CHAPITRE V
LES ÉLÉMENTS DE l'ÉPOPÉE FRANÇAISE. — CE QU'eLLE DOIT AUX CELTES, AUX ROMAINS, A l'ÉGLISE
L'Epopée françaiso
ne doit
aux Celles
que quelques
traits du caractère
de ses héros.
Il n'est pas besoin d'insister longuement sur le rôle des Gallo-Romains. L'élément celtique, tout d'abord, ne doit être ici compté que pour fort peu de chose. Il sera absent de nos épopées nation.des, comme aussi des chants lyrico-épiques qui ont précédé ces épopées. L'esprit gaulois, dont on connaît l'admirable opiniâtreté, a persisté dans notre caractère, et, quelquefois, dans notre parole et dans nos mœurs. Mais, antérieurement au XII' siècle, il n'a pas exercé une action notable sur notre mouvement littéraire. Dans un pays lointain et mal connu, des traditions, qui n'étaient pas des traditions françaises, se sont transmises oralement pendant plusieurs siècles. Le merveilleux y éclatait, et l'on ne sait guères quel nom donner aux poésies celtiques : celui de contes semble encore le meilleur. Païennes avec obstination, ces fictions singulières se transfigurèrent peu à peu sous l'influence du Christianisme. Ces contes, encore tout
r.HAP. ».