Aliscans, éd. GuessarJ et de Montaiglon, vers
ANALYSE b'ALISCAlSS. 543
jette ruii après l'autre au milieu des combattauts '. Voici veuir uu autre adversaire : c'est Agrapart. 11 n'a pas plus de trois pieds de haut ; ses yeux sont rouges comme charbons ardents, sa face est toute velue, il a des ongles aigus connue ceux d'un griffon. 11 voit Renouart qui s'est étendu un moment sous un arbre et a délacé son heaume à cause de la chaleur du jour. Le nain s'approche de l'ami de Guillaume, et lui arrache les cheveux. Ce fut une douleur terrible, et le sang du patient rougit la terre. Il se redresse alors de toute sa hauteur : « Vous faites trop bon marché « de mes cheveux », s'écrie-t-il, et il veut donner sur la face de son ennemi un coup de son tinel. Mais, léger comme un singe, Agrapart saute et rebondit en l'air ; son impuissant ennemi ne lui atteint que la jambe. Le nain s'enlace alors autour du géant : il lui enfonce ses ongles dans les flancs; il l'égratigne, il lui perce la chair, il le niord. Ce n'est pas un homme, c'est un chat sauvage, c'est un léopard. Renouart enfin le tue; mais le combat a été rude et les blessures du vainqueur sont cuisantes '.
Après un nain, c'est le tour dun géant, à titre de contraste. Renouart, en effet, est attaqué par Crucados. Ce païen colossal a pour arme iine masse iiidulf merveilleuse et (jrunt qui a écrasé déjii bien des têtes liançaises ; mais elle ne sera plus longtemps fatale aux chrétiens : car voici que le Sarrasin est mis en morceaux, ou plutôt esm'ié par le tinel de son trop redoutable ennemi.
Cependant le récit de tant de duels finit par devenir monotone, et le poète sans doute en a eu conscience. Il nous offre ici une petite scène comique, destinée à reposer et à distraire un peu ses auditeurs.
1. Aliscans, éd. GuessarJ et de Montaiylon, vers 598G-G047. — 2. Ibid.^ vers G048-6109.