‹ Les eopeés françaises (volume 2)Chapitre 27 sur 180 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

DANS QUEL SENS PEUT-ON DIRE QUE l'ÉPOPÉE FRANÇAISE EST GERMANIQUE?

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Lorsque ron traite une question d'urigine, il impoi-te L-Épopéen-ançuise de la bien poser, et de déterminer tout d'abord, avec une dans for'oMgIne

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exactitude tres-Jumineuse, si Ion entend parler des dans son origines prochaines et immédiates, ou de Forigine lointaine et primitive de telle ou telle forme littéraire, de telle institution, de telle idée.

Or, il est très-évident que, par son origine jjrochaine €t immédiate, l'Epopée française est romane '.

Comme nous le verrons tout à l'heure, elle est née vers le ix^ siècle, « c'est-à-dire à une époque où les nationalités gauloise, latine et franke n'étaient plus fort nettement distinctes » ; à une époque (( où ces trois races étaient suffisamment fondues pour avoir échangé plusieurs de leurs traits caractéristiques » ; à une époque enfin « où, du mélange de ces races, était résultée une nationalité nouvelle » qu'il nous faut désigner sous le nom de romane.

Nous admettons, mol à mot, ces différentes propositions, qui nous semblent véritablement scientifiques -.

' Dans notre prsmière édition, nous avions fait une part plus large à l'élément germain. Notre système, appuyé par MM. Bartsch et Gaston Paris, a été combattu par M. Siméon Luce {Revue contemporaine, 28 février 18G7), et sur- >'out par M. Paul Meyer, que nous citons plus loin.

■ Nous avions dit (1" édition, pp. :21-:2i^ que notre Épopée n'était ni d'ori-

PART. LIVn. I.

CHAP. VII

^6 DANS UIEL SENS PEUT-ON Dll'.E

Même, nous faisons nn pas de plus, et sommes disposé à admettre que, dans Thi^itoire de noire poésie nationale, la période romane est antérieure au ix° siècle; que, dès la première race, il a circulé parmi nous des chants populaires en langue romane, et qu'enfin notre épopée ne s'est jamais confondue avec celle des peuples germaniques'. Rien n'est plus exact, rien n'est mieux justifié par les faits.

Mais, enfm, parmi ces trois éléments gaulois, latin et frank qui ont un Jour constitué la littérature romane, il en est un, peut-être, qui a eu, sur la formation de

NOTRE ÉPOPÉE, UNE INFLUENCE PLUS PROFONDE, PLUS DIRECTE, PLUS VIVE QUE LES AUTRES.

C'est cet élément que nous avons à déterminer; c'est à cette origine primordiale qu'il nous faut nécessairement remonter. Et nous affirmons qu'elle est germanique.

Il est vrai que de très-bonne heure, la laugue et le style barbares ont disparu de nos chants nationaux; mais l'esprit germanique y a persisté, et c'est ainsi qu'il faut entendre les expressions de ce savant allemand, disant que, dans notre épopée, (( le fond des idées, des sentiments et des mœurs est tout germanique'-. />

gine celtique, ni d'origine romaine. C'est à cette iiroposition <(ue M. l'aul Meycr a répondu ainsi qu'il suit : « l.e défaut du raisonnement de M. Gautier est dans son principe. C'est un syllogisme dont la majeure serait celle-ci : L'Épopée française est d'orufine germanique, romaine ou celtique. Or, celte majeure est fausse : car elle contient un dénombrement imparfait. Il y a, en effet, une autre alternative dont M. Gautier n'a pas tenu compte. C'est une erreur de supposer que les trois nationalités gauloise, latine et franke aient été encore nettement distinctes au temps où ron est autorisé à placer l'apparition des premiers rudiments de notre épopée, au ix* siècle. A cette époque, ces trois races étaient suffisamment fondues pour avoir échangé plusieurs de leurs traits

caractérisliques Et du mélange de ces races était résultée une nationalité

nouvelle qui, à cette époque, ne peut être désignée convenablement que par l'épilliète de romane. » {Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1807, p. 3:25.)

' C'est la conclusion de M. Paul Meyer (I. 1, p, 330), et c'était celle aussi de M. Siméon Luce, dan< l'article que nous avons mentionné plus haut.

- Revue critique, 1866. n° 52, article de M. Bartscli.

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