‹ Les eopeés françaisesChapitre 150 sur 180 · AUscans, éd. Guessard et de Montaiglon. vers · texte numérisé non relu

AUscans, éd. Guessard et de Montaiglon. vers

CHAP. XXI

ANALYSE D'ALISCiNS. 5Î3

« J'ai soif )', dit-il, et, sans tarder, il entre dans le "^^\^\^i;i'i "• réfectoire des moines. Il apparaît, terrible, à la porte; et les moines, à la vne de cet homme immense, deviennent Ijlèmes de peur. L'ami de Guillaume prend alors lin jjot de vin, et le vide d'un trait. Le cellerier du monastère veut s'opposer à ce vol : il est tué. Puis, rencontrant des pauvres à la porte du couvent, Renouart leur distribue les pains du monastère, et s'éloigne comblé de bénédictions.

Quelques instants après , il rentre en possession de son cher tinel que quatre écuyers lui avaient caché. Les malheureux payèrent fort cher cet amusement : ils eurent les membres brisés et poussèrent des cris de douleur. Quant à Renoiiart, il contemplait son arme favorite, la baisant mille fois et chantant à tue-tète, de joie\..

Le long de la route, le géant jouait avec son tinel, avec cet arbre que sept sergents et quatre chevaux ont tant de peine à traîner. Sa beauté s'est accrue ; il voudrait déjà être à Orange pour délivrer sa sœur Guibourc, il voudrait déjà être à Aliscans pour venger Vivien. Il aspire l'air joyeusement; il s'attend à être le héros de quelque lutte immense, et voudrait que cette heure fût déjà venue.

Gomme il était descendu dans une eau courante pour/ laver son tinel sur lequel il ne voulait pas voir la moindre tache, il se débarrassa de sa cotte et se montra demi-nu aux yeux de toute l'armée qui n'avait pas encore appris à le connaître, et le couvrit de huées. Mais la petite Aélis, qui n'était déjà plus une enfant, resta alors les yeux fixés sur Renouart ; elle le trouva beau et l'aima ^

1. Aliscans, éd. Guessard et de Montaigloa, vers 3498-3784. — 2. Ibid., vers 3785-3881.

PART. I.IVR. II.

CHAT. XXI

524 ANILYSE HALISCANS.

Alors, les trompettes sonnèrent et l'armée se mit en

route. L'empereuj' Louis, sa femme Blanchefleur et

m. Départ de ipyi' {[Wq Aélls fireiit leurs adieux à Guillaume tiu'ils

1 armée 1

ouHa'seSnde "^ pouvaieu^t accompaguer plus loin. « Si je t'ai jamais d'AÎ'iscans". « fait clc Li peiue, pardonne-le-moi », dit Aélis en embrassant Kenouart. Sa mère voulut en vain la détourner de cet amour. Aélis allait bientôt se marier avec Renouart, avec ce libérateur de la cbrétienté ; elle allait être couronnée reine d'Espagne dans le palais de Gordres et porter au front la couronne d'or ' !

Gependant la Grande Armée était en marche. A quelque temps de là, Tavant-garde aperçut une grande fumée dans l'air : c'était Orange que les païens venaient de brûler -.

Mais la tour Gloriette était encore debout, Guibourc vivait et Guillaume approchait. Les païens pouvaient trembler, car le jour des représailles était enfin venu !

1. L'épisode d'Aélis est raconté deux fois sous la même forme en deux couplets de rimes diflérentes(vers 3882 et suiv.); voy. la note 2 de la page 520. — 2. Alixcans. éd. Guessard et de Montaiglon, vers 3882-3967.

ANALYSE b.ilJSCAyS.

PART. r.lVR, II CHAI>. XXII.

Page 1