‹ Les enzymes et leurs applicationsChapitre 74 sur 102 · Nulle · texte numérisé non relu

Nulle

L'action de la lipase est proportionnelle à la quantité d'enzyme employé, du moins au début de l'action. C'est ce que montre le tableau suivant :

(QUANTITÉ DE LIPASE : 0'<'5 I'^'^ l'^f'S a^c

20 minutes.

I heure.

j 2 heures.

On observe la cessation de la proportionnalité, aussi biendans le cas de la lipase que dans celui des autres diastases, lorsque l'action se prolonge ou se fait à des températures élevées.

La glycérine et lebutyrate de sodium formés pendant l'action, n'ont aucune influence sur l'activité diastasique; la pré^ sence de monobyturine est également à peu près sans action! sur la saponification.

L'alcalinité du milieu influe considérablement sur la. marche de la saponification parla sérolipase.

Henriot. pour mettre cette action en évidence, a praliqué l'expérience suivante :

Des mélanges identiques de sérum, de monobyturine et d'eau (10 centimètres cubes) furent additionnés de doses. Effront. Les Enzymes. 20

3g6 les enzymes

variables de carbonate de sodium. Après vingt minutes, il détermina la quantité de butiryne saponifiée en neutralisant avec du carbonate de sodium. Les résultats qu'il obtint sont les suivants :

Excès de carbonate de sodium

en milligrammes o 3 4 6 SioiSao

Activité de la lipase 2 2 33 4o 44 40 ba 74 86

Différence entre les lipases de diverses provenances. — Henriot ayant remarqué que l'ablation du pancréas dans l'organisme n'empêche pas la sécrétion de la lipase, attribua au sang la propriété de sécréter une lipase différente de celle du pancréas. Il la nomma sérolipase, par opposition à la première qu'il appela pancréatolipase.

Mais l'ablation du pancréas est une opération très délicate et impossible à pratiquer sans laisser des fragments actifs de la glande. La lipase, d'autre part, peut se conserver dans le sang. L'existence de deux lipases a donc besoin d'être nettement établie.

Henriot chercha à différencier les deux enzymes par leur mode de travail et leur sensibilité aux agents physiques et chimiques. Pour cela, il prépara deux solutions ayant la même activité, c'est-à-dire produisant, en agissant sur la monobutyrine pendant le même temps, la même quantité d'acide butyrique.

Ces deux solutions devraient donc, dans l'hypothèse d'une lipase unique, en contenir la même quantité. Or, lorsqu'on laisse se prolonger l'action de la sérolipase et de la ^lancréatolipase pendant 20 minutes, on remarque que la diastase du sérum produit une quantité d'acide butyrique double de celle fournie par la pancréatolipase.

D'autre part, l'enzyme du pancréas agit très difficilement dans un milieu acide, tandis que la sérolipase y produit une transformation très énergique.

LIPASE 3o7

suc PANCRÉATIQUE SÉRUM

Activité en milieu alcalin (excès de carbonate de sodium, par litre o^',. '2). . . . 23 22 Activité en milieu acide 9 i6

La sérollpasc et la pancréatolipasc agissent difiëremment aux mêmes températures : deux solutions de ces enzymes possédant la même activité à lô" ont donné les chiflres suivants à d'autres températures.

SÉROLIPASE

PAXCREAT

lO

On voit par ce tableau que l'action de la pancréatolipasc est, jusqu'à une certaine limite, indépendante de la temj)érature, tandis que la sérolipase produit une action beaucoup plus énergique à 42° qu'à ôo".

Enfin, les deux enzymes se différencient au point de vue de la stabilité. En eCFet, la sérolipase reste inaltérée pendant des mois, tandis que l'enzyme du pancréas devient inactif au bout de quelques jours.

Les lipases du pancréas et du sérum se comportent donc différemment aux mêmes températures et sont influencées clitTéremment par la réaction du milieu. En outre, elles présentent des caractères différents de stabilité. Ces propriétés ne sulFiscnt cependant pas pour démontrer que la sérolipase et la pancréatolipasc sont deux individualités cbimiques bien distinctes. Dans le cas de la lipase, comme nous l'avons vu pour l'amylase et la glucase, ce sont les conditions du milieu qui font varier les propriétés de la diastase. Ce sont les substances étrangères qui se trouvent "dans le sang ainsi que les matières exlractives du pancréas qui donnent des caractères

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différents aux deux extraits diastasiques et, en réalité, l'enzyme est le même dans les deux cas.

Ferments des glucosides.

Les glucosides sont des combinaisons de sucres et de substances organiques contenant un ou plusieurs hydroxyles.

Il existe des glucosides dans lesquels le sucre se trouve combiné avec des alcools, des phénols, des aldéhydes ou des acides organiques. Ces éthers se retrouvent très fréquemment dans les plantes, surtout dans l'écorce et les racines.

Le mécanisme de la formation des glucosides dans les cellules vivants est encore peu connu. Il est fort probable que leur formation est due à une concentration moléculaire suivie d'une déshydratation, qui serait produite par des enzymes particuliers.

D'après Gautier, on peut expliquer la formation de certaines glucosides par une hydrogénation de l'aldéhyde formique :

1 2 CH20 -f- tPO = Ci2H'fiO' + 5 H^O

aldéhyde arbutine

formique

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