‹ Les eopeés françaises (volume 2)Chapitre 7 sur 180 · XII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

ment qui donne au style un éclat et une chaleur naturels? Les philosophes diraient, avec la justesse étrange de leur langue spéciale, que les sciences physiques et mathématiques étudient surtout le non-moi. Mais, dans l'histoire littéraire, c'est le moi, c'est l'homme qui est perpétuellement en jeu. Il nous faut donc parler, nonseulement des faits auxquels il est mêlé, mais surtout de ses idées, de ses douleurs, de ses espérances, et l'on ne parle point de ces grandes choses en un style scientifique et sec. Pour bien peindre tout l'homme, tout l'homme est nécessaire, et voilà pourquoi l'historien de la littérature a le droit d'être ému et de laisser voir son émotion. Le style n'est pas un vêtement : c'est l'expi^ession de l'âme humaine.

Tel est le dessein que nous nous sommes proposé, tel est le plan que nous avons suivi, telle est la façon dont nous avons entrepris de traiter notre sujet.

Il ne nous reste plus qu'à nous recommander à la bienveillance de nos lecteurs, et à leur répéter ces paroles du vieil Estienne Pasquier : « D'une chose seulement D supplie-je le lecteur : qu'il veuille recevoir ce mien D labeur du mesme cœur que je le luy présente. »

Page 1