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I ''i^i'y^; i-^yi' '• rant. » — Un peu plus loiu que la portée d'un bâton qu'on jetterait, — Charles est allé devant ses compagnons et a gravi une colline.
Comme l'Empereur va cherchant son neveu, — Trouve le pré rempli d'herbes et de fleurs — Qui sont toutes vermeilles du sang de nos barons. — Et Charles en est tout ému ; il ne peut s'empêcher de pleurer. — Enfin, le roi arrive en haut sous les deux arbres ; — Sur les trois blocs de pierre il reconnaît les coups de Roland. — 11 voit son neveu qui gît sur l'herbe verte. — Ce n'est point merveille si Charles en est navré de douleur. — Il descend de cheval, court sans s'arrêter, — Entre ses deux bras prend le corps de Roland — Et, de douleur, tombe sur lui sans connaissance.
L'Empereur revient de sa pâmoison. — Le duc Naime, le comte Acelin, — Gcofîroi d'Anjou et Thierri, frère de Geolfroi, — Prennent le roi, le dressent contre un pin. — R regarde à terre, il y voit le corps de son neveu, — Et si doucement se prend à le regretter ! — « Ami Roland, que Dieu te prenne en pitié ! — Jamais nul homme ne vit ici-bas pareil chevalier — Pour ordonner, pour achever si grandes batailles. — Ah ! mon honneur tourne à déclin. » — Et lEmpcreur se pâme ; il ne peut s'en empêcher.
Le roi Charles revient de sa pâmoison : — Quatre de ses barons le tiennent par les malus. — Il regarde à terre, il y voit le corps de son neveu. — Ro'and a perdu toutes ses couleurs, mais il a encore l'air gaillard. — Ses yeux sont retournés et tout remplis de ténèbres. — Et voici que Charles se met à le plaindre, en toute foi, en tout amour : — « Ami Roland, que Dieu mette ton âme en saintes fleurs — Au paradis parmi les glorieiLx ! — Pourquoi faut-il que tu sois venu en Espagne? — Jamais plus je ne serai un jour sans souffrir à cause de toi. — Et ma puissance, et ma joie, comme elles vont tomber ! — Qui sera le soutien de mon royaume? Personne. — Où sont mes amis sous le ciel? Je n'en ai plus un seul. — Mes parents ? Il n'en est pas un de sa valeur. » — Charles s'arrache à deux mains les cheveux, — Et cent mille Français en ont si grande douleur, — Qu'il n'en est pas un qui ne pleure à chaudes larmes.