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cherchaient les moyens de prolonger leur résistance dans ce palais qui ressemblait étrangement à une prison, ils entendirent tout à coup un grand bruit, un cliquetis d'armes, un murmure d'hommes. C'était leur délivrance qui approchait ; c'était Bertrand qui arrivait de Nîmes où Gilbert l'avait instruit de la détresse de Guillaume. Bertrand, à la tête de treize mille hommes, s'était aussit(M mis en route; il s'était engagé dans ce fameux souterrain percé entre le Rhône et Gloriette. Et le voilà qui, tout joyeux, revoyait enfui la lumière du jour dans ce château où il arrivait à temps pour se faire le libérateur de son oncle '. Guillaume fut le premier qui l'aperçut : l'oncle et le neveu tombèrent dans les bras l'un de l'autre, pleurant de joie '.
Prise d'Orange Qe n'était pas eucorB l'heure des loners attendrisse-
par i "
les Français, nicuts ', avaut tout il fîillait s'emparer d'Orange, et s'en emparer vivement. Les treize mille Français se réunissent et poussent un grand cri : « Montjoie » ! puis, se jettent sur les païens qui ne s'attendaient guère à cette invasion : « Montjoie ! Montjoie ^ » ! Ils les pressent, les tuent, les tailhMit en pièces dans les rues de cette ville épouvantablement ensanglantées. Le roi Arragon cherche en vain à se défendre contre ces victorieux, et Bertrand lui donne le coup de la mort '. Pas un Sarrasin n'échappa à ce massacre, et de grands ruisseaux de sang coulèrent dans Orange Cependant, calme, souriant, ayant à peine essuyé le sang de son armure, Guillaume alla prendre par la main la reine Orable dont tous les sujets venaient d'être égorgés, mais qui les regrettait fort peu. Il la montra, toute belle et toute souriante aussi, à son neveu Bertrand : « Voici celle qui m'a sauvé (( de la mort et que j'ai promis d'épouser ». — (( Epou-
1. Prise d'Orange, ('-dit. Juiickbloet, vers 1G-19-1G9G.— 2. Ihhl., vers 1097- 1808. — 3. Ihid., vers 18U9-18ir). — 4. Ihid., vers 1817-1811.
ANALYSE DK LA PRISE D'ORASGE, 409
« sez-la sur-le-champ », répondit Bertrand \ Orable n iar-. nvn.n
^ ^ (MAP. XVI
était dans l'ivresse de la joie.
On commence par la baptiser; Tevèque de Nîmes Baptême
arrive et la plonare dans l'eau libératrice. Elle chansfe 'i"i prend
le nom
de nom : désormais, elle ne s'appellera plus Orable, mais "^^ ouibourc :
' I r 1 ' son mariase
Guibourc "... Ajoutons qu'elle change aussi de cœur et avec cuinaume. d'âme ; jusqu'ici elle a été sensuelle, égoïste, odieuse; elle va rapidement s'élever aux plus hautes vertus de la fenmie chrétienne. Ce baptême est pour elle une véritable transformation.
Les noces suivirent immédiatement le baptême. Elles durèrent huit jours. Dieu ! que de beaux présents reçurent les jongleurs î 11 semble avéré qu'on leur donna de l'hermine, de la soie et jusqu'à des destriers ^
Quant à Guillaume, il séjourna trente ans à Orange depuis son mariage. Mais on ne peut pas dire qu'il y connût un seul jour de repos \
1. Pi-ise d'Orange, édit. Jonckbloet, vers 1845-1S61. — 2. Ifjhl, verslS62- 1878. — 3. Ibid., vers Î879-1S85. — 4. Ibid., vers 1886-1888.
Il l'AUT. LIVR. II.
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410 ANALYSE DES f-M-ANCES VIVIEN.