PETITS APPARTEMENTS
Ces petits appartements, situés au premier étage, forment deux divisions ": l'une, à dr. de la cour Royale, près de la cour de Marbre, composée des appartements particuliers du roi; l'autre, à g. de la même cour, composée de l'appartement particulier de Marie-Antoinette et de celui de M"' de Maintenon.
Côte du Nord. — Chambre à coucher de Louis XV. — Ce fut d'abord une salle de billard sous Louis XIV. Ce prince excellait à ce jeu. Ce fut là qu'ayant apprécié la force de Chamillard au jeu de billard, il s'accoutuma peu à peu à lui ; il finit, malheureusement pour la France, par récompenser ce rare talent en nommant ministre celui qui le possédait. Plus tard, cette pièce fut agrandie par la réunion de deux petites pièces attenant à la cour des Cerfs. Elle est située entre cette cour et la cour de Marbre. Louis XV en fit sa chambre à coucher et y mourut. Immédiatement après sa mort, «> le château resta désert. Tout le monde s'empressa de fuir la contagion qu'aucun intérêt ne donnait le courage de braver. En sortant de la chambre de Louis XV, le duc de Villeguier enjoignit à M. Andouillé, premier chirurgien du roi, d'ouvrir le corps et de l'embaumer. Le premier chirurgien était exposé à en mourir. «« Je suis prêt, ré- « pondit Andouillé, mais pendant que j'ou pérerai, vous tiendrez la tête; votre « charge vous l'ordonne. » Le duc s'en alla sans mot dire, et le corps ne fut ni ouvert ni embaumé. Quelques serviteurs subalternes et de pauvres ouvriers demeurèrent près de ces restes pestiférés. » (M"*" Campan.) Le cercueil fut placé dans un carrosse de chasse, et les gens de l'escorte qui le conduisait à Saint-Denis firent courir le mort du même train qu'il les avait menés si souvent durant sa vie. — « Cette chambre est ornée avec un soin minutieux, dit le comte Alexandre de Laborde, par MM. d'Angoulon et Delbet ; c'est le type de la sculpture ornementale, plus soignée encore et plus élégante sous le règne de Louis XV que sous Louis XIV. »
Salon des Pendules {b). — En 1749, une
pendule indiquant les jours, les mois, les années, les phases de la lune, etc., y fut placée. D'autres pendules, dont Tune a été prise à Alger en 1830, y ont été également réunies. On voit sur le parquet une méridienne qui passe pour avoir été tracée par Louis XVI, et, sur des dessus de table en stuc, les plans figurés des forêts des résidences royales. — Ce salon servait de salle de conseil sous Louis XV.
Ancien cabinet des Agates (c). — Ce cabinet, sous Louis XIV, renfermait les pierres précieuses et les bijoux. Il regut diverses destinations. On prétend que c'est d'une des fenêtres de ce cabinet que Louis XV, voyant passer de loin le convoi de M"« de Pompadour, prononça ces singulières, paroles : « La marquise a mauvais temps pour son voyage ! »
Salle des Buffets, sous Louis XVI {d).
— M. Vatout, dans son Histoire de Versailles, indique par erreur cette pièce comme faisant partie de Yappartement de M^' de Maintenon (V. p. 37), et le petit cabinet qui y tient comme le confessionnal de Louis XIV. Ce retrait était, selon Blondel, une garde-robe.
Cabinet de la Vaisselle du roi, sous Louis XVI (e). — « Ce cabinet, ainsi que la bibliothèque et la salle à manger à la suite, occupent l'emplacement de la petite galerie et de ses deux salons, dont les peintures étaient de Pierre Mignard.
Avant la construction de cette petite galerie en 1685, cette partie du palais était habitée par M"»« de Montespan. >» {Notice du Musée.) Cette galerie fut détruite à son tour en 1736, quand on établit des appartements dans les combles du château.
Bibliothèque de Louis XVI {f). — Selon M. Vatout , ce serait dans cette salle qu'auraient été découverts, sur la dénonciation de Gamain, l'armoire de fer et le livre rouge qu'elle renfermait. Louis-Philippe voulait réunir dans cette bibliothèque tous les ouvrages analogues au caractère historique des galeries de Versailles.
Salon des Porcelaines, sous Louis XVJ {g). — Cette pièce était ainsi nommée, parce que les plus beaux produits de la manufacture de Sèvres y étaient exposés, au 1" janvier.
Ancien escalier des Ambassadeurs {h). — Ce magnifique escalier fut détruit en 1750; il était décoré de peintures, par Lebrun et Van der Meulen, et de sculptures, par Coysevox. La salle A et l'escalier actuel occupent une partie de son emplacement.
PALAIS ET MUSEE DE VERSAILLES
L'escalier actuel a été construit par Louis-Philippe (deux toiles intéressantes de Ch. Parrocel)
Salle à manger (i). — Cette pièce a eu d'abord plusieurs autres destinations.
Cabinet des Chaases (J). — « La croisée de ce cabinet, dit M. Vatout, donne sur une petite cour, qu'on appelle la cour des Cerfs; elle est entourée d'un balcon sur lequel, au retour de la chasse, la famille royale se plaçait pour voir faire la curée. Cette grille en fer, à main gauche sur le balcon, servait d'entrée dans l'alcôve de la chambre de Louis XV. C'est par là que M"« du Barry, dont l'appartement était au-dessus, se rendait sex;rètement auprès du roi. La porte dorée, à dr. en entrant, donne sur un escalier qui conduisait en haut, dans le logement de M"* du Barry. (11 consistait en une suite de petites pièces très-basses, éclairées par des fenêtres en voûte circulaire.) Au deuxième étage de la cour des Cerfs, Louis XV avait fait pratiquer pour lui de petits appartements que Louis XVI, plus tard, fit disposer selon ses goûts. » C'est dans cette partie supérieure du palais qu'il s'occupait de travaux de serrurerie, «eus la direction d'un ouvrier nommé Garaain, qui construisit, au commencement de 1792, la fameuse armoire de fer. Quelques jours avant le procès de Louis XVI, Gamain fit au ministre Roland la révélation de cette cachette secrète, révélation que lui-seul pouvait faire. Plus d'un an »près la mort de Louis XVI, Gamain adressa à la Convention nationale une pétition dans laquelle, à la suite d'une odieuse accusation de tentatives d'empoisonnement sur sa personne par Louis XVI, il demandait une pension. Une pension viagère de 2,000 livres lui fut effectivement accordée, à compter du jour de l'empoisonnement/
C6té da Midi. — Petits appartements de ^(trie-Antoinette. — Ces petits apparte- •aents, prenant leur jour par une petite cour intérieure et desservis par un petit Mcalier, étaient, sous Louis XIV, les dé- P<^ndances du service intime de Marie- Thérèse. Quand la duchesse de Bourgogne prit possession des appartements de la ^iue, des additions et des changements forent faits à cette partie du château. Sous Louis XV, Marie Leczinskay ajouta des bains et un cabinet d'étude où elle se livrait à l'innocente distraction de la peinture (V. ci-dessous, le grand Trianon).
Marie-Antoinette habita à son tour ces P«tit8 appartements. « C'est là, dit M. Va-
KNVIRONS DB PARIS.
tout, que dans un aimable abandon cette princesse recevait cette société de prédilection qui souleva tant de jalousies : la comtesse Jules de Polignac et sa bellesœur Diane ; MM. de Guignes, de Coigny, d'Adhémar, de Bezenval, de Polignac, de Vaudreuil, de Guiches, et le prince de Ligne. »
Salon de la Reine {k). — Les boiseries sont de l'époque de Marie- Antoinette.
Bibliothèque verte (/). — Cette pièce était le cabinet de bains de Marie Leczinska.
Bibliothèque blanche {rn). — Ce cabinet servait d'atelier de peinture à Marie Leczinska. « Les verrous et les boutons de porte sont au chiffre de Marie- Antoinette. »
Petit cabinet [n).
Couloir de communication (o). — C'est par ce couloir de service, établissant une communication avec l'appartement du roi, que Marie-Antoinette se sauva le matin du 6 octobre 1789. Il communique avec la chambre à coucher de la reine (V.
page 45).
Appartement de J/""« de Maintenon ( V.
ci-dessus)
Salles des Aquarelles (60). — Ces salles formèrent l'appartement du duc de Bourgogne, puis du cardinal Fleury et du duc de Penthièvre. Elles contiennent, entre autres tableaux, une nombreuse collection d'aquarelles.
3« galerie de Sculptures. — Cette galerie servait autrefois de dégagement aux appartements qu'a remplacés la galerie des Batailles.
Salon de 1830. — Louis-Philippe avait consacré cette salle à la révolution de juillet 1830, origine du pouvoir de la dynastie d'Orléans. Le plafond a été peint par Picot.