‹ Les enzymes et leurs applicationsChapitre 20 sur 102 · DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

DE CHAMPAGNE

PASTORIANUS

DE l'A L E A L E

L'influence considérable qu'exerce la teneur en alcali du milieu sur la marche de la transformation a conduit à supposer que l'action accélératrice de l'acide provient d'une modilîcation apportée à la nature de l'enzyme par l'action de cet agent chimique.

Mais cette transformation dans la nature de la diastase est fort difficile à prouver, et semble être, en tout cas. peu profonde.

La dose d'alcali paralysant franchement l'inversion ne provoque pas, en réalité, de changement appréciable dans la substance active. La diminution d'activité est due aux conditions anormales du milieu, rendu réfractaire à l'action des enzymes par l'addition d'alcali. Mais la srdDstance active reste évidemment inaltérée, puiscpi'il suffit de neutraliser de nouveau le liquide, pour que le travail diastasique reprenne avec toute l'énergie initiale.

C'est seulement en augmentant la dose d'alcali dans de très fortes proportions qu'on détruit la diastase, tout comme on arrive à détruire les matières albuminoïdes avec les mêmes doses des mêmes agents.

Effront. Lps EnzA'mes. 6

Action de l'oxygène et de la lumière. — M. Duclaux ,1. le premier, conslaté que l'air exerçait une action très appréciable sur la sucrase. Il a observé qu'une solution de sucrase dans de l'eau ordinaire changeait de couleur au contact de l'air et devenait inactive à la suite de l'oxydation.

Cette oxydation de la sucrase est influencée à un très haut degré par la présence ou l'absence de la lumière, ainsi C[ue par l'acidité ou l'alcalinité du milieu.

A l'abri de la lumière et dans un milieu faiblement alcalin, l'altération par l'oxygène de l'air se produit très rapidement ; elle est moins prononcée dans un milieu neutre et se manifeste leiitement en présence d'un acide. En exposant une solution de sucrase à l'action de l'air à 35'^, on détruit, en 48 heures environ, 5o pour loo de substance active; à la température de Bo" l'oxydation est plus rapide et on arrive au même degré d'altération après 4 ou 5 heures d'action de l'oxygène sur la diastase.

La lumière seule, en l'absence d'oxygène, est sans action sur la sucrase. Fernbach l'a montré en exposant à la lumière solaire des tubes contenant de la sucrase et dans lesquels il avait fait le vide. La sucrase est restée inaltérée pendant plusieurs mois.

Nous venons de voir que dans l'obscurité les acides conféraient à la diastase une résistance considérable à l'action de l'air. Lorsque la sucrase n'est pas à l'abri de la lumière, il cesse d'en être ainsi et ce sont les alcalis qui deviennent capables de protéger l'enzyme contre l'oxydation.

En laissant au contact de l'air et de la lumière deux solutions de sucrase, l'une faiblement acide, et l'autre faiblement alcaline, on trouve que le liquide acide subit une altération très rapide, tandis que la solution alcaline se conserve plus longtemps. Ce fait a été observé par Fernbach qui, en exposant à l'action de l'air et des rayons solaires, pendant 48 heures, 3 solutions sucrées difléremment acidifiées, a

SUCfiASE 83

trouve qu'elles possédaient au bout de ce temps les pouvoirs diastasiques suivants:

Liquide faiblement acide 3.7

neutre (],(»

faiblement alcalin 7,4

L'influence favorable ou défavorable de l'acidité et de l'alcalinité du milieu sur l'oxydation de la sucrasc a été fort bien mise en évidence par l'expérience suivante :

5 solutions de sucrase accusant un pouvoir diastasique de 18, les unes acides, les autres alcalinisées à diflerenis degrés, furent soumises, dans l'obscurité, à l'action de l'air, à la température de 35° pendant 48 heures.

L'analyse des pouvoirs diastasiques à la fin de l'expérience donna les résultats suivants :

NUMÉROS

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