‹ Les eopeés françaisesChapitre 137 sur 180 · IV · texte numérisé non relu

IV

182 AiNALYSE b'ALlSCA.\S.

Il PART. LIVR. n.

CHAT. XX

est éiiergiqueiiient vivant. Sesljras rouges de sang frap- - pent encore de grands coups. 11 y a bien des chevaliers qui ne sont pas aussi ardents aux commencements d'une bataille que Test ce moribond à la fm de cette épouvantable journée. Mais, hélas! la résistance va devenir impossible. Un nouveau corps de l'armée païenne se rue dans la ijataille : c'est la (( maisnie du roi Gorhant » qui est cornue « derirc et devant ». Bertrand ne recule pas et s'élance à la rencontre de ces monstres. D'un autre côté, le roi sarrasin lîaucebier fond sur la petite troupe française à la tète de vingt mille honuiies. Vivien réclame l'honneur de les cond)attre ; mais il ne saurait suffire il cette rude besogne, et il appelle Bertrand à son aide : « Je suis près de ma fin », dit-il d'une voix encore * puissante; « mais j'ai assez de force \^Qur e/wair \qs « Sarrasins ». 11 marche à cet assaut, pantelant, aveuglé, couvert de son sang, et Bertrand fond en larmes en le voyant ainsi. Quant au poète, il éprouve lui-même de l'enthousiasme a la vue de son héros : « En vérité », s'écrie-t-il, « c'est un martyr »! Nous ne serions pas loin de jeter le même cri '.

cbief! Si le fist il ainssi neautmoing.s. Va ciiiaut la dame le ravi.sa, vous (lovés savoir qu'elle fist grant diligence de faire la porte ouvrir. Et lors lut le pont abaissié. Sy y entra Guillaume, plus doUoureux qu'il n'avoit oncques mais fait en sa vie. Et, sans mot dire, s'en monta en son palaix, et la dame après lui... laquelle lui demanda de .ses nouvelles. Sy fut tant doliant que merveilles; car il vist Sallatrie, la femme de son nepveu Girart, et neantmoings respondi : « Le celler n'en vault rien, dame >^ fet il, « car tel me -< vees. tel me prenès. J'ai tout pardu en Arlescliant : Girart le grant, Girart « le petit, Guielin, Bertran, Hunault de Saintes, Fourques de Mellans, Gaul- « tier de Termes, et Vivien ineesmes, et toute la chevallerie, soudoierie et X mesgnie que je y menay. Et meesmement les bons marchans et Ijourgois « et aultres mesnaigiers que je contraigni en ma compaignie sont mors, oc- ,« cis et detrancliiés ; ne je n'en sçay sinon moy, qui vouldroie mourir main- « tenant de deill et de desplaisir que j'en ay en mon couraige >- {Ibid., fos 374 et ss.).

1. .4//scau5, édition de MM. Guessard et de Monlaiglon dans le Recueil des anciens Poètes de la France, vers 1-194. Le même roi iiaïen est aj)pelé Cjovhant dans un couplet en ant, et Gotliier dans le couplet suivant qui est en ier. Nouvelle preuve des licences que prenaient nos poètes.

ANALYSE b'ALISCÀiyS. iS-i

On a beaucoup parlé de ces jeunes Gaulois qui s'étaient liés entre eux clans la bataille pour combattre ensemble, frapper ensemble, mourir ensemble. A Aliscans, les chrétiens donnèrent aux Sarrasins un spectacle semblable. Sept jeunes gens, sans avoir besoin de s'attacher les uns aux autres par des liens matériels, se firent inséparables et surent dans cette mêlée sans nom, dans cette effroyable tempête, partager. la même fortune. C'étaient Gérart et Gui de Commarcis, Guichart, Gautier de Termes, Hue de Melan, Gaudin et Bertrand ^ Les « sept cousins », sur une même ligne, frappaient les païens de grands coups qui semblaient partir d'un seule et même main. 3rlais, en ce moment, le roi Aérofle venait de paraître sur le champ de bataille avec une nouvelle armée de vingt mille païens. Peu de temps après, les sept inséparables tombaient au pouvoir des Sarrasins et la défaite des Français était définitive '

Or, celui qui désespérait le moins, c'était celui qui. par-dessus tous, pouvait légitimement ne plus conserver désormais aucun espoir, c'était Vivien. Il se partage dès lors entre deux occupations : la prière et le massacre. Quand il a bien levé les yeux au ciel et longuement prié '\ il tue. Sous les coups de ce mourant, on voit tour à tour succomber Glorion, Galafer, Murgant, Hubion, Fausebert et Garsion '. Cependant son sang coule toujours de ses quinze plaies béantes. Un seul coup suffirait pour le mettre hcrs de combat : c'est le géant Haucebier qui le lui porte. Ce monstre hideux, ii la

1. Aliscans, édit. GuessarJ et de Montaiglon, vers K*5-i5G. ^^'olt"^alïl donne* des noms peu différents à ces sejit jeunes gens : « Bertrand, Guibelin, Uunas. Gaudin, Sanison, Gcrartet Guieliart (Wiscliart) ». — 2. Aliscans, édit. Guessard et de Muntaiglon, vers 257-iT'J. — 3. Aliscans, édit. Guessard et de JIoutaiglon, vers 300-341. Les Saints particulitrement invoques jjar "\ivien sont « Martin, André, Pol, Quentin, N'icola", Pierre, Firmni, Herbert, Jlicliel et Domin ». — 4. Aliscans, édit. Guessard et de Montaiglon, vers 34^-353.

II l'.^RT. LIVR. I

cii.sr. XX.

Il PART. I.IVIt. H.

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J81 ANALYSE U'ALISCASS.

trte difTornie. aux yeux rouges, passe devant le neveu de Guillaume, lui traverse la poitrine avec un tronçon de lance et Tétend à terre. Vivien, le pauvre Vivien est perdu !

Mais c'est ici cpie cet enfant va prendre à nos yeux les proportions les plus héroïques.

11 sent bien que la mort lui est proche, et ne songe plus qu'à bien mourir. Dans cette plaine ensanglantée, il y a une fontaine qu'ombrage un bel arbre touffu : c'est la (|ue le fils de Garin d'Aiiséune veut aller se recueillir. 11 s'y traîne, et le voilii enfin, loin des païens, dans cette retraite (pie Dieu sans doute lui avait réservée. Dieu désormais devient sa seule pensée; il trouve encore assez de force pour « battre sa coulpe ». Il ne saurait plus s'agenouiller, car ses yeux lui tournent et il n'a })!us de sang; mais son esprit n'a rien perdu de sa vigueur; sa mémoire est fraîche et son cœur vivant ; « Mon Dieu •>, dit-il, « secourez mon oncle Guillaume » ! Telle est l'àiiie de cet enfant au milieu des afPres de la mort '.

(luillaumea bien besoin du secours céleste. Sur vingt mille hommes, il n'en reste que quatorze au comte (!"< >iang(^ : (jualdize contre cent mille !11 Et Guillaume ne songe pas à se rendre ; une seule chose le préoccupe dans cet incomparal)le désastre : il ne veut pas que les jongleurs puissent dans l'avenir lui faire quelque reproche dans leurs chants '. C'est cette pensée aussi qui avait occupé la grande àme de Roland dans le vallon sanglant de Honcevaux.

Une seule chance de salut reste ii l'oncle de Vivien : se frayer un chemin jusqu'à Orange et s'enfermer dans

1. .l/z,sc«)i*, édit.Guessar.l et de Moiitaijbn, vers 351-406. — ^.Ibid., vers 407-438 : « .Ja n'en auront honte mi ;incesor, — Xe chanteront en vain li go^'leor — Que jeu de teire i perde jilain. 1. tor — Tant ke je soie en vie » !

■ ANALYSE DM/./Sr.l.VS. ja")

cotte ville en {itteiidaiit le secours de rEmpereni-. 11 s.^ '' '"c";.''^'"''-

met en route avec une témérité qui ressemble ii de la

folie; mais, à chacjue pas qu'il fait, les païens lui barrent le chemin. « Ah! dame Guibourc », dit-il en })le;irant, « je crois ([ue vous ne me reverrez plus ». Puis, avec une véritable tendresse, il regarde son bon cheval Baucent, il a grand'pitié de lui, il le caresse : « Cheval », lui dit-il, « vous devez être bien las. Si nous pou- « vions revenir ;i Orange, je vous donnerais de belle « orge, du foin choisi tout exprès pour vous, et vous ne (( boiriez que dans des vaisseaux d'or ' ». Le l)on cheval, à ces mots, dresse Toreille, comprend son maître com s'il f'ust horn xenez, agite sa belle tête intelligente et vive, bat le sol de ses pieds, aspire l'air \\ pleins poumons, et se met à hennir, pauvre bête, comme s'il venait de sortir de l'étable, ferré à neuf, comme s'il n'y avait pas cent mille ennemis autour de son maître. Ces joyeux hennissements rtmdent le courage à (suiilaume, et il ne songe plus à désespérer '. Rien n'est [dus fréquent, rien n'est plus natiu'el que ces scènes de nos Romans où l'on voit le cheval et le cavalier se prendre d'une profonde et véritable amitié l'un pour l'autre. Ne vivaient-ils pas ensemble tous les jours, toutes les nuits? N'étaient-ils pas compagnons de l)ataille, de coups de lance, de victoires? Et l'Arabe, de nos jours encore, n'aime-t-il pas son cheval aussi vivement ({ue Cuillaume aimait Baucent ?

Vingt fois notre héros change de direction au milieu de la bataille, vingt fois il est arrêté par les Sarrasins qui ne veulent pas, à tout prix, le laisser rentrer dans

1. Aliscuns, édit. Guessard et de Montaiirlon, vers 407-o;î4. « Cheval », dist il, « moult par estes lassez. — S'estre peusses à Orenge menez, — N'i mengissiez d'orge ne lust purez, — II. fois o. HI. o le bacin colez — Kt li fourages fust gentil fein de prez — Tôt esleuz et en seson fonez; — Ne haussiez s'en vessel non dorez », etc. — 2. Ibid.^ vers 525-535.

4 se ANALYSE U ALI SCI. \ S.

i-MiT. i.ivR. II. Orange. Il en preiiil son parti, et se lance de nouveau

dans la mêlée. Son écu est percé de trente trous, les

lacs de son heaume sont brisés, son haubert est en lambeaux, son corps couvert de quinze blessures chancelle sur la croupe ensanglantée de Baucent : « Non », s'écrie-t-il, « Koncevaux n'a rien été en comparaison de « cette bataille ». Et il prie. 11 garde dans cette extrémité la physionomie d'un saint en même temps que celle d'un soldat, et le po«'te a le soin de nous rappeler ici que le vaincu d'Aliscans est honoré par FÉglise : « Les Anges, dit-il, devaient un jour assister ii sa mort, et Dieu le bénir dans le céleste l^u'adis » !

Tout à l'heure c'était le fils d'Orable et de Thibaut, c'était Ksmeré d'Odiernc qui s'était placé devant Guillaume; maintenant c'est Brodual, c'est Telamon monté sur le bon cheval jlarcepierre. Cerné par des milliers de Sarrasins, le comte d'Orange erre comme un fou sur le champ de bataille, Par bonheur, un grand vent s'élève; des tourbillons de poussière environnent les combattants et cachent Guillaume à ses ennemis. Il marche au hasard, pensant à Guibourc, pensant à son neveu Vivien. Tout à coup, près d'une fontaine d(mt li riii sont corant^ sous un gros arbre ombreux, il aperçoit un homme étendu. 11 regarde, il s'avance. 0 ciel! c'est Vivien Ini-mème ', et son oncle le reconnaît bien. L'enfant est blanc, froid et sans mouvement; il est mort sans doute. Dieu! quel instant terrible, et quelle doul'.nu' ponr le cœur de Guillaume !

II. La mort de jl est là, l'cufant Vivien; il est là, étendu roide,

reniant ^ ivien,

dans ce petit coin de la vallée où la bataille n'a point pénétré. On entend de là tout le bruit du combat, mais il semble que les oredles de Vivien soient désormais in-

1. Aliscnna, édit. Oiie?saril et de? .Mon(ai''lon, vers 536^GS5.

ANALYSE D'ALISCàNS. 187

sensibles à tout bruit, comme ses yeux à tout spectacle. Ses deux mains blanches sont croisées sur sa poitrine ; sa cervelle est répandue sur ses yeux; un parfum délicieux s'exhale du corps de ce martyr. En s'approchant de plus près, on eût vu ses lèvres remuer, et sa main battre sa poitrine. Mais Guillaume le crut mort, et se prit à pleurer : « Neveu Vivien », dit-il, « jamais a Dieu ne fit votre pareil. Non, ne m'attendez plus, Gui- « bourc : vous ne me reverrez pas dans Orange. 0 terre, « ouvre-toi ! ô terre, engloutis-moi » ! Alors le comte se frappa les poings l'un contre l'autre, et, de douleur, tomba pâmé du haut de son cheval Baucent '. Ainsi se lamentait Charlemagne après la mort de Roland .

« Neveu », dit Guillaume, « tu étais si beau et si « vaillant! Jamais tu ne parlais de tes prouesses; ton (( humilité égalait ta douceur. Cependant, ô belle jeu- « nesse, tu es de toute la race chrétienne celui qui a « tué le plus de païens, et tu n'as jamais reculé d'un seul « pied devant eux. Ah! si j'étais arrivé quand tu vivais « encore, je t'aurais communié avec le pain consacré. « Seigneur, Seigneur, reçois dans ton Paradis l'âme du « bon chevalier qui est mort à ton service ». Et Guillaume de sangloter : « Ah! Guibourc, le cœur va vous « éclater sous la mamelle ^ ». Alors il s'agenouille, se penche sur le corps de son neveu, et dépose un baiser sur cette bouche froide //est douce com canele. Mais, tout à coup, ù bonheur ! ô joie inespérée! tandis qu'il

1. Aliscans, édit. Guessard et de Montaiglon, vers 68G-721. Dans le Willehalm, les regrets -de Guillaume sont bien moins naturels : « Que ne m'engloutis-tu, ô terre, pour que je devienne ta substance étant sorti de foi ! etc. ». La théologie de AVoUVani, ou plutôt son pédantisrae théologique, nuit singulièrement à sa poésie. — 2. Aliscans, vers 72:^-749. Wolfram, ici, est encore beaucoup moins simple : « Depuis que la côte d'Adam a été faite femme, « il n'y eut jamais un tel modèle de vertus... De môme que l'oiseau soigne 0 ses petits et les couve, de même la reine Gvburg t'a élevé, etc. ».

l'ART. LIVR. II.

CHAP. XX

i88 ANALYSE D'ALISCANS.

"cn.u.'xx; '■' ^'*^^^ '"^'"^^ ^^*^^^' contre cette poitrine qu'il croyait ina-

nimée, il y entend un léger frémissement; le cœur bat

encore, et Vivien n'est pas mort.

Alors des souvenirs riants entrent en foule au cœur de Guillaume : « Je me rappelle le jour où je te sacrai « chevalier; c'était dans mon palais, et, pour te faire <( honneur, j'adoubai cent damoiseaux avec toi ». Et, pleurant de nouveau, il ajoute : <( Ah! Guibourc, com- « tesse Guibourc, je ne sais pas si vous serez de force à « supporter de telles nouvelles ». Puis, U se penche de nouveau sur Vivien, et lui dit : « Vivien, Vivien, parle- « moi ; dis-moi un mot, un seul mot ». Cette scène est, connue on le voit, d'un naturel admirable, et on ne la pourrait comparer qu'à cette page de la Chamon de Bo- I and où Charles regrette son neveu; encore, s'il nous fallait choisir, ne craindrions-nous pas de préférer le début CiAlisrans et le récit de la mort de Vivien. Tout se réunit pour nous toucher dans ces vers trop peu connus : l'extrême jeunesse de celui qui va mourir ; cette affection de Guibourc, qui, pendant sept ans, a nourri cet enfant comme si c'était le sien, et qui peut-être ne saura pas lui survivre; les larmes de Guillaume Fièrebrace et les pâmoisons de ce héros bardé de fer qui s'évanouit comme une femme après s'être battu comme un lion. Tout est simple, tout est vrai, jusqu'au désordre même avec lequel se manifestent les divers sentiments de Tonele Vivien. C'est ainsi que pleurent ceux qui pleurent du fond de l'àme. . .

Guillaume prend l'enfant entre ses bras ; il le contemple, il l'embrasse, il lui parle; il attend avec anxiété une réponse, un son de voix, un soupir : « Comme il « est beau ! Et dire que les Sarrasins l'ont tué ! Pour- « quoi avait-d fait un vœu téméraire? Ce vœu, c'était sa « mort. Il aura bien peu vécu. Quant ;i moi, je suis

ANALYSE b'ALISCAyS. 489

« perdu, et jamais plus je ne posséderai Orange. Ma « terre va toml)er tout entière aux mains des Sarra- « sins ' ». Le comte se pâme de nouveau, et reste longtemps évanoui près du corps de Vivien. 11 se réveille, et son premier mouvement est de jeter un regard sur son neveu... L'enfant avait légèrement soulevé sa tête, et il avait écouté les dernières paroles de son oncle : « Béni « soit Dieu » ! s'écrie celui-ci que la joie enivre. « Beau «. neveu, vis-tu » ? — « Oui » , dit une voix faible, « mais « j'ai le cœur percé ». Guillaume alors fait taire sa douleur, et ne se souvient, en ce moment solennel, que de ses devoirs de chrétien ; il se rappelle qu'à défaut de prêtre, c'est au plus proche parent d'un moribond qu'il appartient de le confesser et de lui donner Dieu. 11 prend un air majestueux, une physionomie sacerdotale : « Ne « voudrais-tu pas », lui dit-il, « recevoir de ce pain que « consacrent les prêtres » ? — « Je n'en ai jamais « goûté », répond Vivien ; » mais, puisque vous êtes là, « je sais bien que Dieu m'a visité » . Une solennité auguste va commencer : la première communion de Vivien !

Or, pendant que cette scène sublime se passe entre ce jeune mourant et ce soldat qui se transforme en prêtre, la grande bataille continue ; on entend les râles des blessés, les hurlements des vainqueurs, le bruit des trompettes, les hennissements des chevaux. Une tempête s'est élevée ; des nuages de poussière s'étendent surtout le pays; la nuit descend. Tranquilles comme dans une église, ne s'occupant que du ciel, Guillaume et Vivien se tiennent, sanglants, pieux et graves, aux bords de la fontaine, sous le grand arbre feuillu ; ils ont oublié le monde entier, et leur défaite même.

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