Enfances Vivien, Bibl. \at. fr. 1448, f 187 r" et v
ANALYSE DES ENFANCES VIVIE^^. d27
« plénière à Pâques et à Noël ». — « Vous êtes fou ». "part.livk. h.
'^ ^ ^ CHAP. XVII
— « Non, ce sont les marchands qui sont avares et
« qui ressemblent aux usuriers ». Ces derniers mots, qui frappaient trop juste, mirent Godefroi dans une fureur qu'il ne sut plus contenir, et sa grosse main s'abattit sur la joue de Vivien qui depuis ce jour garda ses pensées pour lui '...
Mais, on le voit : un conflit terrible devient de plus en plus inévitable entre Godefroi et celui qu'il croit son fils. Vienne une occasion et ce conflit éclatera.
A cette époque, il y eut une grande foire à « Tresai », et le marchand y conduisit Vivien : il voulait tenter sur ce singulier enfant une épreuve définitive. Cette vie de marchand forain est pittoresquement décrite dans notre poëme, dont l'antiquité est contestable, mais dont l'intérêt n'est pas douteux. « Il faut », dit Godefroi à l'enfant, (( il faut apprendre à te tirer d'affaire ». Et il le laisse seul dans sa tente, avec toutes ses marchandises, que Vivien devra vendre aux meilleurs prix. Mais on avait trop présumé de son talent. L'infortuné s'embrouille dans les mesures et dans les monnaies, cède pour soixante francs trois cents vairs, trois cents fourrures très-précieuses, et attire aussitôt sur lui l'attention de tout le marché. Il en résulte même une petite émeute, où Vivien rosse gaillardement tous ses adversaires et laisse cinq cadavres sur le carreau. Puis, il aborde un chevalier, et lui cède « cent trousseaux » pour avoir des chiens et un épervier. Cette fois, Godefroi est atteint jusqu'au fond de l'àme. Il frappe l'enfant, il le veut mettre à mort . « Mon argent! mon argent » ! ditil. « J'ai tout perdu », ajoute-t-il en sanglotant. — « Non pas, mon père », répond Vivien qui trouve en-