‹ Les eopeés françaisesChapitre 155 sur 180 · Aliscans, éd. Guessanl et de Montaiglon, vers · texte numérisé non relu

Aliscans, éd. Guessanl et de Montaiglon, vers

ANALYSE b\\LlSCAi\S. 553

dit-il, « yimi à pied ». Et il se mit à suivre le rivasre, n part. iivr. h.

' J ■• o 1 ciiAP. XXI r.

tout entier à sa colère et ne parlant rien moins que de

rogner la tète de Guillaume '.

C'est alors que Guibourc se présenta devant lui et, d'une voix douce, lui demanda grâce : « Mon frère », lui dit-elle, « c'est moi qui t'ai armé l'autre jour. En « souvenir de cela ne voudras-tu pas me pardonner « un peu » ? Renouart l'entendit, la regarda, et pardonna Quelques instants après, il occupait, f\u banquet, sa vraie place qui était la place d'honneur. Mais tant d'éclat n'était pas fait pour lui, et il regrettait en lui-même la cuisine où il avait passé son enfance : // amast miex le déduit de l'estable — U la qiiisine ~ !

On le baptisa sur-le-champ dans une cuve de marbre vert, profonde d'une demi-lance et large de quinze pieds : il //aôa les spectateurs et demanda à rArchevèque s'il ne s'endormait pas ^ Puis, Guillaume le fit son sénéchal, et le nouveau chrétien se mit, tout aussitôt, à distribuer aux assistants le blé de son seigneur : « Voilà un homme qui mérite d'être roi », s'écriaient tous ceux qui recevaient ses présents. 11 avait trop bien mérité d'être chevalier pour qu'il attendît cet honneur plus longtemps : Beuse, Aimer, Guibert , furent ses parrains ; ils lui attachèrent ses chausses, blanches « comme fleur des prés », et lui lacèrent un heaume magnifique , œuvre d'un maître nommé Antiquité, qui avait jadis ap})artenu à Clotaire. Guillaume enfin lui ceignit l'épée. On lui amena un

1. Aliscuns, éd. Guessard et de Monfaiglon, vers 7633-7756. — r 2. Ibid., vers 7757-7872. Le poëte annonce ici la Bataille Loquifer et le Moniar/e Renouart : cette annonce tendrait à prouver, comme nous le croyons, que cesdeux dernieis poëmes sont du même auteur qu' Aliscans. — 3. Ibid., vers 7873 et suiv. C'est Guillaume qui propose le baptême à Renouart, et celui-ci lui répond en riant : « Vos preschiez bien . — Vos deusiés avoir un peliclion — Lonc traînant desci ke en talon, — Et puis le froc, el cief le caperon, — Les grandes bottes fbrrées environ, — Et le cief rés et couronné en son... ».

554 ANALYSE D'.4L/SCAA'S.

"cHfp'xxn."* ^^^^^' destrier, Margaris; il monta achevai et joua à

la qiiintaine : « Belle sœur k, disait-il, « c'est pour

« vous amuser ». Et tous les Français de répéter : « Quel bon chevalier! c'est un nouvel Olivier, c'est <i un autre Roland ' ». Peu de temps après, au milieu de cette joie et de cet enthousiasme universels, aux chants des jono-leurs et parmi les parfums des roses, le vainqueur d'Aliscans épousait la fille de l'Empereur, cette douce et charmante Aélis qui avait jadis réconcilié Guillaume avec Blanchefleur H qni depuis longtemps déjà aimait Renouart ".

Quand les noces furent célébrées, quand les jongleurs eurent terminé leurs chansons et que les fêtes furent achevées, chacun des fds d'Aimeri revint dans sa terre. I^e vieil Aimeri retourna lui-même à Narbonne et Aimer en Espagne. Alors Guillaume et Guibourc se retrouvèrent presque seuls dans leur palais, si joyeux tout à l'heure et maintenant si triste. Et le vieux comte d'Orange, pensant à ceux qui étaient morts, surtout à Vivien, se mit à pleurer : Pleure Giàllaumes, Guibouir le conforta. La comtesse, en effet, avait l'àme plus forte : elle releva son mari : « Les pa'iens ont dé- « truit les murs d'Orange », lui dit-elle; « refaites- « les H. Guillaume appela tout aussitôt les maçons et les charpentiers. Il ne savait pas si bien faire : le roi Desramé, en effet, préparait contre Orange une nouvelle expédition plus terrible que toutes les autres, et venait de mettre à la voile avec une immense armée où

l'on parlait vingt langues différentes

Rien, d'ailleurs, n'est plus touchant que cette tris-

\. Aliscans, éd. Guessard et de Montaii^rlon, vers 79S2-S105. — 2. Ibid., vers 8139-S34G. Avant de raconter le mariage de Renouart et d'Aélis, le poëte nous fait assister au baptême de Baudus (vers 8106-iS138). 11 annonce ensuite. \n\Q fois de plus, les péripéties de la Bataille Loqxdfer.

ANALYSE D'AUSCANS. 5.-)5

tesse et ces pleurs de Giii]laume k la vue de son isole- upart. uvr. m.

CHAP. XXII

ment.

AUscans, comme la Chanson de Roland, se termine sur une note triste '.

1. Aliacans, éd. GuessarJ et de Montaiglon, vers 8347-8435. Ce couplet dont nous venons de parler : ^^ Guillaume pleure, Guiljourc le conforta ». est cité textuellement par le fomijilateur du ms. 1497. On voit par là qu'il avait une certaine célébrité au moyen iige. Il convient d'ajouter ici que les critiques ne sont pas d'accord sur l'endroit exact on finit AUscans, où commence la BatfiiUe Loquifer. On peut hésiter entre plusieurs laisses.

556 SECOiNDE HALTE AU MILIEU

II PART. LIVR. II

CHAP. XXIII

Page 1