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il PART. I.IVR II.
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épouvantable. C'étaient les Sarrasins qui arrivaient au galop de leurs ebevaux. Encore quelques moments, et ils vont fondre sur ce pauvre cbevalier qui est là, tremblant et en larmes, à la porte de son palais : « Voyez », disait Guillaume à sa femme, « voyez tous ces tertres « couverts de païens». — « Votre voix ». lui répondait la dame, « ressemble bien un peu à celle de Guil- « laume; mais tant de gens se ressendjlent au parler! « Non, vous n'entrerez point ». L'oncle de Vivien, désespéré, délaça alors sa ven taille et leva son lieaume d'or : « Hegardez-moi ». dit-il, « et voyez si je ne suis « pas Guillaume ». Guibourc se pencba snr les créneaux, le regarda, le reconnut enfin, et se bâta d'aller ouvrir cette porte trop longtemps fermée '.
Mais, en ce même instant, d'borrildes cris retentirent sous les murs dOrange. Une bande de cent païens en armes passait pai' là. cliassant devant elle deux cents prisonniers cbr«''tiens (pii tous étaient bacbeliers, et trente dames. Les malbenreux captifs étaient cbargés de lourdes cbaînes, et leurs maîtres les battaient. Ils étaient ('puisés et tont en sang. Guillaume contenq)lait, muet et impuissant, ce spectacle (pii l'indignait; mais comment eùt-il pu se montrer contre cent Sarrasins dans l'état d'épuisement où il était lui-même? Il restait donc près de la porte dOrange. et attendait (ju'on la lui ouvrît. Cette immobilité révolta Guibourc : « Non, c non ». s'écria-t-elle, « vous n'êtes pas Guillaume, « vous n'êtes pas h/ //ère hrace qu'on soloit tant loev. « Ce n'est pas lui, certes, qui sous ses yeux eût laissé « de la sorte emmener et battre des chrétiens. Vous « n'êtes pas Guillaume, et vous n'entrerez point ■ » ! Guibourc ici s'élève à une hauteur que n'ont pas at-
1. Aliscaiis, éd. Guessard et de Moutaiglon, vers 1C45-1GG1. — 2. Ibid.^ vers 1665- IGSO.
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teinte les héroïnes de l'antiquité; elle est le tvpe de la n i-art. uvr. n. femme chrétienne et française; sao;e dans le conseil, énergique et prudente dans Faction, esprit clairvoyant, volonté ferme, cœur aimant, faible corps et grande âme.
« Comme elle me veut éprouver » ! dit Guillaume en soupirant. « Mais ». ajoute-t-il en reprenant courage, « il est bien juste que je souffre un peu pour l'amour « d'elle, et surtout que je peine mon corps pour l'a- « mour de mon Dieu » . Alors il prend une résolution héroïque, relace son heaume et sa ventaille. donne un terrible coup d'éperon à son cheval Folatise et se précipite, ardent et désespéré, sur les cent païens qui ne s'attendaient guère à pareille attaque. Guibourc le regarde, et ce seul encouragement suffit à Guillaume; il veut montrer à sa femme quels coups il peut donner et comment il saurait mourir. En quelques instants les Sarrasins sont mis en fuite^ et les prisonniers chrétiens délivrés. « C'est bien », dit Guibourc enfin désarmée, « tu es Guillaume, et tu peux entrer ' ». EUe tombe dans ses bras.
1. Aliscans, vers 1681-171'.*. ^^'()lt'raln a rendu aiii.*i qu'il suit le même passage dans son Willehalm, et il sei-a peut-être curieu.'c de comparer ensemble ces deux textes : « Le Marquis à la reine [Gyburg] : — « Doucfe Gy- « burg », dit-il, « laisse-moi entrer — Et donne-moi la consolation que tu « sais [donner] : — Après tant de maux tu vas m'appeler à la joie; — J'ai « vraiment trop soutfert ». — « Je ne suis pas habituée », dit-elle, — « A « ce que le Marquis tout seul — Vienne [ainsi]. Avec une pierre — On vous « va faire signe (?) — Pour vous étendre à terre. — Quant à votre séjour « ici, je vous le refuse ». [Cependant] une troupe de rarmée des païens — Conduisait environ cinq cents hommes — Qu'elle faisait avancer avec des fouets. — C'étaient les pauvres Chrétiens. — lis excitèrent vivement la pitié
— De Gybui-g qui les entendit et les vit. — Elle dit alors au Marquis : — « Si vous étiez le maître de ce pays, — Vous auriez honte de tant de pri- « sonniers — Et de tout ce que votre peuple souflVe là-bas. — Si vous leur « refusez votre secours, — Je verrai bien que vous n'êtes j)as le Marquis ».
— [Willehalm alors] cria : « Montjoie »! — Et brandit en sa main — Joyeuse dont le tranchant est connu, — Puis s'excita au combat — Et lit plusieurs charges à cheval. — Celui qu'il atteignait était mort. — Les Païens s'enfuirent... ». =: Dans le Willehalm, Gyburg n'est pas encore satisfaite de cette preuve et ne reçoit pas sur-le-champ le marquis d'Orange : « Lors."