‹ Les eopeés françaisesChapitre 139 sur 180 · ANALYSE UA I.ISC.INS · texte numérisé non relu

ANALYSE UA I.ISC.INS

''ch''p''xx' "■ ^i^^''^^'"^" ^t à ses chausses (ji/i furent de saïujuin. On se

précipite sur lui, et le voilà de nouveau entouré de

trente mille Arabes qui sont conduits et excités par le roi Baudus. Il éperonne Folatise, il court, il vole. Deux lieues, mortellement longues, sont ainsi parcourues par ce vaincu qui ne veut pas mourir. Tout à coup, il frémit, il jette un cri de joie, il bondit sur son cheval... C'est qu'il vient d'apercevoir les murs d'Orange '. IV. Comment Q'pst bicu Oransfc en effet. A cette vue, mille pen-

OuiUauine , O 'I

sées se pressent dans Tàme de Guillaume : voilà cette tour de Gloriette où il a vu jadis Orable pour la première fois, voilà ce splendide palais où il a donné tant de fêtes, adoubé tant de damoiseaux, écouté tant de jongleurs; voilii ces murs redoutables qu'il a fiiit construire lui-même, et qui tout à l'heure seront sa meilleure défense. C'est là, derrière ces murs, qu'est la comtesse Guibourc, joyeuse sans doute, et s'apprétant à recevoir les Français vainqueurs. En ce moment, peut-être, elle pense à son neveu Vivien qu'elle a nourri, qu'elle aime comme un fds et (ju'elle s'attend à voir revenir dans tout l'éclat dune grande victoire. Elle sourit; mais dans quelques instants, hélas! comme elle pleurera !

GuUlaume cependant se présente à la maîtresse-porte d'Orange : « Portier », s'écrie-t-il , « hàtez-vous de « m'ouvrir et de baisser le pont ». Et il attend avec anxiété que le portier obéisse ii cei: ordre ; car il distingue très-nettemeut le piétinement des chevaux et le bruit des Sarrasins qui le poursuivent : « Ouvrez, « ouvrez vite ». Le portier le regarde : « Arrière! arec rière » ! s'écrie-t-il. « Si vous faites \\a pas de plus, « vous êtes mort ». Guillaume s'étonne, il s'éloigne '.

1. Aliscans, édit. Gues^anl et de Mo;it liijlij-.i, ver-s 13Gj-L"3GS. — 2. Ihid., vers 1559-1581.

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11 avait oublié, hélas! (ju'il était recouvert d'armes n part. mvr. n.

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païennes et que, sous le vêtement d'Aérofle, il était

impossible de le reconnaître. Le portier le prenait pom* un mécréant.

Dieu! quel moment pour le marquis d'Orange! 11 est là, à la porte de son propre palais, et on lui en refuse l'entrée. Et vingt mille païens s'approchent^ et dans quelques instants il sera perdu : « Je suis Guil- « laume », dit-il, « je reviens de l'Archant où tous mes « hommes sont morts. Vite, baissez le pont ». Mais le portier ne Técoute plus, et s'empresse d'aller trouver la comtesse Guibourc : « Dame, il y a à la porte un « chevalier couvert d'armes païennes. Il est grand, et « sa fierté est étrange. Ses bras sont rouges de sang, « et l'on voit bien qu'il sort de la bataille. Il prétend « être Guillaume au court nez ». A ces mots, Guibourc change de visage, descend rapidement les degrés du palais, et vient aux créneaux : « Que demandez-vous » ? dit-elle à Guillaume. — « Baissez le pont; Desramé et « Baudus sont sur mes traces avec vingt mille Turcs » . Guibourc, ô douleur! Guibourc ne le reconnaît pas!

« Vous n'entrerez point », répond-elle à cet inconnu. « Je suis seule ici avec les dames de ceux que mon « mari a emmenés à Aliscans, là-bas. Je n'ouvrirai la « porte à personne, si ce n'est à Guillaume que j'aime « tant » . Le marquis cependant pleure à chaudes larmes, et l'aif/e U cort fil à fil sor le nez : « Je suis Guil- « laume » , répète-t-il en sanglotant. Mais Guibourc, ô douleur! Guibourc ne le reconnaît pas '.

En ce moment, sur toutes les collines qui environnent Orange, on vit paraître à la fois vingt bandes armées dont on entendait les ci'is sauvages et le tumulte

1. AUscujis, l'J. Gues,ai'il et de Montai-Ion, vers 15t!5-'(Jll.

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