On retrouve seulement, dans les murailles calcinées de la cour d'honneur, 8 statues en pierre dont quatre ont perdu leurs tètes. Quelques débris de la bibliothèque ont été sauvés par le prince royal de Prusse ; des vases, des meubles et des statues ont été emportés en Allemagne par des généraux qui se les étaient mutuellement offerts en présent.

Pare de Saint-Clond.

Le parc de Saint-Cloud contient 392 hectares (1,146 arpents). Il se divise en parc public et parc réservé.

Le parc réservé contient de belles avenues ombragées, et, à Tune de ses extrémités, des hauteurs de la Brosse , on jouit d'un beau point de vue sur les bois de Marnes et de Ville-d'Avray. Il est partagé en deux par le chemin de fer de Paris à Versailles, qui le traverse vers le milieu dans sa largeur {V. p. 18). Des ponts jetés sur la tranchée du chemin de fer permettent de passer d'une des portions du parc dans Tautre. Des parterres, ornés de bassins et de quelques statues demeurées debout

ou relevées après 1871, s^étendc devant le château ; ils sont ouve:

au public, moins le jardin dzc Ti cadéro (V. ci-dessus, p. 10), situé s les hauteurs, au N. du château. « I.

eaux qui embellissent les jardins alimentaient tous les services Thabitation viennent des étants i Ville-d'Avray. Elles se réunisse au grand réservoir du parc, à 81 m j au-dessus du niveau de la Seine. Le volume total, en y ajoutant celui < la nouvelle source, tirée des eui rons de Garches, près de la por Jaune, peut être évalué à la mesui moyenne de 14 pouces fontainiers ^.

Portes du parc. — On entre dai le parc, — du côté de Saint- Cloud 1^ parla grande grille, sur la pla,< Royale {V. p. 8) ; 2° par une ruelJ dite du Château, donnant dans 1 grande avenue du château (F. p. 8) — à l'extrémité du parc, du côté d Ville-d'Avray, par la porte dite d Ville-d'Avray; — du côté de Se vres : 1° par la porte de Bellevuc faisant face à la route qui monte à c village et à la manufacture de Se vres ; 2° un peu plus bas, du côté di pont, par la grille de Sèvres, qu date de 1825.

Direction des promeneurs dans h parc public, — Le parc public s< compose de deux parties : le bas parc qui s'étend le long de la Seine, et qu est ombragé par de hautes futaies , ei le haut parc. Si l'on arrive par le pont, on entre par la grille ouverte sur la place Royale. En suivant l'allée d'arbres , bordée à droite de petites boutiques de confiseurs , de jouets d'enfants et de cafés, on se trouve bientôt en vue de la grande cascade. On peut monter à l'allée dite du Tillet, qui divise la cascade, de manière à jouir de plus près de la double perspective de cette riche décoration. Un peu plus loin est le

1. Le pouce d'eau fontainier, c*est-kdire la quantité d'eau qui s'écoule d'un orifice d'un pouce de diamètre, est égal à une dépense de 30 met. cubes par 24 heures.

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