VERSAILLES. — LA VILLE
une ligne sensiblement parallèle, s'élèvent les deux principales églises de Versailles. L*une, Téglise de Saint-Louis, est au S.; sur un de ses côtés s'étend la rue de Satoi^y^ qui vient aboutir près de la place d'Armes. Au N., la rue Hoche (autrefois Dauphine), traversant la place de ce nom, aboutit en face de la seconde église, Notre-Dame. Enfin, deux rues droites et parallèles aux précédentes partent de la cour du château: au S., la rue de la Bibliothèque (autrefois de la Surintendance)^ dont le prolongement est l'allée du Potager, qui longe la pièce d'eau des Suisses; auN., la rue des Réservoirs, dont la continuation, nous l'avons vu, est le boulevard du Roi.
Cette dernière rue, l'une des plus larges de Versailles, a dû son nom aux réservoirs qui s'y trouvaient anciennement, et non au réservoir dit de l'Opéra, placé à l'extrémité de l'aile N. du château, et dont le mur de soutènement domine la rue et se voit aussi du côté du parc.
La place Hoche, la plus belle de Versailles après la place d'Armes, est coupée à angle droit par les rues Hoche et de la Pompe. Au milieu d'un parterre entouré d'une grille, s'élève la statue en bronze du général Hoche, posée sur un piédestal de marbre blanc et portant cette inscription: Hoche, né à Versailles, le 24 juin 1768, soldat à 16 ans, général en chef à 25, mort à 29, pacificateur de la Vendée. Cette statue, due au sculpteur Lemaire, a été inaugurée en 1836. — M. Le Roi, ancien bibliothécaire de la ville, nous apprend (Histoire anecdoHque des rues de Versailles) qu'avant la Révolution la place Hoche était l'un des endroits où se tenaient les chaises bleues et les brouettes. Avant n69, il n'y avait point, à Versailles, de voitures de place. Toutes les dames de la cour avaient leurs chaises dorées et armoriées. Une société obtint le privilège d'en établir pour le service public, et les peignit en
bleu pour les distinguer de celles des grands seigneurs. Ces chaises exigeaient deux porteurs. Les brouettes étaient des chaises suspendues sur deux roues, mais tirées ps^ un seul homme.
L'église Saint-Louis (cathédrale) a été bâtie en 1743, par Mansart de Sagonne, petit-fils du célèbre Hs^rdouin. La façade et les clochers trop bas sont d'un style disgracieux.
L'intérieur offre un ensemble assez simple et proportionné, mais lourd.
Au-dessus de la porte d'entrée, la* voûte, supportant la tribune des orgues, est du plus mauvais goût.
Dans la 3^ chapelle à dr., un monument en marbre blanc, sculpté par Pradier (1821), a été érigé par la ville à la mémoire du duc de Berri, né à Versailles. Nous signalerons aussi quelques tableaux curieux de l'ancienne école française : 2® chapelle du collatéral de dr., la Présentation de la Vierge au temple, par Colier de Vermont (1755) ; 2« chapelle à dr. après la sacristie, im saint Louis, en culotte de satin, par LeMoyne; 3® chapelle, une Prédication de saint Jean, par Boucher^ dans le style de ses bergeries. Dans la chapelle de l'abside sont des vitraux composés par Devéria et exécutés à la manufacture de Sèvres:
VAnnonciation et VAssomption, En revenant par l'autre côté de l'église, on remarque : 1'® chapelle, après le transsept, saint Pierre sauvé des eaux, par Boucher; saint Pierre délivré des liens, p3i.r Deshayes (ilOi).
Enfin, on peut voir dans la sacristie un immense tableau de /. Jouvenet :
la Résurrection du tils de la veuve de Naïm. Les fenêtres du chœur et des chapelles latérales ont été garnies, en 1867, de vitraux à médaillons.
L'ancien orgue de la cathédrale de Versailles, construit par Clicquot, fut inauguré en 1761. La partie mécanique et instrumentale en a été récemment renouvelée et enrichie de tous les perfectionnements de l'art
DE PARIS A VERSAILLES
moderne. C'est aujourd'hui un grand seize-pieds en montre avec pédale de 32 pieds; il possède 46 jeux complets distribués sur 3 claviers et 1 pédalier, 12 pédales de combinaison et 3,131 tuyaux.
L'église Notre-Dame a été construite par Hardouin Mansart, de 1684 à 1686. Le portail, formé de deux ordres , dorique et ionique , supportant un fronton, est d'un aspect massif. Le peu d'élévation de la coupole, des voûtes et surtout des tours, qui rappellent l'idée vulgaire de colombiers, ajoute à la lourdeur de l'édifice. La chapelle qui précède la sacristie, à dr., contient un tableau de Restouty de 1739, représentant saint Vincent de Paul préchant. La chaire, sculptée par CaffierU est la même que sous Louis XIV. On voit, dans la 1" chapelle à g., un cénotaphe élevé au comte de Vergennes, ministre sous Louis XVI, un monument (1860) renfermant le cœur de Hoche, lin buste de Hardouin Mansart, et une plaque de marbre noir à la mémoire de La Quintinie. Une chapelle en rotonde, avec déambulatoire et coupole, a été construite, en 1867, au chevet de l'église Notre- Dame, dans le style général de l'édifice. UAsfiomptio7i qu'on y remarque a été peinte par Michel Corjieille.
— C'est à Notre-Dame que commença, le 4 mai 1789 , la procession des Etats généraux. — Dângeau raconte dans son journal que Louis XIV allait quelquefois communier à la paroisse ; il y touchait jusqu'à 1,300 malades. On sait que la foi attribuait aux rois de France la vertu de guérir les écrouelles.
Les édifices consacrés aux cultes dissidents sont : un temple protestant^ derrière la gendarmerie, rue Hoche, 3 ; — une chapelle anglicane, rue des Bons-Enfants, 11 bis, près de la rue de la Pompe ; — et une synagogue, avenue de Saint-Cloud, 36.
Le théâtre (restauré en 1850) se trouve dans la rue des Réservoirs.
M^i® Montansier, qui en obtint le pri-
vilège en 1775, en fit l'ouverture on 1777. Un corridor pratiqué du côté du parc, derrière le réservoir, permettait à Louis XVI et à Marie-Antoinette de se rendre dans leur loge sans être vus. — Théâtre des Variétés, rue de la Chancellerie, 10.
La salle du Jeu de Paume (rue de ce nom, près de la rue de la Chancellerie) a été le berceau à jamais célèbre de la Révolution française (V. p. 30). Elle a longtemps servi d'atelier à Horace Vernet, qui y a peint ses plus grandes toiles du Musée historique.
La bibliothèque de la ville (rue de la Bibliothèque, autrefois de l'Intendance),ouverte tous les jours, de 1 0 h, à 3 h., contient plus de 60,000 vol.
Le Potager du Roi, situé entre la rue Satory et la pièce d'eau des Suisses, a été dessiné et planté autrefois par le célèbre La Quintinie ; il offre un certain intérêt aux amateurs d'horticulture. Un étang profond, qui fut comblé avec les terres enlevées pour creuser la pièce d'eau d«c Suisses existait jadis en ce lieu. Sar ce fond de sable, on transporta de la terre végétale de la montagne de Satory.
M. Dupetit-Thouars, dans sa Notice sur La Quintinie , estime à 1,800,000 fr. la dépense qu'a nécessitée la création de ce potager, qui a été clos, sur la rue Satory, d'un mur en pierres de taille dans lequel s'ouvrent de loin en loin, vis-à-vis des rues correspondantes, de larges grilles en fer.
Une École d'horticulture a été créée, le 1*' octobre 1874, auprès du potager de Versailles, en vertu d'un décret de l'Assemblée nationale. Elle ne reçoit que des élèves externes, âgés de 17 à 27 ans; l'instruction y est gratuite. Les élèves ne sont admis qu'après examen, à moins qu'ils ne soient munis du certificat d'études primaires ou d'apprentissage dans une ferme-école. Aux examens de sortie, ils reçoivent un certificat d'études ; et ceux qui obtiennent les premiers numéros peuvent faire