‹ Les eopeés françaisesChapitre 105 sur 180 · Le Charrûi de Ximcs, édit. Jouokhloet, vers 114-i · texte numérisé non relu

Le Charrûi de Ximcs, édit. Jouokhloet, vers 114-i

féodalité n'eut plus légitime, plus sublime insolence ! Le roi de France n'est vraiment pas de force à tenir tête au premier, au plus redoutable de tous ses vassaux. Son ingratitude alors lui apparaît, entière, et il se sent d'autant plus coupable qu'il est plus effrayé : « Eh bien » ! dit-il à Guillaume, « prenez la terre du « comte Foulque, et vous aurez trois mille chevaliers à (( vos ordres ». — « A Dieu ne plaise », répond trèsfièrement Guillaume. « Le comte a laissé deux enfants « qui maintiendront sa terre ». — « Prenez la terre « d'Aubry le Bourguignon ». — « Non pas; Aubry a (( un fils nommé Robert, qui est encore tout petit. Je « ne le dépouillerai point ». — « Prenez la terre du « marquis Béranger, et sa femme ». A cette dernière proposition, le fils d'Aimeri de Narbonne laisse tout-àfait éclater sa fureur ; il se tourne vers tous les spectateurs de cette terrible scène : « Écoutez, nobles che- ( valiers », leur dit-il d'une voix tonnante. « Le marquis Béranger avait reçu de l'Empereur sa femme et ( son fief; il défendit Louis toute sa vie. Un jour, dans < une bataille contre les Turcs, le Roi fut abattu de ( son cheval ; il allait périr. Tout à coup, Béranger ( arrive ; il se précipite sur les païens comme un san- ( glier sur les chiens, et délivre, au prix de sa vie, l'Empereur qui s'enfuit comme un couard. Or, ce preux a laissé un enfant, le petit Béranger, et c'est ce fils de son libérateur que l'on me propose aujourd'hui de déshériter. Par saint Pierre, si quelqu'un osait toucher au fief du petit Béranger, je lui couperais la ( tête avec cette épée ' » ! A ces mots, le désordre est à son comble dans le palais du roi de France ; les vassaux de Béranger tombent aux pieds de Guillaume et

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