LA CHRONIQUE DE TURPIN. III
bilis, lorica invioLibilis, i;;ilea salvatioiiis, Judœ Machabœo prohitale coinparatus, Samsoni assiniilatus, Sauli Joiialhse morlis foi'tuna consimilis, miles acerrime, bello doctissimc, fortissime forliorum, genus regale, destructor Saracenorum, defeiisor cbristianorum, murus dericorum, baculus orpbanorum, viduarum refectio, tam pauperum qiiani divitum relevatio ecclesiarum, lingua ignara mendacii in jiuliciis omnium, cornes inclyle Gallorum, dux exerciluum fidelium, cur te in bas oras adduxi ? Cur mortuum te video? Cur non morior teciim? Cur me mœstum et inanimem dimittis? Heu miser! quid faciam? Yivas cum angelis, exultes cum martyrum choris, lœteris cum omnibus sanctis. Sine fine tamen lugendum est super te, qucmadmodum lu\it et dohiit David super Saul et Jonatliam et Absalon.
Tu patriam repetis, nos tristi sub orbe relinquis ;
Te tenet aula uitens, nos lacrymosa (lies ; Sex qui lustra gerens, octo bonus insuper aiuios,
Ereptus terrœ justus ad astra redis.
Ad paradisiacas epulas te cive reducto,
Unde gémit mundus, gaudet honore polus.
His verbis et similibus Carolus Rolanduin lu\it quiiindiu vixit'.
Réservons nos observations sur le caractère de la légende latine, et donnons sur-le-clianip le texte traduit de notre vieux poëmc national ' :
Cbarles est revenu à Roncevaux. — A cause des morts qu'il y trouve commence à pleurer : — « Seigneurs, dit-il aux Français, allez le petit pas. — Car il me faut marcher seul en avant — Pour mon neveu Roland que je voudrais trouver. — Un jour j'étais à Aix, à une fête annuelle ; — Mes vaillants bacheliers se vantaient — De leurs batailles, de leurs rudes et forts combats ; — Et Roland disait, je Tentendis : — « Que s'il mourait jamais en pays étranger, — On trouverait son corps en avant de ceux de ses pairs et de ses hommes; — Qu'il aurait le visage tourné du côté du pays ennemi. — Et qu'enfin, le brave ! il mourrait en conqué-
' Chronique dr Turpiu, texte de M, de Rciffeiiibcry - Chamon de Roland, 2855-2944.
I l'AHT. LIVR I.