‹ Les eopeés françaises (volume 2)Chapitre 75 sur 180 · PLAN DU SECOND LIVRE · texte numérisé non relu

PLAN DU SECOND LIVRE

extérieurs ne nous intéressent que médiocrement? Quel "''c.'î;^,';'^- "■ est leur sujet, quels sont leurs héros? Mais, surtout, quel est leur agencement littéraire, quel est leur style? il nous importe de le savoir. N'ont-ils point subi certaines vicissitudes, et quelles sont ces vicissitudes?, car nous prétendons entrer dans ce monde épique, et ne voulons point rester en dehors. Et quand nous saurons toutes ces choses, nous ne serons pas encore satisfaits. Nous connaîtrons, en effet, la constitution de nos vieux poëmes ; mais nous n'aurons pas encore assisté à leur développement social. Ces épopées, elles ne se lisaient pas : elles se chantaient. Mais qui les chantait, où et comment les chantait-on? C'est ici qu'il faudra prendre notre lecteur par la main, l'introduire dans la salle de quelque château féodal ou sur quelque place publique, en 1150 par exemple ou en 1200, l'entraîner à notre suite dans un de ces groupes épais qui entourent les chanteurs populaires, et le faire assister à ce spectacle en plein vent d'un jongleur qui entonne Aliscans, ou Amis et Amiles, ou les Quatre Fils Aymon. Nous avons commencé par la « physiologie » des trouvères qui inventaient, qui trouvaient notre grande poésie nationale; nous devions continuer par la « physiologie )) de ceux qui popularisaient l'œuvre des trouvères. Mais, à la suite de nos épopées, nous irons encore plus loin; et où n'irions-nous pas pour leur tenir compagnie? Nous ferons avec elles le voyage de l'Italie, de l'Espagne, des régions Scandinaves et allemandes, et de tous les pays enfin où ces chants de la France ont été accueillis, connus, aimés. Le voyage seralong, mais si beau! Tel est le plan que nous allons suivre.

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