‹ Les eopeés françaisesChapitre 12 sur 180 · II PART. LIV CHAP · texte numérisé non relu

II PART. LIV CHAP

vR. II. le courage de Roumaiis et de Guibelin \ C'est lui qui s'élève soudain à une hauteur que ses premiers exploits

« sage des lois, mire de l'amirant » qui nous est, en effet, présenté comme le médecin d'Aimeri. « Follieri » est très-éndemment une traduction libre de « Fourré ». — s Quant à la seconde attribution, elle offre quelque semblant de vérité. Notre Foulque de Candie est l'œuvre « d'Herbert Leduc de Dammartin ». Or ce poëme est un de ceux qui ont été imités diins les derniers livres des Nevbonesi, et le compilateur italien, par une extension facile à comprendre, a jugé bon de mettre ces trois ou quatre livres tout entiers sur le compte « d'Uberto, duca di San-Martino », nom étrangement défiguré du vieux poète français. = § 6. Du rapport des Nerboaesi avec les Recdi di Francia.— • Les Nerbonesi sont attribués au même auteur que les Reali, à « Andréa di Jacopo da Barberino di Yaldessa » (F. Z[ambrini], 'Ulnnamoramento di messer Orlando cou Aida la bella, Imola, typ. Galeati. 1S79. Avvertenza). — ^ Si les Nerbonesi ne font pas intégralement et NOMINALEMENT partie de la grande série des Reali, il y a certainement un lien très-étroit entre les deux œuvres. Même but. mêmes procédés, même esprit, même style. — ^ Les six premiers livres des Reali sont consacrés aux faits épiques qui ont précédé l'avènement de Charlemagne et nous en avons donné ailleurs le titre exact (Épopéen françaises, l^e édit., I, p. 432). — '* Après le sixième livre des Reali qui traite Del nascimenlo di Carlomagno e de la sciira morte de Pippino da sui poli bastardi, on peut placer (en resserrant ou en lâchant le lien qui les xniit aux Reali) trois autres livres que M. Ranke a découverts en 1830 dans la Bibliothèque Alliani à Rome. (Voy. Mémoires de l'Académie de Berlin, 183.'3, Philos, classe, p. 400 et ss.) — ' Ces trois livres sont YAsptramonte, la Spagnu et la Seconda Sjutgna. Ils contiennent une sorte de Caroleïde et de Rolandéïde ou, pour parler plus net, un récit poétique des exploits légendaires de Charlemagne et de Roland. Nous en avons longuement parlé dans notre tome III (2« édit., pp. 400, 424, 458, 460. 558, 581, 638). — ^ La Seconda Spagna n'est qu'un arrangement à l'italienne, une adaptation de notre Anseïs de Cartilage. Aussi porte-t-elle encore ce titre : La Storia del re Ansuigi. — ' Or, les Nerbonesi nous sont présentés, dans tous les manuscrits, comme la suite naturelle de la Storia del re Ansuigi. Le meilleur et le plus ancien manuscrit de Florence (no 7) renferme même le texte à' Ansuigi {i'^ 1) avant celui des Nerbonesi (fo 2ù). — 8 Pour relier entre elles le^ affabulations de ces deux œuvres qui appartiennent à deux cycles différents, les Italiens ont imaginé le trait suivant : « Charles revient d'Espagne ; il a quitté Pampelune, où il a voulu faire une entrée solennelle à la mode des triomphateurs antiques. A son retour, il arrive à Narbonne qu'il a depuis longtemps donnée à Aiineri. L'Empereur est déjà très-vieux, il est tout treinlilant. et fait la route sur ce même char qui a servi à son triomphe. Guillaume, fils d'Aimeri, se présente devant lui, plein de respect, et l'enlève doucement entre ses bras pour le descendre du char impérial. Charles, ravi de cette sollicitude, donne sa bénédiction à Guillaume, et c'est ainsi que commence la fortune de notre héros. « Partito da Pampalona, Carlo passô per la Ragona. E nota che gli era fatto à Pampalona un caro, e'n sul caro entro in Pampalona in segnio di trionfo, e'n su quale carro si parti e caminaudo di giorno in giorno tanto che capito a Nerbona, e giugniendo al palazo, Gughelmo figliuolo d'Amerigo, con una bella riverenza e con un bello modo, prese Carlo e levollo molto soave di sul carro, e Carlo el benedisse. Non se ne tratta piu qui, p)erche si conta nel' cominciAMENTo de' Nerbonesi CHE SEGUiTA Dopo QUESTO. » (Ansv.igi, ms. 7, f ' 26.) Les Nerbonesi. en effet, commencent p.ar le récit de ce trait de Guillaume,

NOTICE BIBLIOGR\PHIQUE ET IIISTORIQUli.

ne pouvaient même pas faire soupçonner, qui devient le héros de la France et de la chrétienté tout entière, qui

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fHvr. r.

une seconde fois raconté, et, dans l'un des manuscrits de Florence (n" S), le premier chapitre du premier livre est ainsi intitulé : Conie tornando Carlo délia seconda giierra di Spagnia ando d Nerbona [e] Giiglielmo lo leva de sut caro, e Carlo gli promese di fo.rlo goiifaloniere de Santa Chiesa. — 9 Ce lien entre les Nerbonesi et les Reali n'est pas d'ailleurs le seul que nous ayons à constater. A la fin de la grande compilation narbonnaise, on voit un pèlerin apparaître soudain devant Charles Jlartel et lui tenir ce langage sévère : « Guillaume d'Orange m'envoie te dire que si tu ne changes pas d'esprit et d'idées, ce sera la fin des reali di Francia » (ms. 106). Rien de plus significatif que ces derniers mots. =§ 7. Modifications qu'a subies le texte des Nerbonesi. Com.m.Q oi\ ea. a pu juger précédemment par la liste de nos manuscrits, la vogue des Nerbonesi dura plusieurs siècles. On les écrivit au quatorzième siècle : on les transcrivait encore en 1534. Seulement le teste en fut quelque peu modifié, comme on s'en convaincra par la com[>araison entre les deux fragments suivants, l'un emprunté à un manuscrit du quinzième siècle et l'autre à une transcription du seizième.

D'après le ms. 160 (de 1534).

Fessi grande festa délia vettoria, e furono madate pi\i de secento carotte di vittovaglia. E la mattina, in sulla terza, giunse à Carlo Martello un pellegrino, e domando quale era Carlo Martello, e tedendolo disse queste parole ; « Un cavalière, chinninto GafjUehno rVOringo, a te mi manda e à voi, altri Franciosi, e dicie che lo vi dica per sua paite ohe se Carlo non se muta d'oppeaione ch' egli sai'à la fine de' ReaH di Francia e dello onore de' Franciosi. Per tanto tenete à mente le mie parole. » Allora molli che erauo intorno à Carlo lonliavagliorno e eacciornolo fuora del padiglione. Edi poi Cailo si parti e torno à Parigi...

D'après le- nis. 7 (XV siècle).

la Parigi si fecie grandissima festa délia vettoria e furono mandate nel campo più di .VII. carette cariche di vettuvaglia per tutto il campo ; la cilla pareva lutta notle che ardesse pe' fuochi che délia vettoria si facieta. La mattina, in sulla terza, essendo ancora Carlo nel padiglione, giunse un pellegrino dinanzi à Carlo e dimando quai e Carlo Martello, e vedutolo disse queste parole : « Uii cavalière tatto vestito di hiaaco e ii,io sgado azurro e un ernio d'oro mi manda à te e à voi, altri Franzosi, e dicie cli'io vi dica da sua parte ; « Se « Carlo non si muta di sua coiidizioa", « ch'egli sarà la fine dello onore de' Fran- « zeschi ; e per tanto tenete à mente le « mie parole. ».V^llora molti ch'erano intorno à Carlo lo battorono superbamente e con moite botte lo cacciarono del padiglione,. e poi ^ntrarono in Parigi...

De ces deux versions, quelle est la plus ancienne ? Est-ce la plus dévelop- •pée? Est-ce la plus brève? — Il y a tout un travail critique à faire sur ces manuscrits des Nerbonesi, et nous l'attendons de M. Isola. = § 8. Valeur légendaire et littéraire des Nerbonesi. — ' Nous avons déjà, établi que lès Nerbonesi n'étaient pas une traduction fidèle de nos vieux poèmes , et l'on ne saurait aucunement les comparer à nos romans en prose française des quatorzième et quinzième siècles où l'on trouve encore tant de traces précieuses d'originaux quelquefois disparus. — ^ Xonseulement nos vieux poèmes n'ont, pas été fidèlement reproduits i)ar l'auteur des Nerbonesi ; mais ils ont été complètement défigurés par lui. Et l'on peut aller jusqu'à dire qu'ils n'ont vraiment servi que de prétexte au prosateur italien. Sur ce vieux canevas, il a brodé des dessins tout nouveaux et dont toute la re-ponsabilité lui a;)partient. — •" Néanmoins les

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